Grand Prix de Hongrie - "Mon tour en Q3 n'était pas mon meilleur" : opportuniste, Lando Norris retrouve la lumière et annonce la couleur
Publié 25/07/2026 à 20:14 GMT+2
Peu vernis jusqu'ici, Lando Norris a signé la pole position du Grand Prix de Hongrie pour douze millièmes de seconde face à Lewis Hamilton, sa première en 2026, ce samedi. Une performance accueillie avec joie par le champion du monde en titre, qui profite des améliorations apportées par McLaren au Hungaroring. Lesquelles pourraient redistribuer les cartes pour la deuxième partie du championnat.
Audi s'installe derrière les quatre grands : décryptage d'une montée en puissance
Video credit: Eurosport
Une surprise. C'est le terme qui est le plus revenu au moment de décrire la pole position décrochée par Lando Norris (McLaren) sur le Hungaroring cet après-midi, la première pour un pilote non-Mercedes en 2026. S'il avait été le plus rapide en FP3, le Britannique devait composer avec des Ferrari particulièrement à l'aise dans les parties sinueuses du tourniquet hongrois, et donc favorites des qualifications.
Mais le champion du monde a déjoué les pronostics en soufflant la première place à Lewis Hamilton pour seulement 12 millièmes de seconde. Un écart infime, le plus serré de la saison. "Je suis très heureux d'être de retour au sommet", s'est amusé le poleman, qui n'avait plus dominé le tour chronométré depuis le Grand Prix de Las Vegas en novembre 2025. La séance n'a pas été simple. Ces gars-là (Ferrari) étaient très rapides. Ç'a été serré tout le week-end, mais nous avons semblé rapides dès les premiers tours."
Digestion difficile du titre
En pole pour la deuxième fois de sa carrière en Hongrie (2024), Lando Norris vivait jusqu'ici une saison post-titre compliquée. Cinquième au classement des pilotes après dix Grands Prix, le champion du monde 2025 peine à exister derrière des Flèches d'argent à l'appétit gargantuesque. Et face à la concurrence accrue de Ferrari, deuxième force du plateau, il doit généralement se contenter des miettes : deux podiums en course à Miami et à Barcelone, et une troisième position au Canada comme meilleur résultat en qualifications. C'est peu, pour lui comme pour son coéquipier Oscar Piastri, tombé aux oubliettes.
Une chute de résultat terrible qui s'explique de plusieurs manières. En retardant volontairement le développement de sa MCL40 pour sécuriser le championnat des pilotes jusqu'au bout, McLaren a hypothéqué son début de saison dans une année de révolution règlementaire. Cliente de Mercedes, l'écurie de Woking a mis du temps à comprendre le nouveau moteur allemand et à le synchroniser avec son propre châssis.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/25/image-beb36909-06e5-4902-8b05-88727cee1141.jpeg)
Lando Norris (McLaren)
Crédit: Getty Images
Les difficultés se sont multipliées dès les premières courses, et Norris en a logiquement pâti avec trois abandons en six manches, soit autant que durant toute sa saison 2025. Outre l'alerte électrique ayant empêché les pilotes McLaren de prendre le départ en Chine, le Britannique a également jeté l'éponge au Canada pour un souci de boîte de vitesse. Rebelote deux semaines plus tard à Monaco, à cause d'un problème de batterie... fournie elle-aussi par Mercedes. Cette même batterie, changée pour la quatrième fois sur sa monoplace le week-end dernier à Spa-Francorchamps, lui a valu une pénalité de dix places et une remontée jusqu'à la septième position en Belgique, son "pire" résultat de l'année.
McLaren ne se sent pas favorite... pour le moment
Autant dire qu'il était utopique d'imaginer une McLaren venir titiller les Flèches d'argent en qualifications avant Charles Leclerc, Hamilton, voire Max Verstappen dans un bon jour. Même Andrea Stella n'y croyait qu'à moitié. "C'est une belle surprise, reconnaissait le directeur de McLaren. Nous avions apporté quelques évolutions ici, et nous avons vu qu'elles fonctionnaient bien. Nous avons gagné quelques dixièmes sur la voiture, mais nous n'avions jamais pensé que cela suffirait pour placer la voiture en pole."
Une manière de signifier que Norris a tiré la quintessence du nouveau package aérodynamique introduit sur sa monoplace, lui qui a conclu les trois segments des qualifications à la première place. "C'est clairement un circuit où vous avez envie d'être en pole, poursuivait l'intéressé au micro du promoteur. J'étais en confiance durant toute la journée, même si je suis un peu surpris de finir en pole, car mon tour en Q3 n'était pas mon meilleur." Seul pilote du trio de tête à progresser sur sa dernière tentative, l'opportuniste Norris a profité du pari manqué d'Hamilton, sorti trop tôt des stands pour son second run et des drapeaux jaunes ayant pollué la fin de la séance de certains de ses concurrents.
Interrogé sur ses chances de victoire dimanche, le natif de Bristol est resté mesuré : "Je suis dans la meilleure position possible, c'est sûr, mais les pilotes derrière moi font des bons départs depuis le début de la saison. Je m'attends à une course difficile." Évoquant la stratégie pneumatique des représentants de la Scuderia, qui ont bouclé toute la Q1 en pneus médiums, il se montrait impatient "de voir avec quel pneu ils partiront" : Les Ferrari sont peut-être dans une situation légèrement plus favorable sur certains points, mais nous avons fait le travail aujourd'hui, et on va faire en sorte de bien se préparer."
Dans le garage McLaren, on se garde toutefois bien de sauter au plafond, même après la pénalité de trois places infligée à Hamilton après la séance de qualifications. Leclerc récupérant la deuxième position de son coéquipier, la menace rouge est toujours intacte. "Honnêtement, les Ferrari restent les favorites dimanche, tranchait Stella. Je pense qu'elles ont laissé un peu de performance en piste. Nous tirons des indications encourageantes de ce résultat, mais nous restons réalistes. Il y a encore beaucoup de travail devant nous pour être régulièrement à la position où nous sommes aujourd'hui."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité