Formule 1, Grand Prix d'Italie - Le relooking de Monza rebat les cartes : "Cela aura un impact"

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Le circuit de Monza, qui accueille le Grand Prix d'Italie ce week-end, a profité de la venue des projecteurs pour dévoiler aux yeux du monde son tout nouveau revêtement. Le tracé lombard avait dû investir dans la rénovation de sa piste pour correspondre aux standards de la Formule 1. Mais entre un charme perdu et des performances modifiées, les premiers tours de roues ne convainquent pas.

Zhou Guanyu (Stake Sauber F1) durant les essais libres du Grand Prix d'Italie, sur l'asphalte neuf de Monza, le 30 août 2024

Crédit: Getty Images

Imaginez la déception, pour tout le monde. En début de semaine, l'Autodrome de Monza présentait avec fierté le resurfaçage de sa piste. Pour s'offrir un coup de jeune, d'abord, mais aussi parce qu'il faut toujours continuer à s'entretenir pour faire durer un couple. Le tracé lombard espère ainsi faire durer son mariage avec le Grand Prix d'Italie de Formule 1. L'organisation de la catégorie reine du sport auto lui avait fait comprendre que sans modernisation, le Temple de la Vitesse pourrait perdre sa place au calendrier d'ici 2026.
Alors Monza s'est offert un coup de lifting : nouvel asphalte flambant neuf, nouveaux vibreurs, quelques bacs à gravier supplémentaires par ci par là. De quoi faire saliver tout le monde, sauf que la belle robe neuve de Monza n'a pas produit l'effet escompté. La piste brille, mais elle a surtout beaucoup moins de charme, ce sont les pilotes qui vous le disent. Daniel Ricciardo : "Je ne peux pas dire que je suis impressionné, certains éléments ont perdu de leur caractère." Alex Albon : "J'ai l'impression que les nouveaux vibreurs sont un peu génériques." Yuki Tsunoda : "Cela a perdu du charme de Monza."

Attention au coup de chaud

Et surtout, ce seraient les performances qui pourraient être impactées ce week-end. Une problématique inattendue, qui est apparue quasiment au dernier moment pour les équipes. Felipe Drugovich, qui devait profiter des aménagements pour les jeunes pilotes et s'asseoir dans l'Aston Martin de Fernando Alonso en première séance d'essais libres, devra finalement attendre le Mexique. "Nous avons compris que le resurfaçage était un peu plus important que ce que nous pensions. Donc l'équipe a changé de plan" a expliqué l'Espagnol.
La puce leur a peut-être été mise à l'oreille par Pirelli. Le manufacturier de pneu a averti les équipes dans sa note d'avant-Grand Prix : la surface particulièrement sombre de l'asphalte neuf pourrait avoir de lourdes conséquences. "Cela aura un impact sur la température de la piste qui, si le soleil brille, pourrait être bien plus chaude que par le passé, voire dépasser les 50°C." La dégradation des pneus était souvent forte dans le Nord de l'Italie, elle pourrait le devenir encore plus. Et avantager certaines équipes, ou non.
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La Ferrari de Carlos Sainz durant les essais libres du Grand Prix d'Italie 2024, le 30 août 2024

Crédit: Getty Images

Plus de températures dans les pneus, mais aussi des trajectoires différentes. Les légendaires vibreurs d'Ascari, quasiment des ralentisseurs et surtout un supplice pour les F1 modernes si rigides, ont été complètement aplatis. "C'est dommage parce qu'Ascari avait tellement de charme, a regretté George Russell. Je pense que ce ne sera plus aussi impressionnant avec ces changements de vibreurs." De quoi même affoler le mystérieux groupe Whatsapp des pilotes, selon le directeur de l'association des pilotes lui-même, Alex Wurz. "C'est vrai que nous avons débattu des changements, a admis l'ancien pilote Benetton à Autosport. Si j'avais été le concepteur de la piste, je n'aurais pas accepté de l'argent pour changer ces vibreurs."

Ascari, un mythe en danger

Les deux premières séances d'essais libres lui ont donné raison. Là, où, durant les vingt dernières années, et celles encore avant, l'enchaînement gauche-droite-gauche ressemblait à une bataille entre le pilote et les vibreurs dont le vainqueur se décidait au millimètres près, ne reste plus qu'un pif-paf à haute-vitesse, à peine plus exigeant que la moyenne. Franco Colapinto s'y est engouffré sans trop de difficultés pour ses tout premiers tours de roues en tant que titulaire en Formule 1 avec Williams. Lewis Hamilton, auteur du meilleur temps de la première journée, et les autres ont pu grimper sur les bandes rouges et vertes comme si de rien n'était.
Ce qu'elle perd en charme, la piste pourrait le récupérer en performance. Le nouvel asphalte devrait "en théorie, offrir plus de grip" selon Pirelli. Et les bosses sur la piste, créées par l'effet du temps et les puissants coups de freins des machines, ont disparu. Quoi de mieux qu'un billard pour dévorer les 5,8 kilomètres de piste. Ferrari y vise même la victoire ce week-end. Alors, Monza pourrait ajouter une touche de rouge à sa toute nouvelle tenue, et tout serait pardonné ?
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