Le contraste est devenu saisissant à Bakou. En remportant le Grand Prix d'Azerbaïdjan, Sergio Pérez a assuré son avenir chez Red Bull alors que le numéro 2 de Mercedes, avec qui il est censé se battre dans la course aux points pour le championnat du monde des constructeurs, s'est un peu plus effondré au point d'y avoir sûrement laissé sa place en 2022. Rien d'officiel encore, non. Juste une rumeur qui bruisse aux quatre coins du paddock et que personne ne s'empresse de démentir. A part le principal intéressé.
A Bakou, Sergio Pérez était en couverture derrière le leader Max Verstappen et tenait en respect Lewis Hamilton, jusqu'à ce que l'éclatement du Pirelli arrière gauche sur la RB16B n°33 ne précipite les événements. "Checo" était là en suppléant. De même qu'il avait profité de l'absence de Lewis Hamilton et de l'abandon de Max Verstappen pour l'emporter à Sakhir fin 2019, il a bondi sur l'occasion. Red Bull l'a chaudement remercié après coup, pour avoir su tenir sa place sans trop en faire en surpilotant comme l'a fait un autre numéro 2, le Ferrariste Carlos Sainz, happé par une échappatoire.

Finie la stratégie des galactiques, Ferrari mise sur la jeunesse... même dans son organigramme

Grand Prix de France
Hamilton n'est pas le seul adversaire de Verstappen
18/06/2021 À 16:33

Red Bull a enfin un deuxième pilote

En cela, l'actuel n°3 mondial a prouvé qu'il s'était remis de son année catastrophique chez McLaren, sa seule jusque-là au service d'un top team, et qu'il en avait tiré les enseignements. Sept ans de réflexion, quand même.
En 2013, sa réaction brouillonne, d'une agressivité souvent mal placée face à la vitesse de Jenson Button, le seul champion du monde qu'il ait eu comme coéquipier, l'avait effectivement catalogué "pilote payant" pour écurie de second plan. Jusqu'à ce que ce que Red Bull ne se retrouve à cours de solutions fin 2020 et ne lui donne une seconde chance, à l'insu du plein gré du recruteur, Helmut Marko.
Bien sûr, Sergio Pérez est arrivé à Milton Keynes en tenant le discours de l'ambition, mais il a rapidement saisi à quel point Max Verstappen était trop fort pour lui, dans tous les registres. Trop protégé aussi. Trop tout, en fait. Et compris pourquoi Red Bull attendait de lui qu'il soit un numéro 2.

Boullier : "S'il n'y a plus de chicane, il n'y a plus d'intérêt pour les spectateurs"

Faire sauter le verrou du samedi

"Sergio a fait du boulot, ses performances en course ne font que progresser. Sa confiance est élevée. Je lui ai parlé ce matin, il marche fièrement en ce moment", avait déclaré le directeur d'équipe, Christian Horner, à Sky Sports F1. Pour la première fois depuis le départ de Daniel Ricciardo, fin 2018, Max Verstappen avait aussi senti la différence. "C'est génial d'avoir deux voitures devant pour se battre pour le championnat et aussi marquer des points, avait apprécié le Batave. Bakou a été un bon exemple de ce qui devrait être fait."
Toujours à la chaîne britannique, Sergio Pérez s'est incliné devant les capacités de son voisin de garage en avouant : "Max a un énorme talent. Du premier tour en essais libres 1 au dernier le dimanche, il est à 110%. On peut voir que d'autres ont des jours sans. Lui n'en a pas et performe à un très haut niveau."
Intensité et constance sont effectivement encore ce qui lui manque peut-être. "Le samedi reste un challenge pour lui, spécialement pour supporter l'intensité de la bagarre en piste et se mettre au niveau de Lewis Hamilton et Max Verstappen, observe Mark Webber, neuf fois vainqueur en Grand Prix avec Red Bull, dans le podcast Talking Bull. Mais le dimanche, il est très régulier. Il a simplement besoin de trouver ce petit surcroît de vitesse le samedi pour partir d'une bonne position et ainsi réaliser un bon premier relais le dimanche."
Ce qu'a confirmé Christian Horner, en précisant à Auto Motor und Sport : "Il a beaucoup de vitesse en course et il doit juste travailler un peu ses samedis. S'il peut faire ça aussi, ça augmentera nos chances."

Verstappen : "Le titre ? On ne peut pas forcer les choses"

Devenir aussi réactif que Verstappen

Sergio Pérez n'y est effectivement pas arrivé cette année. Pour une fois deuxième sur la grille, il s'est fait déborder d'entrée à Imola par Max Verstappen et Charles Leclerc (Ferrari), puis il a sombré sur une piste à l'adhérence changeante. Quatrième au départ à Portimao - le minimum syndical -, il a concédé une place (sur Carlos Sainz) à l'extinction des feux puis il a retrouvé le top 4 à l'arrivée. Il est évident que c'est gratifiant pour lui d'opérer des remontées spectaculaires comme à Sakhir (parti des stands pour finir 5e), ou à Bakou (7e au départ avant son triomphe). Mais ce sont des week-end pleins, dans les standards de la RB16B, que Red Bull attend.
Malheureusement, "Checo" a encore concédé du retard dans son plan de travail dès la première journée des essais du Grand Prix de France, vendredi. Ce qui pourrait encore se payer cash samedi. Pour une raison bien précise, dont il ne s'accommode toujours pas. "On a trop peu de temps maintenant, et on peut difficilement faire des changements de réglages pendant une session, et c'est spécialement difficile pour les pilotes qui ont changé d'écurie", note-t-il. Ceci est une réelle excuse dont usent régulièrement Carlos Sainz (Ferrari), le seul peut-être à s'en sortir aussi bien que lui, Daniel Ricciardo (McLaren) et Sebastian Vettel (Aston Martin). Sachant qu'en plus Max, Verstappen connaît sur le bout des doigts la Red Bull de 2021, une machine étroitement dérivée du modèle de la saison passée.
https://i.eurosport.com/2021/06/18/3156341.jpg
Grand Prix de France
Le vibrant plaidoyer de Gasly et Ocon pour pérenniser le Grand Prix de France
08/04/2022 À 05:21
Grand Prix de France
"McLaren et Ferrari étaient en deuxième division au Castellet"
22/06/2021 À 15:36