Grand Prix de Las Vegas | Max Verstappen, quatre titres, tous différents
Par Julien Pereira
Mis à jour 24/11/2024 à 18:16 GMT+1
Couronné à Las Vegas, Max Verstappen (Red Bull) fait désormais partie du cercle très fermé des quadruples champions du monde. Mais le palmarès du pilote de 27 ans a quelque chose de particulier : ses quatre titres sont tous très différents. Cette saison, le Néerlandais a réussi à conserver son bien malgré une monoplace bien moins dominante.
Max Verstappen et Red Bull fêtent le quatrième titre du Néerlandais, acquis à Las Vegas
Crédit: Getty Images
2021 : le titre épique
De tous les titres de Max Verstappen, celui-ci est et restera sans doute le plus mémorable. Parce qu'il a été décerné au terme d'un Grand Prix d'Abu Dhabi dont on parle encore aujourd'hui, dans un scénario hitchockien et dans la polémique. Mais aussi, et surtout, parce que le Néerlandais a bataillé tout au long de la saison avec l'un des géants de cette discipline. Rarement, dans toute l'histoire de ce sport, deux pilotes avaient été capables d'élever leur niveau à de tels sommets, et simultanément, comme l'ont fait Verstappen et Lewis Hamilton.
Bien avant le final fou de Yas Marina, le duel a traversé de nombreux pics d'intensité, du Castellet à Silverstone, de Monza à São Paulo. Cette année-là, ces deux-là ont évolué à une telle hauteur qu'ils ont été capables de rendre marquantes plusieurs séances de qualification, ce qui était pourtant devenu une rareté avec l'évolution aérodynamique des monoplaces. Personne n'a oublié, par exemple, que Verstappen est passé à un virage (le dernier) de réaliser un tour de légende, à Djeddah, alors que Lewis Hamilton et Mercedes avaient repris le dessus sur le plan de la performance. Statistiquement, ce titre-là est le même que tous les autres mais sa valeur sportive (en tenant compte de l'entièreté de la saison), symbolique et historique est immense.
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"Verstappen n'a pas besoin d'apprendre, il comprend tout directement" : Waché subjugué
Video credit: Eurosport
2022 : le titre mathématique
Ceux qui ont la mémoire épisodique n'ont sans doute retenu qu'un Grand Prix de cette cuvée 2022 : celui du Japon, au bout duquel Max Verstappen s'est adjugé un deuxième titre... sans vraiment en être certain. Et au bout du chaos. La précarité des conditions climatiques avait engendré une première (longue) interruption de la course, après trois tours. Elle avait finalement repris mais les pilotes n'avaient effectué que 28 boucles (sur 53) durant les trois heures de la durée maximale réglementaire d'un Grand Prix. À la sortie du drapeau à damier, personne ne savait donc combien de points avait empoché Verstappen, le règlement prévoyant des aménagements pour les épreuves amputées.
En réalité, ces spécificités ne s'appliquent qu'en cas de course interrompue définitivement par drapeau rouge, et non par la limite de temps. Le Néerlandais n'a donc pu célébrer son titre comme il l'aurait voulu puisqu'il n'a eu la certitude d'être sacré qu'une fois arrivée dans la "cool room", en interrogeant un officiel. "Vous êtes sûr ?", avait-il alors demandé. Une fin cocasse pour une saison qui avait débuté par plusieurs duels alléchants avec Charles Leclerc (Ferrari) avant de rapidement virer à la domination historique... à ce moment-là.
2023 : le titre hégémonique
Effectivement, jamais un pilote n'avait décroché quinze succès sur une même saison, comme Max Verstappen l'avait fait en 2022. C'était donc un record. Mais un record contestable, puisque le pilote Red Bull avait eu 22 Grands Prix pour atteindre ce total. Sebastian Vettel, en 2013 (13 victoires en 19 courses), Michael Schumacher en 2004 (13 en 18 manches) ou, en remontant à une autre époque, Alberto Ascari (6/8 en 1952) et Jim Clark (7/10 en 1963) avaient tous eu un meilleur ratio que lui. "Super Max" a donc décidé de mettre tout le monde d'accord, un an plus tard, en empochant pas moins de 19 succès en 22 Grands Prix.
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Verstappen rejoint déjà Senna, symbole de "l'accélération de l'histoire"
Video credit: Eurosport
Après deux premiers mois de compétition durant lesquels Sergio Pérez a opposé une vraie résistance, le Néerlandais, à son meilleur niveau, est rapidement devenu imbattable (excepté à Singapour) au volant de la RB19 qui restera l'une des monoplaces les plus performantes de l'histoire de cette discipline. Bien qu'elle ne soit sans doute pas la plus sexy pour une bonne partie des spectateurs, cette cuvée 2023 constitue tout de même un exploit sportif assez remarquable.
2024 : le titre diabolique
Un temps, on a bien cru que 2024 s'inscrirait dans la continuité. Après tout, même si les écarts sur ses rivaux n'étaient plus les mêmes, le pilote Red Bull avait dominé cinq des sept premiers Grands Prix de la saison. Mais Lando Norris a pointé le bout de son nez à Miami et a décidé de s'installer au premier plan. Petit à petit, la monoplace flanquée des taureaux rouges a reculé dans la hiérarchie de la performance alors que la McLaren, elle, a fini par devenir l'indiscutable référence. Pour Verstappen, c'est ce qui fait toute la saveur de ce quatrième titre : malgré les nettes difficultés rencontrées à mi-saison, le pilote de 27 ans est parvenu à rester compétitif, là où son coéquipier Sergio Pérez s'est complètement noyé.
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Steiner : "Si Verstappen avait été pénalisé à Austin, il n'aurait pas fait ça au Mexique"
Video credit: Eurosport
Tout cela grâce à son talent, son expérience, ses "mind-games" et sa capacité à exploiter les zones grises du règlement, flirter avec les limites ou... les dépasser outrageusement, quand cela peut lui permettre d'obtenir un avantage comptable. Un chiffre résume assez bien ce large constat : entre le Grand Prix d'Autriche, qui a lancé une longue période sans succès pour lui, et le Grand Prix de São Paulo, qui y a mis fin, Verstappen a engrangé 174 points. Sur la même période, Lando Norris n'en a récolté que sept de plus, malgré un vrai avantage de performance. Le Néerlandais ne manque pas de ressources. Personne n'a attendu 2024 pour le savoir. Mais vivement 2025.
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