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Koba, un "vrai potentiel"
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Publié 23/10/2010 à 06:46 GMT+2
De sa fougue, Kamui Kobayashi (Sauber) a éclairé un GP du Japon un peu morne, il y a quinze jours. Reconduit pour 2011, il allie rapidité et solidité mental selon son patron, Peter Sauber.
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Sombre pilote opérant dans les tréfonds de la série GP2 il y a encore un an, Kamui Kobayashi incarne grâce à quelques courses exceptionnelles pour Sauber en 2010 le futur du Japon, voire de l'Asie, en Formule 1, où il semble taillé pour jouer un rôle majeur. "Je dois être le premier Japonais à gagner des courses", affirme-t-il sans ambages à l'AFP à l'occasion du Grand Prix de Corée. "Il y a beaucoup de très bons jeunes pilotes. Donc il est difficile de garder sa place, surtout quand on n'apporte pas de budget."
L'ambition de Kobayashi est réelle. Elle prend racine dans un début de carrière sinusoïdal. A 16 ans, Toyota, qui a décelé son potentiel, l'envoie faire ses gammes en Italie. Le Japonais, natif d'Amagasaki, dans la baie d'Osaka, se retrouve seul à Vicence (Nord), sans parler l'anglais ni l'italien. "C'était difficile pour moi de survivre là-bas, sourit-il. Mais ça m'a permis de me concentrer sur la course, d'apprendre l'anglais." En deux ans à peine, Kobayashi remporte les Formule Renault italienne et européenne (2005). Son futur s'annonce doré. Il court ensuite en Formule 3 et déménage pour cela en France, près de Paris. Ses deux premières saisons sont correctes. Mais il ne gagne pas le titre. Ce qui ne l'empêche pas de découvrir en 2008 le GP2, l'antichambre de la F1. Là encore, Kobayashi ne convainc pas. Il termine ses deux saisons au 16e rang. Mais la chance l'accompagne. Toyota, qui a fait de lui son pilote réserve, perd Timo Glock sur accident à Sao Paulo, pour l'avant-dernier GP de la saison.
"Un vrai potentiel"
Le Japonais a deux courses pour se montrer. Il saisit sa chance. Son dernier Grand Prix de la saison, à Abou Dhabi, est un modèle du genre. En lutte avec Jenson Button, qui vient d'être sacré champion du monde, Kobayashi termine 6e. Un baquet lui semble promis chez Toyota pour 2010. "Il devait à la fois être agressif, montrer qu'il est rapide, et être constant et finir les courses. En analysant ces deux courses, j'ai été convaincu que Kamui avait un vrai potentiel, tant au niveau du pilotage que du mental", explique Peter Sauber, fondateur et patron de l'écurie éponyme.
Le Suisse engage donc Kobayashi lorsque Toyota décide de quitter la F1. Et ne regrette pas son choix. A Valence comme à Suzuka, le Japonais crève l'écran et termine 6e, tirant profit d'une stratégie différente de ses adversaires, qu'il dépasse en masse en fin de course. "Pour les fans, en regardant de l'extérieur, c'était excitant. Mais pour moi, c'était très simple. J'avais de meilleurs pneus au dernier moment. (...) Je ne veux pas sur-réagir", observe l'intéressé, modeste. "Kamui est quelqu'un de très humble. Il est très aisé de travailler avec lui, de lui parler. Il est terre-à-terre. Ses relations avec ses coéquipiers sont aussi très bonnes", remarque Peter Sauber.
"Je crois que Kamui est le premier pilote japonais qui soit vraiment en Formule 1 pour son talent, et pour aucune raison secondaire", poursuit-il. Ses compatriotes venus dans la discipline n'ont jamais fait mieux qu'une troisième place, à seulement deux reprises, Aguri Suzuki (Japon, 1990) et Takuma Sato (Etats-Unis, 2005). Kobayashi, lui, peut faire mieux, le paddock en est convaincu. Pour preuve, certains sponsors asiatiques sont entrés en contact avec l'écurie suisse afin d'accompagner le champion.
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