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"Ils sont trop rapides pour nous" : Hamilton et Mercedes en manque de puissance et d'idées face à Red Bull
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Publié 20/06/2021 à 19:48 GMT+2
GRAND PRIX DE FRANCE - Lewis Hamilton et Mercedes ont perdu dimanche une course qui paraissait sous leur contrôle. Conscient d'avoir un point faible en puissance moteur, le pilote et son équipe ont négligé la capacité de réaction de Max Verstappen et Red Bull en termes de stratégie. Et le Britannique n'est pas optimiste pour les deux prochaines courses...
Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de France 2021
Crédit: Getty Images
C'était pourtant bien parti pour lui. Nettement battu pour la pole position samedi, Lewis Hamilton a récupéré de façon inespérée la première place, suite à une glissade de Max Verstappen (Red Bull) dans le virage n°1 du Grand Prix de France, dimanche. Le Britannique de Mercedes avait tout pour contrôler la course, dérouler une stratégie à un arrêt - la seule possible selon Pirelli - pour s'imposer une troisième fois de suite au Castellet. Mais rien ne s'est passé comme prévu pour l'Anglais, sur le plateau varois.
Il avait décidé de rouler avec moins d'appui aérodynamique en débraquant son aileron arrière, ce que son rival pour le titre n'avait pas manqué de souligner la veille. Ce choix a peut-être accéléré la dégradation de ses gommes, les "medium" du premier relais comme les "dur" du second, mais il n'explique pas entièrement son échec, à chercher dans un manque de puissance de son Mercedes par rapport au Honda de la Red Bull n°33 comme il l'a avoué, comme une approche fautive en termes de stratégie, qu'il a dénoncée dans le feu de l'action.
Dans le premier relais, le septuple champion du monde s'est beaucoup plaint de ses pneus. "Je n'ai aucun grip sur les pneus arrière", "Je ne pense pas que ces pneus vont durer aussi longtemps que vous pensez", "Les gommes surchauffent", "J'ai du grainage sur le train avant", a-t-on pu l'entendre dire à la radio. Des choses que Mercedes pouvaient en partie voir sur la télémétrie et que Fernando Alonso (Alpine) résuma simplement au 14e des 53 tours au programme : "Tout le monde galère".
Il y avait comme souvent une part de bluff chez Lewis Hamilton dans ces complaintes. L'usure des pneus, aggravée par une piste qui avait perdu en grip à cause de la pluie tombée quelques heures avant le départ, est une difficulté récurrente cette saison, mais l'Anglais voulait étendre son relais d'ouverture le plus longtemps possible, sachant que la suite serait non moins pénible avec les gommes "dur".
Logiquement, son coéquipier Valtteri Bottas, troisième, a tenté un undercut sur Max Verstappen au 19e passage. Le Néerlandais rentré pour la contrer au tour suivant, le Britannique a encore attendu un tour pour passer à son tour au stand, et ce fut là son erreur. Chez Mercedes, on avait mal jugé l'effet chronométrique d'un retour en piste après un arrêt. "On a mal calculé l'effet de l'undercut", a admis Toto Wolff, le directeur de Mercedes F1.
Hamilton enfermé dehors
Devant Max Verstappen avant son arrêt, derrière après, Lewis Hamilton a eu beau dire au micro de Canal+ "qu'avec une autre stratégie, ils (Red Bull) auraient quand même gagné", il a tenu un autre discours à la radio à son équipe en lançant dans le tour d'honneur : "Je vous l'avait dit ce matin !". Un propos plus diplomatique que celui de Valtteri Bottas. "Pourquoi personne ne m'écoute quand je dis qu'il faut s'arrêter deux fois ?", avait pesté le Finlandais, après avoir cédé sa troisième place à Sergio Pérez (Red Bull) à sept boucles du drapeau à damier.
Déjà piégé par les Red Bull sur overcut à Bakou, Lewis Hamilton a compris qu'il venait de se faire prendre à revres une seconde fois lorsque le Batave a pris l'initiative de rentrer au 39e tour. "J'étais obligé de rester en piste", expliqua-t-il. Un autre arrêt l'aurait effectivement mis encore plus loin derrière la monoplace du leader du championnat du monde, sans espoir de le passer avec les mêmes gommes.
Dès lors, il pilota sur la défensive, en sauvant ce qui pouvait l'être, avec encore 14 tours à couvrir. Incapable de s'aligner sur les chronos de Max Verstappen - "Je ne peux aller plus vite" -, un temps déconnecté de Peter Bonington à cause d'un problème de casque de son ingénieur, il a demandé quel rythme il devait se fixer pour aller au bout avec un espoir de rester devant. "Il faut que tu fasses tenir ta gomme", lui a répondu "Bono".
On sait ce qu'il en est advenu. Ce Grand Prix de France comportait deux tours de trop pour Lewis Hamilton. Et encore. On a eu l'impression que Max Verstappen est revenu sans s'affoler car il est revenu d'un coup pour porter une attaque au DRS à la chicane.
"Ce n'était pas assez, a exposé Lewis Hamilton, au micro de Martin Brundle. Bravo à Max, il a fait un meilleur travail aujourd'hui. Ils avaient plus de puissance dans les lignes droites tout le week-end et juste en repensant à notre vendredi difficile, je suis très content de ce résultat. Bien sûr, nous n'avons pas gagné en ayant pourtant mené, mais mes pneus étaient fichus à la fin. J'ai malheureusement perdu ma place en tête mais ça reste une bonne course."
"Il nous faut trouver du rythme, c'est une certitude, a-t-il poursuivi. Nous perdions dans les lignes droites et nous devons comprendre si c'est une question de moteur ou de traînée aérodynamique (l'effet parachute créé par les ailerons). Nous avons un super package. Nous ne savions pas à quel point l'effet de l'undercut serait important. Mais ce qui nous a surpris a été l'usure prématurée du pneu avant gauche. Ils avaient une bonne stratégie, qui a très bien fonctionné pour eux."
Deux courses difficiles à venir
Battu mais pas abattu, Lewis Hamilton a complété sa réflexion auprès de Sky Sports : "J'ai fait tout ce que je pouvais et je n'ai pas vraiment commis d'erreur, et je suis dans l'ensemble content de ma position et des résultats. Cela aurait été sympa de gagner, mais ces gars sont juste trop rapides pour nous maintenant. Ils ont fait un grand pas en avant ce week-end, nous perdons 0"350 juste dans les lignes droites. Nous devons creuser ça pour comprendre. Les deux prochaines courses sont sur des pistes où la vitesse en ligne droite est si importante, ça va donc être dur."
Lewis Hamilton compte désormais 12 points de retard sur Max Verstappen au championnat et Mercedes, 37 unités sur Red Bull. la firme à l'Etoile vient surtout de perdre pour la troisième fois de suite face à Red Bull. Et si les circuits urbains de Monaco et Bakou avaient été considérés comme des parenthèses, Le Castellet devait marquer le retour en force des W12 sur un circuit où elle avait dominé en 2018 et 2019. Hamilton et Mercedes ne sont désormais plus sûrs de rien.
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