Grand Prix de Grande-Bretagne | Dix secondes de pénalité : Oscar Piastri (McLaren) a-t-il été lésé ?
Par Julien Pereira
Mis à jour 08/07/2025 à 09:47 GMT+2
C'est une sanction qu'Oscar Piastri a eu beaucoup de mal à digérer. Et qui a beaucoup fait parler. Dimanche, au Grand Prix de Grande-Bretagne, le pilote McLaren a écopé de dix secondes de pénalité pour un freinage jugé "erratique". Il y a trois semaines, au Canada, George Russell avait lui conservé sa victoire malgré un incident présentant quelques similarités... mais aussi de grosses différences.
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L'incident, et ses conséquences, ont donné de l'eau au moulin de tous ceux qui estiment que les pilotes britanniques bénéficient d'un traitement de faveur. Dimanche, au Grand Prix de Grande-Bretagne, Oscar Piastri a écopé d'une pénalité de dix secondes pour avoir écrasé sa pédale de frein derrière la voiture de sécurité, contraignant Max Verstappen à dévier sa trajectoire, et à le doubler, pour éviter un contact.
Il y a trois semaines, au Canada, une action similaire avait poussé Red Bull à déposer une réclamation après un freinage de George Russell, également derrière la voiture de sécurité. Là, les commissaires avaient décidé de classer l'affaire sans infliger la moindre sanction au vainqueur du Grand Prix. Y a-t-il donc deux poids, deux mesures ? Pas tout à fait. Les deux situations présentent plusieurs différences majeures.
218 à 52 km/h
Au Canada, le régime de voiture de sécurité était toujours en vigueur au moment où George Russell a freiné et surpris Max Verstappen. À Silverstone, il venait d'être levé. Oscar Piastri a plusieurs fois répété avoir freiné au moment où le signal lumineux de la voiture de sécurité s'est éteint. Ce n'est en réalité pas tout à fait vrai (il s'est éteint un court instant avant le freinage), ce qui ne veut pas dire que l'Australien est de mauvaise foi : la visibilité était réduite et le pilote McLaren n'avait pas forcément les yeux rivés sur la voiture pilotée par Bernd Mayländer.
Un second facteur important concerne la manière avec laquelle Piastri a écrasé sa pédale de frein. Dans son communiqué, la FIA a révélé les données télémétriques de la manœuvre effectuée par le leader du Championnat du monde. Au milieu de la ligne droite séparant les virages 14 et 15, la McLaren n°81 est passée de 218 à 52 km/h avec une pression de frein de 59,2 psi. À titre de comparaison, celle de Russell à Montréal était quasiment deux fois moins brusque.
Cette donnée a pesé extrêmement lourd dans le jugement des commissaires puisque la manière "erratique" est un facteur aggravant. "L'article 55.15 du règlement sportif de la FIA exige que la voiture n°81 [de Piastri, NDLR] avance à un rythme n'impliquant aucun freinage erratique ni aucune autre manœuvre susceptible de mettre en danger les autres conducteurs à partir du moment où les feux de la voiture de sécurité sont éteints, peut-on lire dans le communiqué de la FIA. Ce qu’a fait la voiture n°81 constituait clairement une violation de cet article."
Piastri avait déjà fait le coup, mais...
Les circonstances ont aussi joué un rôle. Au Canada, le ciel était dégagé alors qu'à Silverstone, la visibilité a longtemps été considérablement réduite en raison de la pluie et des projections d'eau. "Apparemment, on ne peut plus freiner derrière la voiture de sécurité, s'est agacé le pilote australien après la course. Je l'avais fait cinq tours auparavant, pourtant."
Sur ce point, les données télémétriques démontrent effectivement que Piastri avait effectué une manœuvre similaire lors du premier régime de voiture de sécurité (208 km/h à 50 km/h). Verstappen avait également failli le dépasser. Mais ce n'était pas au même endroit sur le tracé et les feux de la voiture de sécurité n'étaient pas encore éteints. Différences notables.
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La sévérité de la sanction, à savoir dix secondes de pénalité que Piastri a dû purger lors de son dernier passage au stand, a également été beaucoup discutée. Y compris par... Max Verstappen. "Dix secondes, c'est vraiment extrême, a-t-il confié à Viaplay. Mais bon, ce n'est pas moi qui fais les règles." Mais il s'agit simplement d'une application pure et dure du règlement, puisque le barème prévoit effectivement cette sanction pour ce type de cas.
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