La note : 2/5

Le suspense n'aura duré que 9 tours, le temps pour Max Verstappen (Red Bull) de passer Charles Leclerc (Ferrari). Les bagarres pour les accessits n'ont malheureusement pas suffi à faire de cette course un événement qui comptera à l'heure du bilan sportif. Certainement plus intéressante qu'Imola, mais moins que les trois premiers actes.
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10/05/2022 À 15:42

Le vainqueur : Max Verstappen (Red Bull)

Le Néerlandais a sorti la grosse panoplie pour faire plier à lui seul les Ferrari, rivées comme à la parade en première ligne. Une nouvelle fois en mode "Super Max" : au départ pour se glisser sans heurts devant Carlos Sainz, puis au 9e tour pour signifier à Charles Leclerc qu'il pilotait dans une autre ligue.
Pourtant, tout restait à faire, et il a fait la différence en gérant la température de ses pneus. Red Bull lui avait assigné un objectif très clair de ce point de vue, et c'est ce qui a fait la différence après sa prise de pouvoir. Son ingénieur Gianpiero Lambiase l'a félicité pour ça au 13e tour. "Tu fais un excellent boulot avec l'avant droit", lui a-t-il dit. En maîtrisant la température de ses pneus, spécialement celle de l'avant droit, très sollicité dans le virage n°7, il s'est envolé.
En deux week-ends de course, il a marqué 60 points et réduit son retard sur Leclerc de 46 à 19 points.

Le battu : Charles Leclerc (Ferrari)

Le Monégasque s'est bien battu, il n'avait probablement pas les armes pour rester devant la RB18 n°1 mais il a précipité lui-même sa perte sur une nouvelle erreur, beaucoup moins visible qu'à Imola, certes, mais dont les conséquences ont été définitives. C'est en perdant l'avant de sa F1 75 au virage n°17, au 8e tour, qu'il s'est placé dans le viseur de Max Verstappen. Doublé au début du tour suivant, il est sorti de la zone DRS du Batave au 10e passage. Fin de l'histoire, ou presque
La voiture de sécurité lui a donné une chance de challenger le leader, qu'il n'a pu saisir faute de DRS actif. Pas chanceux en termes de timing, mais lucide sur les insuffisances de sa Ferrari, bien en "dur" mais trop inconstante avec les "medium" ou les "tendre".

L'autre battu : Carlos Sainz (Ferrari)

L'Espagnol n'a pas rempli son rôle de coéquipier en se faisant piéger de façon un peu triviale par Max Verstappen sur le premier freinage. Il aurait pu rendre service à son leader en bloquant le Batave, et c'est quand même ce que Ferrari attend de lui dorénavant.
Pas verni au stand (5"4 d'arrêt en raison d'une roue avant droite difficile à visser), il aurait perdu sa troisième place si Sergio Pérez n'avait de son côté été ralenti par une perte de puissance.

Le puni : Fernando Alonso (Alpine)

Premier pilote hors des points suite à deux pénalités de 5 secondes (accident et dépassement hors-piste) , le vétéran espagnol n'a cette fois pas été touché par la malchance mais il a gâché une belle opportunité en payant son attaque hasardeuse sur Pierre Gasly (AlphaTauri) qui a conduit au retrait du Français. Une faute arrivée après un premier contact avec Lewis Hamilton, au départ.
Le double champion du monde avait pourtant bien commencé, en gagnant 4 places dans le premier tour. Dommage.

Le maudit : Pierre Gasly (AlphaTauri)

La déclaration de Christian Horner, le boss de Red Bull, à propos de la reconduction probable de Sergio Pérez en 2023, ne lui avait sans doute pas échappé, et il comptait sur sa belle qualification pour se montrer. Malheureusement, le vainqueur du Grand Prix d'Italie 2020 a croisé la route de Fernando Alonso (Alpine), et plus violemment ensuite celle de Lando Norris (McLaren). "C'est une grande déception", a-t-il lâché. Effectivement, il ne compte que 6 points contre 10 à son coéquipier Yuki Tsunoda.

L'attaquant : Esteban Ocon (Alpine)

De dernier à huitième : parti en "dur", le vainqueur du Grand Prix de Hongrie 2021 a été récompensé par l'excellente gestion de ses pneus, qu'il a échangés pour d'autres "dur" lors de la neutralisation. Tout ça après le choc à 51G qui l'avait privé de qualification. "Quelle course !, a-t-il déclaré. Un grand merci à l'équipe pour tout le travail accompli pendant la nuit et destiné à remettre en état ce qui n'était plus qu'une voiture très endommagée après le gros accident que j'ai subi en essais libres samedi. Ce sont eux les vrais héros du week-end. Pour moi, repartir avec des points en poche après m'être élancé du fin fond de la grille, c'est assez génial. Je repars heureux après une journée très difficile hier."

Le bonus : Le show

Un décor par certains côtés décalé, des effets parfois surjoués mais une vraie ambiance qui ont donné le sentiment que la F1 avait enfin conquis le public américain. Inimitable, le Grand Prix de Miami s'est fait une place à tout point de vue dans le calendrier. Jusqu'à la cérémonie du podium. On avait eu les Stetson "Pirelli" pour la première à Austin en 2012, on a eu droit aux casques de foot US pour l'entrée en scène de Sainz, Leclerc et Verstappen à Miami. Rafraîchissant !
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Le malus : Mercedes et Lewis Hamilton

Fins de séries. L'écurie allemande avait gagné sur tous les nouveaux circuits depuis 2014. Le pilote britannique (P6) avait toujours fini ses courses aux Etats-Unis dans le top 4.

Le chiffre : 3

Max Verstappen est le premier pilote vainqueur aux Etats-Unis à s'élancer au-delà de la 1re ligne (P3) depuis Michael Schumacher en 2005.

La décla : Tom Garfinkel, promoteur du Grand Prix

La surface elle-même, nous l'évaluons. Nous voulons être sûrs de bien faire les choses, car si les pilotes ne peuvent pas sortir de la trajectoire en course, il n'y aura pas autant de dépassements et ce n'est pas ce que l'on souhaite.
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