Un nouveau duel viril mai correct : Charles Leclerc et Max Verstappen sont allés à la limite de ce qui est possible en termes d'engagement en piste, en déployant des trésors d'ingéniosité pour se départager en tête du Grand Prix d'Arabie saoudite, dimanche sur le circuit urbain de Djeddah. Loin des polémiques qui avaient émaillé la lutte pour le titre suprême entre le pilote de Red Bull et Lewis Hamilton (Mercedes) l'année dernière, le Monégasque et le Néerlandais ont poursuivi le mano a mano qu'ils avaient esquissé à Sakhir.
Pendant 50 tours, les deux jeunes qui incarnent l'avenir de la Formule 1 se sont battus roues dans roues, et ont fini par se saluer, pouces levés à l'initiative du natif de la Principauté, dans le tour d'honneur de la deuxième manche du Mondial. Une marque de respect qui tourne la page de la F1 de 2021 et de leurs sulfureuses années de karting aussi.
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Dimanche, le pilote de la Ferrari n°16 est parti deuxième sur la grille, derrière la Red Bull n°11 de Sergio Pérez, et il est arrivé deuxième dans le sillage de la RB18 n°1 du champion du monde en titre. Assez sûr de son pilotage et des qualités de sa F1 75, Charles Leclerc a passé la majeure partie de la course en tête et ne s'est incliné qu'au 46e des 50 tours.

Le jeu du chat et de la souris

Comme cela arrive, c'est un incident de course qui a fait pencher la balance. Comme les moments forts, les équipes et les pilotes doivent savoir gérer les instants faibles et le binôme rouge s'en est moins bien sorti que le tandem bleu marine lorsque Eduardo Freitas, le directeur de course, a ouvert une période de voiture de sécurité virtuelle pour évacuer la McLaren de Daniel Ricciardo et l'Alpine de Fernando Alonso immobilisées dans la ligne droite des stands, près de l'entrée de la pit lane. Charles Leclerc a moins bien gardé ses pneus en température et s'est exposé à la sanction que Verstappen rêvait de lui infliger.
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Le pilote de la Principauté n'a pourtant pas rendu les armes facilement. A la fin du 42e tour, il a vu la RB18 débouler devant lui à l'entrée du dernier virage (n°27) et l'a repassé illico au DRS. Un tour plus tard, il a pilé en même temps que le Batave pour le laisser couper la ligne de détection du DRS en premier, de sorte de le repasser à nouveau avec l'aide de aileron arrière ouvert. Sa tentative soldée par un échec, il avait gardé sa place, mais ce n'était qu'un sursis. Le temps pour "Super Max" de se glisser à l'intérieur du dernier virage pour conclure au 46e tour. Et s'envoler pour de bon.
La scène a pu paraître étrange, mais on l'avait déjà vue l'an dernier, et ce n'était là qu'une preuve de la roublardise dont chacun peut user pour parvenir à ses fins. "Vous avez vu comment il l'a joué de manière très intelligente dans le dernier virage ?", a remarqué Max Verstappen, au micro de Canal+.
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"Ce respect a toujours été là"

Pour sa part, Charles Leclerc a accepté le verdict, tout en sachant désormais qu'il aurait d'autres occasions de sortir vainqueur car Sakhir n'était pas juste un one shot. "Ça n'a pas suffi aujourd'hui mais j'ai vraiment aimé cette course, a-t-il dit à David Coulthard, à chaud. Ce fut une course très rude, mais loyale. Toutes les courses devraient être comme ça. C'était fun. Bien sûr, je suis déçu car je voulais gagner. On avait deux configurations différentes avec Max. On était assez rapides dans les virages mais assez lents dans les lignes droites, car on avait plus d'appui aérodynamique. C'était extrêmement difficile pour moi de couvrir Max dans les lignes droites. Il a fait un très bon travail et la course a été phénoménale."
Et de commenter cette lutte avec son adversaire qui donne un coup de fraîcheur à la Formule 1. "Ce respect a toujours été là, surtout quand on termine une course comme celle-là, a-t-il dit. On est sur une piste en ville, on a attaqué comme jamais, jusqu'à la limite absolue. On a pris des risques et il y a du respect, bien sûr."
Aux 18 unités de sa deuxième place, Charles Leclerc a ajouté le point bonus du meilleur tour en course, dans le tour 48. Avec 45 points sur 52 possibles en deux courses, il mène le Championnat du monde avec 12 longueurs d'avance sur son coéquipier Carlos Sainz, troisième, et 20 sur Max Verstappen. Et au championnat du monde Constructeurs, l'emprise de Ferrari est encore plus nette puisque la Scuderia a amassé 78 points, soit 40 de plus que Mercedes et 41 de plus que Red Bull.
"Ça s'est joué à pas grand-chose, on a été en tête de nombreux tours, a réagi Mattia Binotto, le directeur d'équipe de Ferrari, pour Canal+. On la perd dans les derniers tours, c'est dommage, mais Red Bull a été très vite ce week-end, Max aussi. Ç'a été une belle course. Le spectacle a été incroyable pour tout le monde. De notre côté, il était important de finir la course, de faire des points. Sur 88 disponibles, on en fait 78. C'est très bien comme ça, on est bien parti."
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