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"Management de bulldozer" : Lawrence Stroll met-il en difficulté Aston Martin ?
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Publié 24/03/2022 à 00:03 GMT+1
GRAND PRIX D'ARABIE SAOUDITE - C'est peu dire que les Aston Martin ont déçu lors du Grand Prix de Bahreïn. Lance Stroll et Nico Hülkenberg n'ont jamais pu lutter en vitesse pure à cause d'une voiture rehaussée pour contrer le "marsouinage". Mais en coulisses, l'équipe n'aurait pas choisi le bon remplaçant d'Otmar Szafnauer et le patron Lawrence Stroll, aurait trop vite en besogne…
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Video credit: Eurosport
Aston Martin est l'une des deux équipes à avoir complètement raté son entame de Championnat du monde, l'autre étant McLaren. Au Grand Prix de Bahreïn, les machines de Silverstone se sont montrées fiables mais elles ne seront pas performantes avant un bon moment, que l'écurie de Lawrence Stroll est pour l'heure incapable de quantifier.
A Sakhir, les Verts n'ont déjà pas pu compter sur leur aiguillon Sebastian Vettel, dont les quatre titres de champion du monde représentent un fond d'expérience précieux pour affronter les défis du nouveau règlement de façon pragmatique. Positif au Covid, l'Allemand n'a pas pu poursuivre son travail d'évaluation des solutions capables d'affranchir l'AMR22 du "marsouinage" dont elle souffre depuis ses premiers tours de roues. Et ce n'est pas un Lance Stroll, dépassé de toutes parts par Nico Hülkenberg, qui n'avait jamais roulé dans la voiture avant vendredi matin, qui a pu compenser ce manque d'expertise.
Dans une impasse, l'équipe technique n'a eu d'autre choix que relever le niveau de la caisse pour permettre à ses pilotes de ne pas vivre un enfer à force d'être secoués dans la ligne droite principale, et plus encore sur les bosses. Un sacrifice qui bien évidemment a eu un prix. "Nous avons fait quelques compromis sur la voiture et le set-up pour rouler sans ça, a exposé Andrew Green, qui a dirigé tous les travaux de l'AMR22 en tant que directeur technique. Nous avons essayé des choses, nous avons fait des progrès. Actuellement, nous perdons probablement plus d'une demi-seconde ; c'est plus près de 0"75. Dans ces eaux-là."
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Nico Hülkenberg (Aston Martin) au Grand Prix de Bahreïn 2022
Crédit: Getty Images
Mini Vmax
Sans ce handicap - mais les autres en ont un aussi -, Nico Hülkenberg et Lance Stroll se seraient peut-être extirpés de la Q1, au lieu de saturer aux 17e et 19e places. En roulant plus près du sol, ils auraient passé plus de puissance, car à voir leurs vitesses dans la speed trap, située 158 mètres avant le virage n°1, ils n'avaient aucune chance de s'en sortir. Le Canadien et l'Allemand avaient les 19e et 20e Vmax en Q1, à respectivement 311,5 km/h et 310,0 km/h. Loin des 323,2 km/ de la Red Bull de Sergio Pérez.
Stopper le fameux "marsouinage", ce mouvement infernal d'oscillation d'avant en arrière, prendra du temps. "Nous sommes loin de la solution avec laquelle nous voulons le faire", a concédé Andrew Green. Dimanche, Stroll a fini 12e et "Hulk" 17e, sachant que les Red Bull et l'AlphaTauri de Pierre Gasly ont abandonné devant eux.
Ce n'est sûrement pas le plan envisagé par le propriétaire Lawrence Stroll, qui avait fixé la saison 2022 comme première étape de la montée en puissance de son équipe, qui s'installera d'ici quelques mois dans une nouvelle usine, avec en particulier une nouvelle soufflerie, livrée elle à l'été 2023.
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Nico Hülkenberg, Lance Stroll (Aston Martin) au Grand Prix de Bahreïn 2022
Crédit: Getty Images
Erreur de casting ?
Ce sont de belles perspectives mais les remous récents dans l'organigramme de l'équipe ont soulevé quelques interrogations auprès d'observateurs avertis dans le paddock, qui doutent aujourd'hui de la capacité à l'équipe de rejoindre le clan des top teams. "Le team a perdu le fil, a jugé l'ancien pilote Ralf Schumacher, vainqueur de six Grands Prix, pour la chaîne allemande AvD Motor & Sport, dont les propos ont été repris par F1-Insider. Ils veulent y arriver trop vite et ça ne marche pas en Formule 1. On ne peut pas juste prendre beaucoup de gens et beaucoup d'argent, les mettre dans un pot, les remuer brièvement et en sortir quelque chose. L'équipe a voulu prendre une approche façon bulldozer et ça n'a pas marché chez Toyota", a ajouté l'ex-pilote de la marque japonaise.
Il est clair que Lawrence Stroll n'a pas de temps à perdre et qu'il y met les moyens. Sa gestion est directe, entière, a poussé Otmar Szafnauer à quitter l'équipe en début d'année, après 12 ans de présence, sous les noms Force India, Racing Point et Aston Martin. L'Étasunien a expliqué "qu'il n'y avait pas de places pour deux papes".
Figure respectée du monde des Grands Prix, Gerhard Berger a aussi émis un avis également inquiet sur le virage pris par l'équipe anglaise, en mettant en cause les compétences du Luxembourgeois Mike Krack, ex-BMW et Porsche, remplaçant d'Otmar Szafnauer. "On va bien voir ce qui peut être fait, mais quand je regardais ce qu'il faisait en DTM, je ne vois pas comment Aston Martin peut aller de l'avant avec lui", a dit l'Autrichien, vainqueur dix fois en Formule 1, aujourd'hui gestionnaire du championnat DTM, dans le podcast YouTube de Formule.de.
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Ralf Schumacher a encore commenté le style de Lawrence Stroll en précisant au média Sport1.de que l'homme d'affaires qui a fait fortune dans la mode "veut maintenant participer aux réunions (équipes, FIA, promoteur) et leur dire ce qu'ils doivent faire". "Si c'est le cas, ça va être difficile", a ajouté le frère Michael et oncle de Mick. Lawrence Stroll n'est visiblement pas en F1 pour se faire des amis, mais il doit quand même faire attention à ses alliés. Il envisage en effet de faire ses propres moteur à l'horizon 2026, alors que Mercedes, son partenaire industriel, les lui fournit. Un projet qui déplait à Toto Wolff, le patron de Mercedes Motorsport, qui a déjà perdu beaucoup de collaborateurs partis chez Red Bull Powertrains.
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