Eurosport
Formule 1 - Chez McLaren, le ver est dans la papaye entre Lando Norris et Oscar Piastri
Par
Publié 01/09/2024 à 19:45 GMT+2
Parties première et deuxième, les McLaren ont finalement loupé la victoire en course ce dimanche lors du Grand Prix d'Italie. Elles ont pourtant longtemps été solides, prouvant à nouveau leur statut de première force du plateau, et battues seulement par le pari stratégique de Ferrari et Charles Leclerc. Mais les ambitions de leurs deux pilotes commencent à prendre de la place.
Lando Norris - Oscar Piastri (McLaren)
Crédit: Getty Images
L'ambiance en cool-down room était glaciale. Bien loin de celles aperçues ces dernières semaines - bien qu'on puisse leur soupçonner un brin de bonne humeur de façade, évidemment. Peut-être parce que celui qui en est devenu leur animateur en chef, Max Verstappen, souvent curieux et avenant durant ces quelques instants partagés à trois avant le podium, n'a fini que sixième et est donc directement rentré dans son box.
Peut-être, aussi, à cause de petites tensions, naissantes, et d'étincelles qui pourraient générer un brasier. C'était même comme si Charles Leclerc, le glorieux vainqueur du jour, avait capté cette énergie dans la pièce. Après avoir tenté de faire la discussion, au milieu de deux pilotes McLaren, et récolté uniquement des réponses de quelques mots alors que l'écran affichait le dépassement d'Oscar Piastri sur son coéquipier dans le premier tour, il a préféré se taire. D'un raclement de gorge qui laissait retomber le silence, le malaise avait définitivement envahi la pièce.
Pourtant, si l'on s'en tient aux messages de communication des équipes, les deux pilotes McLaren auraient pu avoir des raisons d'être un peu plus détendus. Certes, les ''papayes'' n'ont pas réussi à convertir leur première et deuxième places en qualification par une victoire le dimanche, mais le double podium obtenu les fait remonter à seulement 8 points de Red Bull au classement constructeur. L'objectif affiché de l'équipe, jusque dans les communications radios pendant la course.
"Tu es autorisé à te battre avec Oscar, règle papaye" a ainsi annoncé l'ingénieur de course de Lando Norris à son pilote durant le Grand Prix. Un sous-entendu que Zak Brown, directeur de l'écurie McLaren, a explicité après la course : "Les règles papaye, ce sont 'courez dur, courez propre, et ne vous touchez pas'." Sauf que son pilote Britannique est, contrairement à son coéquipier australien, toujours en course pour disputer le titre de champion du monde à Max Verstappen. Il est carrément devenu son principal concurrent, et a le vent en poupe en cette fin de saison.
Il partait même en pole ce dimanche. Mais n'a pu que repousser sa petite malédiction personnelle, qui l'empêchait jusqu'ici de passer le premier virage d'un Grand Prix en tête. Cette fois, il était devant dans les trois premiers virages, avant qu'Oscar Piastri ne l'attaque dans le quatrième. Lando Norris n'a alors pas seulement perdu la première place, mais aussi la deuxième, puisque Charles Leclerc profitait de l'agressivité de l'attaque de Piastri pour passer à son tour.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/09/01/4034974.jpg)
Oscar Piastri (à gauche) et Lando Norris (à droite) en conférence de presse après le Grand Prix d'Italie, le 1er septembre 2024
Crédit: Getty Images
Est-ce que cela a coûté la victoire à McLaren ? Zak Brown, le directeur de l'écurie, ne veut pas y penser trop tôt : "Nous en reparlerons entre nous la semaine prochaine, a-t-il admis au micro de Sky Sports F1. Est-ce que si Leclerc ne s'était pas mis entre nos deux voitures, nous aurions pu nous échapper ? C'est une question juste." Le patron des 'papayes' avait l'air presque mal à l'aise face aux questions sur la stratégie de son équipe.
Certainement a-t-il vu la moue de ses pilotes sur la photo d'équipe. Ou entendu les commentaires de Lando Norris avant de grimper sur la troisième marche du podium : "Oscar (Piastri) m'a pris par surprise et est passé, s'est-il contenté d’expliquer pour décrire la manœuvre du premier tour. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire différemment. Si j’avais freiné un mètre plus tard, je me serais probablement crashé." À ce moment, difficile, effectivement, de faire mieux. Mais concernant la suite de la course, Lando Norris peut nourrir des regrets.
Sur sa gestion des pneus, notamment, lui qui a détruit son premier train de pneus durs, changés après seulement une quinzaine de tours. Charles Leclerc, bien plus économe, tient sa victoire au choix de n'avoir fait qu'un seul arrêt, au lieu de deux pour les McLaren. "De la position où nous étions, avec les pneus dans l'état qu'ils étaient, faire un seul arrêt paraissait très risqué. Mais au final, c'était le bon choix", a admis Oscar Piastri.
Mais Lando Norris doit également être amer sur la gestion de la hiérarchie des pilotes au sein de son équipe. "Il n'y avait pas besoin de prendre autant de risques", a-t-il regretté auprès de Canal+, lui qui avait l'occasion de reprendre près de 20 points au classement général sur Max Verstappen. "Je vais faire de mon mieux et on verra, a-t-il balayé concernant ses ambitions pour le titre individuel. Je ne suis pas là pour quémander de l'aide." Le message a le mérite d'être clair. Il y a de l'eau dans le gaz, attention à l'explosion.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité