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Button les a tous matés
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Publié 28/03/2010 à 09:41 GMT+2
Le champion du monde Jenson Button (McLaren) a évité les écueils d'une course mouvementée pour s'imposer brillamment dimanche, à Melbourne, devant Robert Kubica (Renault) et Felipe Massa (Ferrari). Confortable leader, Vettel (Red Bull) a abndonné, alors que Webber a percuté Hamilton dans le final.
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Crédit: Eurosport
Après onze courses sans victoire, le champion du monde Jenson Button a retrouvé la plus haute marche du podium dimanche à Melbourne, sur une piste qu'il a toujours aimée, et sur laquelle il s'était imposé l'an passé. Plus encore, le Britannique, ex-Brawn, n'aura eu besoin que de deux meetings pour trouver ses marques chez McLaren, où il a choisi de se frotter à Lewis Hamilton. Bien mieux qualifié que son coéquipier, "JB" a pris un départ prudent en pneus intermédiaires sur une piste arrosée par une pluie fine moins de vingt minutes avant le coup d'envoi.
En fait, la course de Button aurait pu s'arrêter au virage 1, où sa MP4 est sortie intacte d'un accrochage -responsable- avec la Ferrari de Fernando Alonso, expédiée en tête-à-queue et repartie 22e, et la Mercedes de Michael Schumacher, victime collatérale condamnée d'entrée à un dimanche anonyme à cause d'un aileron avant cassé. Sixième derrière Sebastian Vettel (Red Bull), Felipe Massa (Ferrari), Mark Webber (Red Bull), Robert Kubica (Renault) et Nico Rosberg (Mercedes), Jenson Button a vite cédé dans la bagarre à son coéquipier Lewis Hamilton et a alors décidé de rentrer le premier (tour 6) pour chausser des pneus pour le sec sur une piste encore humide hors trajectoire. Ce fut là un choix lumineux dont il profita pendant deux à trois tours, le temps que ses adversaires ne réagissent. Après la vague de ravitaillements, il pointait en deuxième position derrière Sebastian Vettel, parti de la pole position.
Le tête-à-queue et l'ensablement du jeune allemand, au 28e des 58 tours, sur problème de freins, lui donna définitivement les commandes de la course. Pour finir, il fit le pari de garder ses gommes tendres jusqu'à la fin, quand d'autres comme Hamilton et Webber repassaient au stand prendre des pneus frais afin de s'offrir un final en boulet de canon. Alors que Button faisait un solide leader devant un Kubica inflexible sous la pression des Ferrari de Massa et Alonso, Hamilton, 5e, tentait une manœuvre audacieuse sur l'Espagnol à deux tours de la fin qui surprenait Webber. Rosberg en profitait pour passer la McLaren N.2 et la Red Bull N.6 en perdition dans l'herbe. Liuzzu (Force India) et Barrichello (Williams) repoussaient même le favori de la foule au 9e rang suite à une halte au stand pour reprendre un appendice avant. Et au prix d'une manœuvre pugnace, le septuple champion du monde Schumacher (Mercedes) faisait enfin sauter le bouchon Alguersuari (Toro Rosso) pour le point de la 10e place.
Vettel : "Ça me casse les couilles"
"C'était ma décision (de rester en tendres pendant 52 tours)", a indiqué Button. "C'est très facile pour un pilote de juger les conditions de piste ; le team, lui, peut voir les nuages mais sur la piste on sent bien ce qui se passe. Au début, la voiture n'avait pas d'équilibre en intermédiaires et j'ai lutté. Je me suis donc dis : 'Mettons les slick pour voir ce que ça donne'. La trajectoire était sèche mais quand même humide par endroits et, en prenant la pitlane, je me suis dis : 'C'est une décision catastrophique" car il pleuvait. Je suis sorti au virage 3 mais après, une fois dans le rythme, j'ai fait quelques bons tours et j'ai passé trois ou quatre voitures. C'était la bonne décision. J'en suis très heureux. Cette victoire est très spéciale. Ça m'a pris du temps pour bien prendre mes marques dans la voiture mais l'équipe a été fantastique ; elle m'a très bien accueilli. Ça a été très difficile de s'adapter au cockpit, je ne trouverai pas les mots exacts pour le dire. C'est une sensation très spéciale et nous allons capitaliser là-dessus. Je sens que je gagne en confiance et j'espère que nous pourrons faire quelque chose de similaire à la prochaine course car c'est agréable", a-t-il ajouté.
De son côté, Sebastian Vettel a dit son exaspération, crument. "J'ai senti que quelque chose n'allait pas un tour plus tôt ma sortie. Des étincelles sortaient de ma roué avant gauche ; nous ne savions pas ce que c'était et nous voulions rentrer. Puis, deux virages avant, j'ai senti des grosses vibrations et dès que j'ai touché les freins, il y a eu une sorte de casse alors que je rentrais dans le virage 13, et j'ai fini dans les graviers. Il n'y avait rien que je puisse faire, j'ai perdu l'arrière et c'était fini", a raconté l'Allemand, déjà privé de victoire à Bahreïn pour un problème d'allumage. "C'est dommage car je pense que nous avons eu la course sous notre contrôle total à chaque période, en dépit de conditions difficiles. Mais il faut finir pour gagner. Ça me casse les couilles de ne pas gagner, mais le championnat est encore long. Nous allons travailler dur sur ses problèmes de fiabilité et nous espérons les résoudre pour faire une solide course et voir le drapeau à damier en Malaisie."
Après une tape amicale très remarquée dans les mains des mécanos de Ferrari, Button pouvait rejoindre le podium où l'attendaient Kubica (2e), auteur du meilleur résultat de Renault depuis le final de 2008 au Brésil, et Massa, très satisfait d'avoir fait entendre raison à Alonso. Mais au championnat Pilotes, c'est toujours Alonso, victorieux lors du premier meeting, qui pointe en tête (37 points) devant Massa (33) et Button (31). Le classement Constructeurs fait aussi la part belle à Ferrari (70 points), leader devant McLaren (54) et Mercedes (29). Reine des essais, Red Bull est seulement 5e, à égalité de points avec Renault (4e).
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