Esteban Ocon ne désespère pas d'aller chercher lors des deux derniers Grands Prix ce résultat qui pourrait changer la lecture de sa saison 2020. La rendre moins aride, tant sur son bilan en qualifications qu'en courses. Le Français a vécu sur le plan sportif une année particulière, comme tous ses collègues, en raison de la pandémie du coronavirus. Mais il n'a pas non plus été aidé par cette saison 2019 passée à l'écart de la piste, faute de volant.
Dans une nouvelle équipe, Renault, face à un coéquipier, Daniel Ricciardo, d'un autre calibre que Sergio Pérez, sans faire injure au Mexicain, le Normand de 24 ans a mis du temps pour se constituer ses repères dans une saison rythmée par 17 dates en cinq mois et demi à coups de double-headers, qui faisaient jusque-là office d'exception, et même de triple meetings enchainés, une solution aussi inédite qu'extrême.
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"C'est clair que ce n'est pas facile de faire une saison off, de revenir et d'être tout de suite performant, surtout avec peu de tests, des essais limités, a confirmé le natif d'Evreux jeudi, lors d'un point media avec la presse française. Arriver aussi dans une nouvelle équipe, des nouvelles personnes, c'est quelque chose de plus compliqué que si j'étais revenu avec une équipe que je connaissais. Tout ça a fait que ça a pris un peu de temps pour revenir et progresser, et juste de faire un bon boulot avec l'équipe. Mais la progression a été bonne cette année. On a réussi à faire de belles choses et il faut que je garde ça de cette année pour enchaîner, commencer plus fort l'année prochaine."
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Monza, un tournant

Au cours de cette année de distanciation sociale, de précautions sanitaires, les choses les plus ordinaires ont été compliquées et le protocole de travail en a pâti. "Cela a été difficile de travailler en étant proche de l'équipe, en allant à l'usine, etc, parce que les voyages n'était pas simples avec la pandémie, souligne-t-il. On n'a pas pu aller en Angleterre autant qu'on l'a voulu, travailler au simulateur, debriefer, revenir. On avait la contrainte de temps, d'enchaîner trois courses, et trois autres avec une semaine de break."
Dans cet agenda cadencé, il n'a pas eu le sentiment d'avoir toujours pu trouver les derniers dixièmes là où il étaient ; ce que Daniel Ricciardo est plus souvent parvenu à faire, du haut de son expérience. Et s'il a été devancé 14 fois sur 15 le samedi, il a réduit peu à peu l'écart avec l'Australien. Jusqu'à revenir à 2 millièmes en qualification, samedi dernier. Le fruit d'une longue réflexion qui l'a conduit à travailler de façon différente avec Mark Slade, son ingénieur, qui fut longtemps celui de Kimi Räikkönen.
"On a enchainé tout, tout de suite, avec très peu de temps pour progresser entre les courses, cela a été le premier challenge, constate-t-il encore. Le deuxième challenge a été, de mon côté du garage, de discuter pour mieux analyser, comprendre comment construire mieux le week-end, ce dont j'avais besoin (de la voiture) et comment traduire ça en compréhension avec les ingénieurs, tout simplement. C'est principalement là où le temps s'est gagné. Là-dessus, on a vraiment progresser récemment, depuis Monza (Grand Prix d'Italie le 4-6 septembre). Comme Cyril (Abiteboul, directeur d'équipe de Renault) l'a dit, on a vraiment fait un step là-dessus et c'est quelque chose que je vais garder l'année prochaine, pour commencer tout de suite plus fort."

"Si on ne s'entend pas avec Daniel..."

"En Formule 1, on ne gagne pas à se focaliser plus sur la voiture que sur le pilotage, mais ça vient ensemble ; c'est la confiance, ajoute-il. On ne fait qu'un tour (rapide) en qualification et il ne faut pas se rater, il faut avoir pleine confiance en la voiture. J'ai plus confiance en la voiture maintenant qu'avant."
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Titulaire dans une équipe d'usine pour la première fois de sa carrière, Esteban Ocon a beaucoup progressé au contact de Daniel Ricciardo, soumis à la rude concurrence de Max Verstappen chez Red Bull de 2016 à 2018. Comment se passe la collaboration avec "Dan The Man" ? "Plutôt bien, répond-t-il. C'est un gars très sympa. Travailler avec lui est très simple. On collabore très bien, il y a des bons débats dans les réunions techniques quand on parle de choses importantes sur la voiture. Il y a une bonne atmosphère dans l'équipe. Si on ne s'entend pas avec Daniel, on ne s'entend avec aucun coéquipier de toute façon. Ça se passe bien, c'est un gars très drôle en dehors de la course. Et quand on doit être sérieux, il sait l'être aussi."

"Alonso, seul pilote avec qui j'ai fait l'échange de casques"

Tenu de s'effacer deux fois en course cette saison devant Daniel Ricciardo, parce que l'Aussie était plus rapide et qu'il fallait maximiser ses chances de finir quatrième au championnat Pilotes, Esteban Ocon a perdu pied en championnat (il est 12e avec 42 points) à cause de quatre abandons contre un à l'Aussie. Mais les compteurs seront remis à zéro en 2021, avec un autre coéquipier, Fernando Alonso. Dont on connaît la réputation, le caractère volcanique... Mais s'il avait bénéficié d'un statut de pilote n°1 chez Renault (en 2003-2006 et en 2008-2009) et chez Ferrari (2010-2014), l'Espagnol avait su se mettre sur un pied d'égalité avec Jenson Button chez McLaren (2015-2016). De quoi mettre en confiance Esteban Ocon quant à sa collaboration avec le double champion du monde.
"Je n'ai aucun a priori là-dessus, rassure-t-il. Fernando est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup de respect, pour son parcours, ce qu'il a accompli en Formule 1. C'est le seul pilote avec qui j'ai fait l'échange de casques en 2017 : j'ai un de ses casques chez moi. C'est un pilote avec qui je m'entends bien. J'ai hâte de collaborer avec lui."
En 2021, il sera le seul Français du plateau avec Pierre Gasly (AlphaTauri), vainqueur du Grand Prix d'Italie, qu'il rêve d'imiter. "Pierre a gagné cette année, c'est beau tout simplement !, s'exclame-t-il. Bien sûr qu'on veut avoir plus de Marseillaise et je travaille tous les jours pour décrocher une victoire pareille. C'est clair que ça fait envie !"
Et avec son statut particulier, il a tout pour regarder plus haut. "Etre un pilote français dans une équipe française est quelque chose de fort, dit-il. Je suis très fier de rouler dans une équipe aussi prestigieuse que Renault, qui a gagné par le passé et qui veut revenir au top. Quand on veut devenir pilote professionnel, on veut courir pour des grandes marques. Aujourd'hui, je fais partie de ces pilotes."
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