Grand Prix d'Espagne | "Les Dieux de la course étaient avec nous" : Chanceux à défaut d'être conquérant, Kimi Antonelli (Mercedes) file vers le titre

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On savait qu'il pouvait être rapide et implacable en piste. Il sait aussi être patient et opportuniste. Kimi Antonelli (Mercedes) a engrangé un huitième succès cette saison lors du tout premier Grand Prix d'Espagne au Madring, "perdu" par le poleman Lando Norris à cause du timing de son arrêt. L'Italien de 20 ans possède désormais 81 points d'avance au Championnat, mais refuse de penser au titre.

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Une fois n'est pas coutume, Kimi Antonelli n'a pas été le plus impressionnant, ce dimanche, mais son rythme fut suffisamment bon pour remporter le premier Grand Prix d'Espagne de l'histoire disputé sur le tracé du Madring. Battu de 1 centième de seconde la veille en qualifications par Lando Norris (McLaren), le pilote Mercedes a tiré profit d'une voiture de sécurité virtuelle intervenue au bon moment pour lui, au mauvais pour le Britannique, validant, avec un brin de réussite, son huitième succès en 2026.
Une victoire chanceuse qu'il a savourée avec son clan, sans forfanterie. "C'était une course très difficile, notamment dans la gestion des pneus. Ça fait du bien de gagner aujourd'hui, mais ça ne me fait pas autant plaisir parce que Lando méritait de s'imposer", a déclaré l'Italien au micro du promoteur. Durant son tour de décélération, il avait immédiatement eu une pensée pour le Britannique, avouant "se sentir un peu mal" pour ce dernier.

Cool, "parfois trop"

Pourtant, Antonelli n'y est pour rien dans le timing de la VSC après l'abandon de Lance Stroll (Aston Martin) au 14e tour, pas plus que dans l'arrêt manqué de McLaren, Norris restant immobilisé plus de sept secondes. "Cette année, nous avons été malchanceux avec toutes ces décisions, mais, aujourd'hui, les Dieux de la course étaient avec nous, savourait Toto Wolff, le directeur des Flèches d'argent. Nous avons littéralement fait rentrer Kimi au moment où la VSC est sortie. Nos stratégistes pensaient que l'Aston Martin ne se dégagerait pas rapidement, Bono a vérifié et transmis l'info à Kimi, le tout en trois secondes. C'est dommage pour McLaren, car leur voiture était rapide, mais Kimi a très très bien piloté."
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Deuxième derrière Charles Leclerc (Ferrari) pendant les deux tiers de la course, Antonelli a attendu le passage au stand du Monégasque pour prendre les commandes à la fin du 48e tour. Il s'est ainsi envolé vers la victoire sans effectuer un seul dépassement, mais avec l'aplomb d'un pilote aguerri. "Je pense qu'il est cool, parfois un peu trop. Quand il frôle le mur à cinq tours de la fin et qu'il demande à la radio de "vérifier la voiture", vous vous dites : "Sérieusement, encore ?" a souri Toto Wolff, qui filait la métaphore potagère : "Je pense qu'il y a aussi un facteur génétique. On naît cool comme un concombre, ou on ne l'est pas !"

81 points d'avance sur Russell

Le seul domaine où le jeune Bolonais porte une responsabilité écrasante, est celui du classement des pilotes, qu'il est en train de transformer en autoroute à sens unique. Arrivé avec 30 secondes d'avance sur George Russell, son coéquipier et dauphin au Championnat, Antonelli compte désormais 81 points d'avance sur le Britannique à neuf Grands Prix de la fin de saison. Un matelas confortable, façonné par un total de huit victoires cette année, une de plus que Russell qui n'a pourtant pas la même fraîcheur en Formule 1 que son cadet.
À 20 ans et pour sa deuxième saison seulement dans la discipline, le pilote Mercedes fonce vers un premier titre mondial qui semble, course après course, de moins en moins hypothétique. "Penser au championnat, c'est exactement ce que je ne veux pas faire, a décliné l'intéressé. Je veux continuer à pousser, à performer, à prendre du plaisir et à essayer de faire de mon mieux à chaque course. On verra où je finis à la fin de l'année." Prochain épisode du feuilleton dans deux semaines sur le tracé de Bakou (Azerbaïdjan) et ses longues lignes droites, où Mercedes et son leader transalpin devraient s'amuser.

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