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Vettel : "C'est un rêve"
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Publié 14/11/2010 à 19:02 GMT+1
Plus jeune champion du monde de l'histoire de la F1, Sebastian Vettel (Red Bull) avait du mal à réaliser la portée de son exploit, dimanche, à l'issue du Grand Prix d'Abou Dhabi. "Je suis un peu sans voix", a-t-il confié en conférence de presse.
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Vous n'aviez pas mené le championnat une seule fois cette saison. Ça arrive au bon moment ?
Sebastian Vettel : Je suis un peu sans voix pour être honnête. Je ne sais pas quoi dire dans un moment pareil. La saison a été incroyable et difficile que ce soit physiquement et mentalement. En arrivant ici, j'ai continué à croire en mes chances. Aujourd'hui, c'est un jour spécial. Samedi matin, quand je me suis levé, j'ai essayé de ne pas penser à tout ça et d'éviter de croiser trop de monde. Je savais que la seule chose que je pouvais faire, c'était m'imposer. C'est la première fois que je mène ce championnat. La voiture était phénoménale. Au départ, c'était assez serré avec Lewis (Hamilton). Lors de mon premier relais, j'ai eu un peu de grainage et Lewis s'est rapproché mais ensuite la voiture s'est stabilisée. C'est un rêve.
Etiez-vous au courant de l'évolution du classement du Mondial pendant la course ?
S.V. : Pour être honnête, je ne savais rien avant de franchir la ligne d'arrivée. Dans les dix derniers tours j'ai commencé à me poser des questions car mon ingénieur de course 'Rocky' [Guillaume Rocquelin] me donnait des conseils pour m'aider à amener la voiture à l'arrivée. Je me disais : 'mais pourquoi est-il si nerveux ? Je dois être dans une bonne position !' Lorsque j'ai franchi la ligne, il est venu me dire tout doucement à la radio : 'Ça sent bon mais on doit encore attendre un peu.' Je n'avais pas regardé l'écran, je me concentrais sur la course. Il est alors revenu à la radio et m'a crié : 'Champion du monde'. Je remercie beaucoup de monde à commencer par l'équipe, les mécaniciens, les ingénieurs... Ils ont travaillé comme des fous et ils savourent ce moment. Je veux également dire merci à tous les gens qui m'ont soutenu en Autriche depuis le début dans cette formidable aventure avec Red Bull.
Pour en arriver là, vous avez du vous battre avec des pilotes du calibre de Fernando Alonso ou Mark Webber.
S.V. : C'est vrai, nous avons assisté à des batailles incroyables toute la saison. C'était très serré. D'ailleurs, je ne sais pas combien il y a eu de leaders différents. Certains n'étaient pas dans le coup au départ puis sont revenus, d'autres ont bien débuté puis ont baissé de rythme avant de finir fort à l'image de Ferrari et de Fernando. McLaren est également revenu fort. Lewis [Hamiltton] a mené le championnat. On pourrait tous écrire un livre sur notre saison. Nous avons tous connu des hauts et des bas et c'est pourquoi la saison a été si intense.
Vous faites désormais partis du cercle fermé des champions du monde...
S.V. : Je suis extrêmement fier. Nous avons un gars dans l'équipe qui connaît tous les champions du monde depuis 1950. Il suffit de lui donner une année et il vous répond le nom du champion. Alors, faire partie de cette liste avec des pilotes comme Senna, Michael (Schumacher), Lewis Hamilton ou Jenson Button... Je ne sais pas quoi dire.
Jusqu'au milieu de la saison, vous sembliez pourtant un peu tendu. Qu'avez-vous changé dans votre approche par la suite ?
S.V. : En débutant la saison, j'avais l'objectif très clair de remporter le championnat. J'étais très concentré, je travaillais très dur dans ce but. Peut-être qu'à la mi-saison... j'ai un peu décroché. Après l'incident avec Jenson [Button] à Spa, j'ai eu mauvaise presse. Ce n'était pas simple. A ce moment-là, j'ai accepté que les choses n'aillent pas toujours dans mon sens. Mais sur le long terme, il y a ce qu'on appelle la justice qui, au dernier moment dimanche, selon mes calculs, a fini par aller dans le bon sens.
A 23 ans et 4 mois, vous êtes désormais le plus jeune champion du monde de l'histoire, êtes-vous surpris ?
S.V. : Lorsque Lewis [Hamilton] a battu ce record (en 2008, ndlr), je me suis demandé si quelqu'un pourrait le battre un jour. Pour être juste, il l'avait manqué pour un point l'année précédente. Les records sont faits pour être battu mais ce n'est pas le plus important aujourd'hui.
Quel est votre impression après ce premier titre mondial ?
S.V. : Je ne sais plus quoi dire. C'est incroyable. Samedi, je me suis couché en pensant aux scenarios possibles. J'ai rêvé du meilleur bien sûr. J'avais un bon feeling mais je me suis dit : 'il faut dormir maintenant'. Ça a pris un peu de temps mais j'y suis parvenu. Dimanche matin, je me suis réveillé et je me sentais bien. Mais c'était très difficile de garder la tête froide. Mais tout s'est parfaitement déroulé. La voiture était parfaite. Je remercie les pilotes Renault également qui ont maintenu mes adversaires derrière. Pour plusieurs raisons, j'ai l'impression que ça n'est pas arrivé, c'est étrange. Je pense que je vais réaliser lorsque j'irais me coucher. Mais avant ça, on va aller faire la fête !
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