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Une leçon d'humilité pour Lewis Hamilton, un avertissement pour Mercedes

Une leçon d'humilité pour Hamilton, un avertissement pour Mercedes

Le 25/03/2018 à 14:03Mis à jour Le 25/03/2018 à 14:20

GRAND PRIX D'AUSTRALIE - Mercedes a subi une défaite stratégique, dimanche, infligée par Ferrari qui a utilisé à fond toutes les cartes à sa disposition. Notamment celle de Kimi Räikkönen qui lui a permis de jouer sur deux tableaux.

Lewis Hamilton sait qu'une pole position ne rapporte rien mais il s'était laissé aller à chambrer Sebastian Vettel et Kimi Räikkönen samedi après la qualification australienne. Il venait de laminer les sociétaires de Ferrari sur un tour magique qui n'augurait pourtant rien du verdict des 58 boucles dominicales. Piqué au vif, l'Allemand l'avait mis en garde contre un retournement de situation. Même les statistiques l'appelaient à la réserve ; deux succès pour six départs de la pole position à Melbourne, ça n'avait déjà rien de dingue. Quadruple champion du monde, #LH44 répète à l'envi se délecter d'apprendre à 33 ans, et à ce tarif il va pouvoir rester encore un moment en Formule 1.

A l'arrivée, il se tenait poliment debout, tout de modestie retrouvée dans le garage de la FIA. Il a vu Vettel remercier chaleureusement son coéquipier plus Iceman que jamais, et attendu qu'il fasse le premier pas, celui qui coûte. Pour lui retourner une poignée de main vigoureuse et sans arrière-pensée. Le geste auguste du vainqueur.

Sebastian Vettel (Ferrari) et Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix d'Australie 2018

Un piège qui a parfaitement fonctionné

Lewis Hamilton a reçu une leçon d'humilité - "Certains parlent, d'autres font" a dit Maurizo Arrivene - mais Mercedes peut prendre sa part d'échec et revoir son organisation et ses priorités. Le logiciel qui indiquait à ses stratèges l'écart nécessaire à l'Anglais pour retrouver la tête après l'arrêt de Vettel incluait une marge d'erreur de trois secondes. Les plus grands champions ont les plus grandes défaillances et l'approximation ne fut pas sans rappeler celle de Monaco 2015, lorsque l'équipe avait mal évalué la position de Lewis Hamilton en piste avant de consommer sa victoire dans un pit stop inutile.

Cependant, la cause est trop évidente et les origines de la faillite sont plus sûrement à chercher dans l'accident de Valtteri Bottas en Q3. En flagrant délit de surconduite, le Finlandais venait de condamner l'équipe de Toto Wolff à courir à un contre deux. Dimanche, le piège n'a pas tardé à se refermer sur les Gris. Quand Räikkönen est rentré, au 19e tour soit neuf tours plus tôt que les prédictions de Pirelli, Mercedes n'a eu d'autre choix que rappeler Hamilton pour couvrir le risque d'undercut, et laisser à Vettel une piste libre.

Recadrer Bottas

On a vite vu que l'Allemand n'avait pas les moyens de résister au retour du Britannique mais Ferrari venait de se laisser l'option d'un overcut ouverte, sachant tout ce qui peut arriver dans une course : une erreur de pilotage d'Hamilton, des retardataires réfractaires, une voiture de sécurité. Vettel a estimé avoir eu de la chance. On pourrait plus simplement considérer que Ferrari a tout fait pour remettre en question cette troisième place qui lui était promise depuis le premier virage du Grand Prix, vu la difficulté historique de dépasser à Melbourne.

Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferrari) au Grand Prix d'Australie 2018

En cela, le coup de pouce de Kimi Räikkönen a créé les conditions de ce renversement. Sommé cet hiver par son président Sergio Marchionne de se réveiller, le Finlandais a encore prouvé qu'il était un candidat idéal à sa propre succession en 2019 et restant à disposition de son leader. Même si pour lui le but d'un arrêt prématuré était de coincer Hamilton. Le plus rapide des rouges en qualification, deuxième jusqu'à son arrêt au stand, il a vraiment cru que son jour était revenu si l'on se fie à sa déception mutique sur le podium. D'un geste répulsif, il a même fait comprendre à Vettel qu'il devait chercher une autre cible pour son champagne. Barricadé derrière ses lunettes noires, il ruminait son destin dévoyé en même temps que le sens insolent de l'opportuniste de son leader.

Voilà ce qui aura séparé l'organisation italienne rigoureuse de l'allemande ce week-end. Pour Mercedes, la remise en cause doit passer par des réponses à des questions simple. Pourquoi, après quoi ou pour qui court Bottas, qui se prenait en arrivant pour un champion du monde en puissance en quête d'un nouveau contrat ?

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