Le scenario n’est pas encore écrit, mais les spéculations vont bon train sur l’issue du dernier Grand Prix de la saison à Abou Dhabi. Pour l’heure, Fernando Alonso (Ferrari) est toujours en tête du classement Pilotes avec respectivement 8 et 15 points d’avance sur les pilotes Red Bull Mark Webber et Sebastian Vettel. La faute en partie à Red Bull qui n’a pas voulu imposer des consignes d’équipe à ses pilotes au Brésil. Là-bas, l’Allemand s’est imposé devant l’Australien, alors que c’est ce dernier qui possédait la meilleure position au classement.

Résultat, Fernando Alonso aborde Abou Dhabi en position de force. Une victoire ou une deuxième place et l’Espagnol serait titré pour la 3e fois de sa carrière. Dans le cas d’une arrivée similaire au Grand Prix du Brésil (1.Vettel, 2.Webber, 3.Alonso), que se passerait-t-il ? Et bien Alonso serait champion. Pour lui faire barrage, Vettel devra offrir la victoire à son équipier. Le fera-t-il ? Christian Horner en est convaincu. "Je suis sûr qu'ils sauront, le moment venu, prendre la bonne décision pour l'équipe", expliquait-il dimanche dernier. Mais, mardi, une autre voix, et pas des moindres, est venue apporter sa vision des choses. "Une 2e place au classement Pilotes dans des circonstances correctes serait peut-être meilleure qu’un titre décroché avec des consignes", a déclaré le grand patron de Red Bull en personne, Dietrich Mateschitz.

Tout le monde a bien sûr encore en tête les consignes de Ferrari au Grand Prix d’Allemagne au cours duquel Felipe Massa s’était effacé au profit de son équipier Fernando Alonso. "Le monde entier a condamné Ferrari après ce qu’ils ont fait à Hockenheim. Nous ne sommes jamais intervenus auprès des pilotes. Nous n’y avons même pas pensé tant que nos deux pilotes restent en course pour le championnat." Et c’est bien le cas qui se présente encore à Abou Dhabi.

Vettel : "Pas triste de voir de la fumée sortir de la Ferrari d’Alonso"

"Le Grand Prix d’Abou Dhabi sera incroyablement excitant avec énormément de tension. Nous avons seulement atteint 50 pour cent de nos objectifs (avec le titre Constructeurs, ndlr). Nous saurons dimanche si nous décrochons les autres 50%, a-t-il poursuivi. Beaucoup de choses sont en jeu. On ne sait jamais ce qu’il va se passer. Tout peut arriver jusqu’à la ligne d’arrivée, nous l’avons appris à nos dépens récemment (en Corée du Sud, ndlr)."

Interrogé sur la question, le principal concerné, Sebastian Vettel, préfère miser sur la malchance des autres pour ne pas avoir à choisir. "Je ne souhaite rien de mauvais à (Alonso) mais je ne serai pas triste de voir de la fumée sortir de sa Ferrari", plaisantait-il à Sao Paulo avant de se reprendre. "Nous savons tous deux comment nous comporter. A certains moments, nous n'avons pas été très présentables et nous n'en étions pas fiers. Ce sont des choses que nous ne voulons pas répéter."

Alors, Vettel laissera-t-il passer Webber si la situation se présente ? On n’en est pas encore là, mais c'est assurément un scénario envisageable. Dans ce cas précis, Vettel perdrait le championnat mais endosserait au final le beau rôle. Celui du pilote qui se sacrifie pour son équipe. Quant à l'inverse, Webber serait considéré comme un pilote au rabais, "aidé" par son équipier pour décrocher le titre, qui plus est lors du dernier Grand Prix de la saison. On imagine déjà vos commentaires dans ce dernier cas...
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