Grand Prix des Pays-Bas | Tout ça pour ça ? Max Verstappen, une prolongation signée Mekies
Par Tristan HENRY
Publié 20/08/2026 à 19:55 GMT+2
Comptez toujours sur Max Verstappen pour surprendre. Alors que ses critiques envers la F1, son écurie et ses appels du pied vers d’autres disciplines sont constants depuis plusieurs années, le Néerlandais a en fin de compte décidé de rester chez Red Bull jusqu’en 2030. Et si tout cela n’avait été qu’un leurre ? Au-delà des apparences, la décision du Batave est logique de son point de vue.
Max Verstappen (l.) bleibt Red Bull treu
Crédit: Getty Images
Après ”Max champion du monde”, ”Max veut quitter Red Bull”, ”Max arrête la F1”, ”Max fait de l’endurance”, voici le numéro inédit ”Max reste finalement chez Red Bull”. Evidente sur le papier, la décision de Max Verstappen de prolonger dans l’écurie avec laquelle il a gagné quatre titres de champion du monde fait l’effet d’une bombe, tant le pilote avait manifesté des envies d’ailleurs, sur la pitlane ou en dehors. De quoi se demander à quel point ces atermoiements étaient sincères. Malgré les apparences, il serait délicat d’accuser le Batave d’un jeu de dupes : s’il prend cette décision c’est bien qu’il a changé d’avis. Et Laurent Mekies n’y est pas pour rien.
Rembobinons. Début 2025, les paddocks bruissent d’une rumeur folle. Déçu par une Red Bull en difficulté, et surtout en pleine guerre interne avec Christian Horner, Max Verstappen serait sur le départ. De Maranello à Woking, les cloches sonnent, et la combinaison du Néerlandais se décline sous toutes les couleurs sur des montages, même si le orange lui va si bien. Chez Red Bull, l’empoignade tourne en sa faveur. Horner est débarqué, Laurent Mekies prend les rênes. A l’issue d’une fin de saison incroyable, Verstappen est à deux doigts de rafler le titre, les démons semblent écartés.
Quand la logique devient surprenante
"Quand vous y réfléchissez, est-ce que cela vaut le coup? (...) Est-ce que je ne préfèrerais pas passer plus de temps avec ma famille, voir davantage mes amis, plutôt que de faire un sport qui ne me satisfait pas?" Prononcés en mars 2026, ces mots de Verstappen ont relancé le débat. Dégoûté par le nouveau règlement et des monoplaces qu’il a comparé à "Mario Kart", ou à une "Formule E sous stéroïdes", le Batave paraissait prêt à quitter non seulement Red Bull mais surtout la F1. Participation aux 24h du Nürburgring, rencontre avec Zak Brown, le directeur de McLaren, et surtout, départ de Gianpiero Lambiase à Woking, les étoiles semblaient alignées.
Patatras. Ou plutôt Eureka, dans la perspective de Red Bull et de Mekies. Verstappen reste, et même, il prolonge jusqu’en 2030. "Travailler avec Laurent depuis maintenant plus d'un an a également été formidable. Je vois clairement la vision qu'il a pour l'équipe. Tout le monde à Milton Keynes croit en ce que nous sommes en train de construire et j'attends avec impatience le prochain chapitre". De la complicité affichée par les deux larrons sur la vidéo d’annonce à cette phrase du Néerlandais dans le communiqué ressortent ce qui est un secret de polichinelle : la décision de Verstappen est intrinsèquement liée à la qualité de sa relation avec le Français.
Surtout, et malgré la contradiction apparente avec ses prises de position précédentes, ce choix relève d’une logique implacable. Verstappen sait ce qu’il veut, et quand il l’obtient, il prend des décisions en conséquence. Il ne voulait plus de Horner ? Quand Mekies est arrivé, il a calmé le jeu. Il n’aime pas les monoplaces 2026 ? Il a affirmé rester en 2027 une fois l’annonce de la modification du règlement moteur passée. Il avait un contrat à signer ? Il a testé l’eau avant de rester au bercail.
La fin du feuilleton, pour l'instant
S’il y a bien une qualité que l’on ne peut pas retirer au pilote, c’est sa franchise parfois désarmante. Ses hésitations sur la F1 ne datent pas de 2026. "Je ne me vois pas rouler jusqu'à mes 40 ans. Au-delà, cela dépendra de comment se passent les choses. Je tenterai de m'essayer à différentes disciplines en sports mécaniques, car c'est important", avait-il déclaré en 2022. "Je ne me vois pas faire 200 courses de plus" prévenait-il encore en 2024.
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Leclerc gâche-t-il ses pole positions ?
Video credit: Eurosport
Là encore, il pourrait paraître contradictoire de le voir s’engager jusqu’en 2030, lorsqu’il aura tout de même 33 ans. N’est-il pas pourtant logique, quand on cherche comme lui le plaisir plutôt que l’argent de rester à un endroit où il est chez lui ? Avec Mekies à Milton Keynes, Max a ses habitudes. Il sait qu’il pourra faire des courses d’endurance s’il le souhaite, et il a une latitude qu’il n’aurait eu nulle part ailleurs. Enfin, si le timing surprend, il donne l’avantage d’attaquer sereinement la deuxième partie de saison, et de rassurer pleinement la foule orange qui va se masser à Zandvoort pour le Grand-Prix des Pays-Bas ce week-end.
N’oublions pas non plus qu’en signant jusqu’en 2030, il n’a finalement prolongé que de deux ans par rapport à son contrat qui courait jusqu’en 2028. Vraie marque de confiance et de reconnaissance envers Mekies, cette prolongation ne l’emprisonne pas non plus; en sachant que l’existence ou non d’une clause de départ n’a pas été communiquée encore. Quand on est Max Verstappen, on peut partir un peu quand on veut. S’il était en mesure d’agiter les paddocks en 2025 pour une fin de contrat en 2028, le feuilleton pourra reprendre s'il le désire. Et s’il lui venait vraiment l’envie définitive de raccrocher un jour, qui, contrat ou non, pourra le forcer à aller derrière son volant ?
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