Rookie, Bianchi, Ferrari... Charles Leclerc, prodige et héritier

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GRAND PRIX D'AUSTRALIE - Promu chez Sauber cette saison, Charles Leclerc sera l'un des deux débutants sur la grille à Melbourne. Etincelant dans toutes les catégories avant d'arriver en F1, le jeune prodige monégasque, longtemps couvé par la famille Bianchi et qui fait partie de la Ferrari Driver Academy, est promis à un brillant avenir.

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Crédit: Eurosport

Il a la course automobile dans le sang. A 20 ans, Charles Leclerc va faire ses grands débuts en Formule 1 cette saison, au volant d'une Sauber. Le Monégasque, brillamment sacré champion de Formule 2 l'an passé, débarque dans le grand bain avec un CV qui parle pour lui, mais aussi des drames de la vie qui ont forgé sa jeune carrière. "Je dois tout à mon père et à Jules (Bianchi). Je leur dédie chaque course et chaque victoire", raconte le jeune rookie, né le 16 octobre 1997 à Monte-Carlo d'un père, Hervé, qui a été pilote de Formule 3.
Le troisième Monégasque à accéder à la F1, après Louis Chiron et Olivier Beretta, a découvert le karting à l'âge de quatre ans sur le circuit du père de Jules, le meilleur ami de son propre père, un jour où il ne voulait pas aller à l'école. "En rentrant, j'ai dit à mon père que c'était ce que je voulais faire quand je serai plus grand", a-t-il raconté à l'AFP en marge des essais de pré-saison à Barcelone où le jeune homme a pris ses marques - parfois avec difficulté - avec sa nouvelle monoplace.
Rapidement, Charles se mesure à Jules, de huit ans son aîné. Son "exemple" et son mentor fera ses débuts en F1 en 2013 avant de perdre tragiquement la vie en 2015, des suites d'un accident survenu au Grand Prix du Japon, à Suzuka, l'année précédente.

Un joli CV

Leclerc commence la compétition en karting en 2005. "J'ai tout de suite voulu gagner. Je n'appréhendais pas ça comme un match de tennis le dimanche", se souvient-il. Le jeune pilote, épaulé par le manager de Bianchi, Nicolas Todt, passe à la monoplace en 2014 et poursuit son parcours "quasi parfait", selon le directeur de Sauber, Fred Vasseur, avec qui le Monégasque a remporté le titre en GP3 en 2016 au sein de l'équipe ART Grand Prix.
"Charles a eu de bons résultats dans toutes les catégories junior, détaille Vasseur. Il a gagné de façon hyper brillante le championnat de F2 l'an dernier (en 2017), et les pilotes qui ont gagné en F2 en étant rookie, il n'y en a pas tant que ça." C'est également en 2016 que Charles intègre la Ferrari Driver Academy, la filière de jeunes pilotes de la Scuderia, comme Jules avant lui, ce qui va lui permettre de faire ses premiers pas en F1, en essais, avec Haas, Sauber et Ferrari.
L'été dernier, Leclerc perd son père mais s'aligne tout de même, quelques jours plus tard, sur le circuit de Bakou (Azerbaïdjan), où il décroche la pole position et remporte la première course du week-end en F2. "La plus grande réussite de ma carrière", dit-il. Lui qui se décrit comme "assez émotionnel" assure avoir beaucoup mûri au cours des dernières années, "qui ont été très difficiles émotionnellement".
"Ca m'a renforcé et, maintenant, je ne suis même pas sûr que ça soit encore un défaut", estime-t-il. Vasseur, lui, ne croit pas du tout qu'il s'agisse d'un défaut. "Il est capable de s'énerver après une séance qui ne s'est pas bien passée. Mais il est capable aussi de repartir dix minutes après en ayant tout oublié, et ça, c'est une qualité que peu de pilotes ont".

"Hyper charismatique"

"Je suis très honnête avec moi-même. Si je fais un boulot dont je ne suis pas content, je le dis franchement, explique Leclerc. Et j'analyse le plus possible ce que je fais sur la piste pour essayer de le changer le plus rapidement possible". "Il est hyper charismatique malgré son jeune âge", ajoute le team principal de Sauber. "Du karting à la F2, Charles a toujours été quelqu'un qui a réussi à tirer l'équipe avec lui. Il faut qu'il garde cette approche-là".
Présenté comme l'un des futurs grands de la F1, Leclerc doit désormais gravir la plus haute marche qui se soit jamais présentée devant lui. "Le plus dur est à venir", martèle Vasseur. "En face de lui, le niveau va en progressant et il a aussi à maîtriser tout un tas de nouveaux paramètres : la voiture, les circuits, la pression de la presse... Mais je pense qu'il est armé pour le faire".
Leclerc, en effet, est de cette génération de jeunes pilotes (avec Verstappen, Ocon ou encore Gasly) qui fait preuve d'une maturité déconcertante. "Le rêve ultime est de gagner le championnat du monde, reconnaît le jeune homme. Mais je me concentre sur 2018, comme je l'ai fait ces dernières années, et on verra par la suite. (...) Il y aura toujours des gens qui parlent en bien ou en mal de moi, il ne faut pas que ça me change."
(Avec AFP)
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