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Grand Prix de Las Vegas | Carlos Sainz pénalisé, Ferrari face à la dégoûtante injustice
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Publié 18/11/2023 à 11:59 GMT+1
Impressionnante en qualification et capable de dominer Max Verstappen, Ferrari aura une vraie chance de victoire avec Charles Leclerc, dimanche à Las Vegas. Mais la pénalité injuste infligée à Carlos Sainz, après l'incident de la plaque d'égout jeudi soir, limite ses options. Alors, forcément, la Scuderia a du mal à digérer. Avec Mercedes, la lutte fait aussi des dégâts.
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Video credit: Eurosport
De Dallas à Las Vegas en passant par l'Est, la F1 est un univers impitoyable. Elle s'est attachée à le rappeler jeudi (sur le créneau américain) avec un certain panache. Les spectateurs ont été renvoyés chez eux sans ménagement - mais avec un bon d'achat - privés de la deuxième séance d'essais après avoir pourtant patienté plusieurs heures dans le froid. Autre grande victime de la plaque d'égout volante, Ferrari, elle, a été traitée comme coupable.
Après l'incident qui a mis la monoplace de Carlos Sainz hors d'usage dès les premiers tours de roues sur le célèbre Strip, la Scuderia a fait l'inventaire de toutes les pièces endommagées par l'élément éjecté de la piste. Il y a eu du boulot : châssis, fond plat, bloc propulseur, batterie...
Les remplacements de toutes ces pièces sont largement encadrés par le règlement technique et des quotas sont imposés pour l'ensemble de la saison. Ce, afin de garantir une certaine élite de la performance et de sanctionner les écuries défaillantes sur le plan de la fiabilité, ou les pilotes pas suffisamment soigneux avec leur matériel.
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Leclerc malchanceux ? Le fact-checking
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Problème : Carlos Sainz et Ferrari avaient déjà atteint le quota de batteries autorisées pour une saison, à savoir deux. Remplacer celle qui a été endommagée par le couvercle de valve d'eau jeudi soir a donc automatiquement entrainé une pénalité de 10 places sur la grille de départ pour l'Espagnol. "Pour quelque chose dont je ne suis pas responsable, a-t-il insisté après coup. Je n'ai fait aucune faute et l'équipe non plus."
Une injustice absolue qui a sérieusement agacé Frédéric Vasseur à l'issue de la première journée. Et l'amertume ne s'est pas atténuée lors de la deuxième. "Je suis énervé parce que personne n'est venu nous voir pour nous dire 'on est désolé de ce qui se passe, désolé pour vos mécanos qui ont travaillé 24 heures d'affilée, désolé pour les 2,5 millions et demi que ça va vous coûter.' Rien, personne, a confié le dirigeant français sur Canal+. Et je suis encore plus énervé quand, à la fin, on nous met une pénalité de dix places pour quelque chose [le changement de batterie, NDLR] qui n'est même pas un avantage pour nous et qui n'est pas de notre fait."
Le patron de l'écurie italienne a fait son job : il a fait appel, comme l'autorise le règlement, pour tenter d'obtenir une dérogation et faire annuler cette pénalité. "Au départ, les commissaires nous ont dit que c'était bon, a-t-il certifié. Le délégué technique aussi."
Alors, que s'est-il passé ? Dans leur compte-rendu, les commissaires précisent que "s'ils avaient eu le pouvoir d'accorder une dérogation dans ce qu'ils considèrent dans ce cas comme des circonstances atténuantes, inhabituelles et malheureuses, ils l'auraient fait, mais la réglementation ne permet pas une telle action."
Un veto de Mercedes ?
Ce drôle de revirement de situation a rapidement été éclairci par David Croft. Le journaliste de Sky Sports a vite sous-entendu que Mercedes, écurie rivale de Ferrari au championnat, avait mis son veto pour empêcher une telle dérogation, au contraire des huit autres équipes. Avant le Grand Prix de Las Vegas, vingt points séparent la firme allemande du Cheval Cabré au classement des Constructeurs. Où plusieurs millions d'euros se jouent.
Mercedes a rapidement démenti cette thèse auprès de la chaîne britannique mais à écouter les réactions des uns et des autres, elle n'est peut-être pas si saugrenue. "Je ne sais pas ce qui s'est passé, si c'est l'opération du Saint-Esprit, le vent qui a tourné ou une autre équipe qui s'est plainte, mais clairement la décision a changé", a ajouté Vasseur, pourtant ami de... Toto Wolff, patron de Mercedes.
Carlos Sainz, lui, n'a pas dit autre chose : "Je suis dans ce sport depuis assez longtemps pour comprendre ce business, a-t-il lâché. Il y a beaucoup d'argent en jeu au classement des Constructeurs. [...] Je suis énervé mais pas surpris du tout par la situation et par ce sport, honnêtement."
Max Verstappen, souvent le premier à mettre les pieds dans le plat, a exposé un point de vue tout aussi explicite. "Les équipes ne devraient pas avoir leur mot à dire sur ce genre de choses, a-t-il lâché en conférence de presse après la qualification samedi. Parce qu'elles voteront toujours contre. C'est très dur pour Carlos. Dans cet environnement politique, chacun ne pense qu'à soi-même." Réponse de Sainz, installé juste à côté de lui sur le canapé : "J'ai beaucoup de choses à ajouter mais je tente de me canaliser."
La qualification n'a certainement pas fait retomber la pression. Dominante, Ferrari a positionné ses deux pilotes en haut de la fiche. Elle s'était donc mise dans les conditions idéales pour battre Max Verstappen à la régulière, sur un tracé qui lui est favorable.
Sans Carlos Sainz, relégué donc au douzième rang, les possibilités stratégiques seront forcément bien moins nombreuses. Dimanche, l'Espagnol s'élancera sur la file des positions paires, juste derrière... Lewis Hamilton (Mercedes). Avec le couteau entre les dents.
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Frédéric Vasseur, patron de l'écurie Ferrari, à Las Vegas
Crédit: Getty Images
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