Grand Prix d'Azerbaïdjan 2026 | De Bakou à Bakou : pourquoi Oscar Piastri (McLaren) est passé du crash à l'anonymat
Par Julien Pereira
Mis à jour 25/09/2026 à 14:02 GMT+2
Changement de statut. Alors qu'il était encore, il y a un an, le grand favori au titre, Oscar Piastri est redevenu "normal" puisqu'il n'occupe que la septième place au Championnat du monde. Depuis le crash de Bakou qui l'avait complètement déstabilisé la saison dernière, le pilote McLaren patine, pas aidé par une réglementation à laquelle il peine à s'adapter.
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Video credit: Eurosport
Le temps a fait son œuvre. Et la Formule 1 a tellement changé, en l'espace de quelques mois, que l'on a fini par oublier qu'Oscar Piastri était encore, il y a seulement un an, un champion du monde en puissance. L'Australien avait débarqué au précédent Grand Prix d'Azerbaïdjan en occupant la tête du championnat avec 31 points d'avance. Puis, patatras : un accident en qualification, un départ complètement manqué en course, avant un nouveau crash. Et depuis ? Plus rien, ou presque.
Le pilote de 25 ans a non seulement laissé filer la couronne, mais il a aussi complètement brisé la dynamique qui lui avait permis d'écraser la première partie de championnat 2025. Entre Bakou et Bakou, tout juste a-t-il cumulé quatre petits podiums, sans le moindre succès. Dans le même intervalle, son coéquipier Lando Norris est monté sur la boîte à dix reprises, dont quatre fois sur la plus haute marche.
Ce qui était un gros coup sur le casque est finalement devenu l'origine d'une vraie régression pour celui dont le flegme et la placidité avaient fini par faire croire qu'il était infaillible sur le plan mental. La deuxième partie de saison dernière a démontré le contraire et le nouveau cycle, débuté cette année, ne l'a pas aidé à dissiper le douloureux souvenir.
Piastri "pilote et réfléchit"
L'Australien, septième au classement des pilotes (120 points), s'est le plus souvent fait discret, à l'exception d'un Grand Prix de Hongrie où il fut, longtemps, en position de gagner, avant d'être remis en place par Lando Norris dans un scénario qui a rappelé les bisbilles qui l'avaient aussi affecté l'année dernière. Lui, comme les dirigeants de McLaren, continuent toutefois de certifier que les performances du pilote de Melbourne n'ont rien à voir avec une éventuelle usure psychologique.
Piastri serait plutôt, au même titre que George Russell, l'une des grandes victimes du changement de réglementation. "Les voitures de cette saison [...] sont assez différentes de celles que nous avons connues par le passé, a-t-il rappelé mercredi en conférence de presse. Et oui, bon nombre des solutions qui fonctionnaient pour moi auparavant ne semblent plus vraiment porter leurs fruits cette année. Il s'agit donc d'essayer de trouver d'autres approches qui fonctionnent [...] mais ce n'est pas aussi simple que de trouver une direction unique qui marche à tous les coups. Il faut constamment s'adapter et modifier les réglages ; c'est d'ailleurs ce qui complexifie la recherche d'une solution."
Pour l'aider, McLaren a d'ores et déjà mis à sa disposition plus de ressources et de matière grise, via certains ingénieurs, exactement comme elle l'avait fait avec Lando Norris en 2025, avant sa montée en puissance jusqu'au titre. Mais Andrea Stella, patron de l'écurie, a aussi rappelé que Piastri devrait y mettre du sien. "Oscar est encore en train de piloter tout en réfléchissant, confiait l'Italien à Madrid. Or, lorsque l'on pilote en réfléchissant, le processus ralentit. En tant que pilote, on met plus de temps à décider quoi faire et, au bout du compte, on est aussi plus lent en termes de temps au tour."
Piastri et Bakou, je t'aime, moi non plus
Preuve que ce qui se passe dans le cockpit est toujours lié à ce qui se passe dans le casque, et inversement, même sans un quelconque traumatisme hérité de la deuxième partie de saison dernière. "La confiance est un élément primordial, a admis Piastri lui-même. Évidemment, on ne peut pas vraiment la chiffrer en temps au tour, mais elle est toujours présente. Vous savez, c’est aussi un phénomène cumulatif. Une fois qu’on a pris confiance - on parle souvent d’effet boule de neige ou de spirale, et on l’a vu maintes fois - cela peut aller dans un sens comme dans l’autre."
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"Russell c'est le déclassement de l'année, il se fait dézinguer par un gamin"
Video credit: Eurosport
Parmi les 22 pilotes de la grille, l'Australien est sans doute, actuellement, le mieux placé pour le savoir : "Quand vous gagnez en confiance, cela débloque un élément, puis un autre, et encore un autre, et soudain, vous allez beaucoup plus vite, a-t-il détaillé. Et l’inverse est tout aussi vrai. [...] En Formule 1, tout le monde est incroyablement talentueux ; la différence se joue généralement sur la capacité à rester au sommet de son potentiel le plus longtemps possible."
Le protégé de Mark Webber, lui, n'y est plus, au moment de retrouver un circuit particulier pour lui. "Disons que c'est une relation d'amour-haine [avec ce circuit, NDLR] a-t-il glissé face à la presse. Je pense que j’y ai probablement disputé à la fois ma meilleure course [il y a deux ans] et ma pire [l'année dernière]. Mais j’espère que cette année ressemblera davantage à 2024." Cette année-là, il y avait gagné. Mais cette fois, il n'est vraiment pas certain que le Grand Prix d'Azerbaïdjan soit, pour la troisième fois de sa carrière, le début de quelque chose.
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