GP de Barcelone – Le contact de Max Verstappen (Red Bull) sur George Russell (Mercedes) a choqué le paddock
Mis à jour 03/06/2025 à 19:19 GMT+2
A quoi mesure-t-on les limites de l'entendable ? Souvent aux réactions que suscite un acte. Devant celles des pilotes choqués face aux images du coup de volant de Max Verstappen sur la monoplace de George Russell, la question se pose. Pénalisé, proche d'une suspension de Grand Prix, le Néerlandais a aussi écorné son image, lui qui semblait s'être éloigné de ce genre de comportement.
Verstappen, une faute vraiment intentionnelle sur Russell ?
Video credit: Eurosport
Il y a des braises qu'il convient de ne pas trop remuer. A Montmelo, il n'y a pas que les pneus qui se dégradent à une vitesse folle. Si le sort s'acharne, le moral décroît tout aussi vite. Sous sa cuirasse rembourrée de quatre titres de champion du monde d'affilée, Max Verstappen n'a pu échapper à la remontée acide d'un vilain penchant. Combatif sur la piste, le Batave avait pris l'habitude de jouer avec les limites d'un règlement aux lignes parfois illisibles, signe d'un calme et d'une lucidité à toute épreuve. Jusqu'au coup de chaud de ce dimanche sur un vieil ami devenu un temps ennemi, George Russell, percuté lors d'une manœuvre que nombreux jugent insensée.
Est-ce par un simple hasard qu'une telle situation a impliqué Max Verstappen et George Russell ? Rappelez-vous, il y a moins d'un an, au Grand Prix du Qatar, les mots piquants adressés au Britannique par le quadruple champion du monde. Le Néerlandais, très énervé, avait confié de plus vouloir "rien avoir à faire avec lui." Si la hache semblait enterrée au lancement de la saison 2025, le souvenir du clash violent est immédiatement remonté à la surface à l'aune des images du contact lors du Grand Prix d'Espagne.
J'ai déjà fait ça, sur Mario Kart
Un geste, un coup de volant, qui rappelle presque un autre temps, un autre Max. Parce qu'au-delà du risque, il transpire de la manœuvre du Batave un fort soupçon de geste volontaire, hors de tout bon sens. Il fallait voir la réaction des pilotes dans la cool room, observer le choc se dessiner sous leurs traits brillants de sueurs. Du "oh, oh" du vainqueur Oscar Piastri (McLaren) au "oh mon Dieu" de Charles Leclerc, les pilotes ont immédiatement affiché leur effarement.
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Max Verstappen dépité après sa 10e place sur le GP d'Espagne
Crédit: Getty Images
Le regard félin, Lando Norris décochera un "J'ai déjà fait ça, sur Mario Kart" pour détendre une atmosphère curieuse. Au-delà de l'identité de la victime, n'était-il pas évident qu'un fait de course allait subvenir avec un Verstappen muni de pneus durs non chauffés dans le final ? Tout part de là. Leclerc n'avait d'ailleurs pas réfléchi longtemps avant d'opter pour une stratégie offensive. "Quand on m'a dit que Max repartait avec des pneus durs, j'étais assez optimiste parce que je savais à quel point ils étaient mauvais", a confié sans ambages le pilote Ferrari au micro de Canal +.
Verstappen : "Est-ce important de savoir si c'était volontaire ou non ?"
Voyant la SF-25 profiter allègrement des énormes soucis d'adhérence du champion en titre, George Russell se voyait bien l'imiter. Mais l'accumulation des avaries a fini par provoquer le réveil du volcan Max. "Je n'avais aucune adhérence, c'était difficile, a expliqué le pilote numéro 1 à Canal +. Et après on se retrouve dans ce genre de situation. Malheureusement, vu comment les règles sont écrites, c'est ce qu'il peut se passer. En fin de compte, pour moi, je préfère ne pas trop en parler car on ne peut pas trop critiquer, au risque de prendre d'autres pénalités."
Verstappen aime jouer avec les zones grises, se tenir à son discours, sa vérité. Alors, il était naturel de l'interroger sur ses motivations et la nature volontaire ou non de son acte. "Est-ce important ?" s'est-il contenté de lâcher à Sky Sports, avant de refuser toute relance sur son geste. Russell, de son côté, s'est montré plus exhaustif. "Ça m'a semblé tout à fait délibéré, pour être honnête, a-t-il lancé à la chaîne britannique. C'est quelque chose que j'ai vu de nombreuses fois en simracing et sur iRacing. Je n'avais jamais vu ça en Formule 1. C'était donc une première pour moi. C'est un peu dommage. Max est clairement l'un des meilleurs pilotes au monde, mais des manœuvres comme celle-là sont tout à fait inutiles et le discréditent en quelque sorte. C'est dommage pour tous les jeunes qui l'admirent et qui rêvent de devenir pilotes de Formule 1. Donc, comme je l'ai dit, je ne sais pas ce qu'il avait en tête. Au final, ça ne va pas m'empêcher de dormir, car j'ai aussi tiré profit de ces frasques."
Les commissaires devront poser des questions difficiles
Alors qu'aucune sanction n'a été retenue contre Charles Leclerc pour le contact en ligne droite lors de la relance, Verstappen a écopé de trois points de pénalité sur son permis, en plus des dix secondes infligées en piste. Il ne lui reste donc plus qu'un point avant une suspension de Grand Prix (11 sur 12 sur une période d'un an, sachant qu'il récupérera deux points le 30 juin). Une sanction jugée clémente par Russell. "Si c'était vraiment délibéré, alors oui, absolument (la pénalité est trop faible), car on ne peut pas délibérément percuter un autre pilote, a-t-il précisé à Sky Sports. Nous mettons nos vies en jeu. Nous avons la chance que les voitures soient aussi sûres qu'aujourd'hui. Nous ne devons pas prendre cela pour acquis. Comme je l'ai dit, c'est aux commissaires de déterminer si c'était délibéré ou non. S'ils pensent que c'était délibéré, alors ils devront poser des questions difficiles."
Le Britannique a tenté de calmer les choses en fin d'entretien, instillant à nouveau le doute sur le caractère prémonitoire du mouvement : "Tout cela m'a semblé très étrange et bizarre. Cela n'a pas vraiment de sens de percuter délibérément quelqu'un et de risquer d'endommager sa propre voiture, de risquer une pénalité." Repoussé à 49 points d'Oscar Piastri au classement des pilotes, au bord d'une suspension, Verstappen a aussi ramené à la surface le portrait écorné qu'étrennent ses détracteurs. Même dans la fournaise de Montmelo, même chaussé d'un train de pneumatiques indomptable, le Néerlandais aura bien du mal à trouver des soutiens. Beaucoup l'ont perçu en ce sens : dimanche, une ligne jaune a été franchie.
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