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Formule 1 - Avec Newey, Aston Martin tient la "pièce finale" de son "écurie du futur"
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Publié 11/09/2024 à 23:36 GMT+2
L'écurie anglaise de Formule 1 Aston Martin a annoncé ce mardi en grande pompe l'arrivée en mars 2025 de l'ingénieur star Adrian Newey, concepteur de nombreuses monoplaces championnes du monde. Le milliardaire Lawrence Stroll, directeur de l'équipe, espère grâce à lui franchir la dernière marche de son projet jusqu'à la couronne mondiale. Et il a tout mis en place pour.
Fernando Alonso et Adrian Newey lors de la présentation de l'ingénieur à son arrivée chez Aston Martin, le 10 septembre 2024
Crédit: Getty Images
Lui, clairement, est de ceux qui ne comptent pas quand il aime. Moins de deux ans après avoir fait de Fernando Alonso, 42 ans à l'époque, le troisième pilote le mieux payé de la grille, le propriétaire de l'écurie de Formule 1 Aston Martin, Lawrence Stroll a offert à l'ingénieur Adrian Newey un contrat à plus de 30 millions d'euros l'année. Un salaire à la hauteur de la réputation du faiseur de champions, concepteur de 12 monoplaces titrées au classement constructeur en catégorie reine.
"Je peux vous dire que Adrian (Newey) est une bonne affaire, a pourtant juré Lawrence Stroll. J'ai été dans les affaires depuis plus de 40 ans maintenant, et je n'ai jamais été aussi certain. Ce n'est pas un investissement, il devient actionnaire et un partenaire et c'est le meilleur partenaire que l'on puisse amener à l'entreprise." Il y a là l'allégorie de la dimension qu'ont pris les ingénieurs de Formule 1, et leur marché de plus en plus concurrentiel, mais aussi l'espoir d'un homme qui pense avoir trouvé "la dernière pièce du puzzle".
Car cela fait désormais six ans que le magnat canadien a commencé à assembler les pièces. Il avait commencé par racheter l'écurie Force India en 2018, pour y placer son fils Lance Stroll, avant de devenir l'investisseur majoritaire de la marque de voitures de sport anglaise Aston Martin en 2020. L'objectif final ? Remporter un titre de champion du monde constructeur de Formule 1, et offrir à son fils la voiture qui lui permettrait de disputer la couronne suprême.
Nouveau bâtiment, nouvel ingénieur
"J'espère les aider à atteindre cet objectif" a ainsi immédiatement déclaré Adrian Newey lors de sa présentation en grande pompe ce mardi. Aston Martin, et son propriétaire, espèrent aussi et ont même tout mis en place avant son arrivée, comme s'ils avaient eu l'intuition de longue date que ce petit Britannique chauve aux airs de Professeur Xavier arriverait comme le Messie pour donner une ultime impulsion au projet.
Début juillet, l'écurie a inauguré sa toute nouvelle usine à Silverstone. "Elle permettra d’améliorer la conception, la construction et l’exploitation des voitures de Formule 1 qui gagneront des courses" espérait alors Lawrence Stroll. Elle permettra surtout de tout penser, dessiner, et produire sur un seul et même site, et d'enfin pouvoir compter sur sa propre soufflerie. "C'est un jour incroyable pour l'équipe, a ajouté Fernando Alonso lors de la conférence de presse ce mardi, lui aussi visiblement converti au mysticisme Newey. La vision de Lawrence prend forme et avec ce bâtiment, avec Adrian, avec Honda. C'est définitivement l'équipe du futur."
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Adrian Newey lors de sa présentation avec Aston Martin, le 10 septembre 2024
Crédit: Getty Images
"Le bâtiment est clairement impressionnant, il dégage une atmosphère formidable" a ajouté Newey, lui qui a passé plus d'une décennie dans les installations de pointe de Red Bull. Peut-être un petit coup de fayotage du nouvel arrivant, certes, mais si Adrian Newey a accepté de repartir pour un tour de manège à bientôt 65 ans, c'est qu'il a dû flairer le potentiel. Depuis le début des années 90, ses choix de carrière ont toujours répondu à une certaine logique et ont été suivis de titres mondiaux.
Expert des changements de réglements
Il était le designer en chef de la Williams FW14B de Nigel Mansell, champion du monde 1992, et Riccardo Patrese, vice-champion la même année. Et il était également celui de toutes ces Williams légendaires des années 90, titrées cinq fois au championnat du monde constructeur et qui ont consacrées Prost, Hill, Villeneuve et donc Mansell. Et quand il est passé chez McLaren en 1998, Mika Häkkinen a remporté coup sur coup ses deux titres mondiaux.
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Adrian Newey et Damon Hill (Williams) au Grand Prix du Portugal 1996
Crédit: Getty Images
Le règlement avait changé cette année-là, et Newey et ses équipes avaient été ceux qui avaient le mieux tourné et retourné les nouvelles dispositions pour maximiser la performance. Puisque la F1 se gagne plus en exploitant les non-dits et les failles de ses règles, et qu'au fond tout est une histoire d'appréciation. Avec Red Bull, qu'il a rejoint en 2006, le succès n'a pas été aussi rapide mais deux fois ses monoplaces ont été les plus promptes à performer après des évolutions des diktats.
De 2010 à 2013, Sebastian Vettel n'a rien laissé à personne. Et depuis 2022, Max Verstappen est presque aussi autoritaire. Cela tombe bien, le règlement change en 2026 : "Nous allons essayer d’avoir une bonne voiture pour 2025, mais nous allons surtout nous concentrer sur la construction d’une très bonne voiture pour 2026" a ainsi discrètement annoncé Lawrence Stroll lors de la conférence de presse de présentation mardi. Adrian Newey, qui prendra ses fonctions en mars 2025, aura quelques mois pour peaufiner les derniers détails. Il a une réputation à tenir.
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