0-25-0-25-25. Pour ceux que la série à succès Lost a tenu en haleine des années durant, une suite telle que celle-ci peut raviver des mauvais souvenirs. Pour Max Verstappen, puisque c'est de lui dont il s'agit, elle dit à la fois tout du travail qu'il reste à faire sur sa machine et tout de l'écart entre lui et ses, ou plutôt son adversaire pour la couronne mondiale : Charles Leclerc. Si le Monégasque sait ce que c'est d'affronter le Néerlandais pour l'avoir fait en karting, il y a une chose qu'il n'a pas encore : l'assurance du champion du monde.
De l'œuf ou de la poule, on pensera tout de même que c'est parce qu'il a mûri que Max Verstappen est devenu champion du monde, au nez et à la barbe de l'un des deux plus grands champions de ce sport, Lewis Hamilton. Avec un peu de réussite dans l'extrême finalité, celle que le monde a gardé en mémoire bien sûr, mais surtout une maîtrise de lui-même et des événements sans cesse en progression. Prendre les bonnes décisions au bon moment est dans l'ADN du pilote, le faire face aux meilleures voitures et aux rivaux les plus coriaces, dans celui du champion.
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Verstappen a fait voler en éclats la stratégie de Ferrari

Prenez le départ par exemple. Max Verstappen l'a admis, celui-ci était une source d'inquiétude pour lui. Embêté par des problèmes vendredi, il n'avait, selon son propre aveu, pas pu faire de procédure de départ. Et pourtant son envol fut clinique. Suffisamment meilleur en tout cas que celui de Carlos Sainz pour pouvoir se porter à sa hauteur à l'orée du premier virage. Son talent pour doubler à l'extérieur et hors trajectoire a fait le reste. Mattia Binotto, le boss des Rouges, avait évoqué une "stratégie d'équipe" avec ses deux voitures sur la première grille ? "Max la Menace" l'a fait voler en éclats.
La première partie de son plan venait de fonctionner à plein. Lové ensuite pendant quelques tours à une seconde, plus ou moins, de la Ferrari numéro 16, Verstappen a attendu son heure. Il savait qu'il n'aurait d'ailleurs pas à patienter trop longtemps. "J'essayais de pourchasser Charles, j'ai vu qu'il était en difficulté avec son pneu avant droit et j'ai tenté, remettait-il dimanche soir dans l'étouffante chaleur floridienne. Je suis arrivé à le doubler et ça a vraiment tout changé pour la course : j'ai pu creuser l'écart."

La petite faute de Leclerc, la partition parfaite de Max

Leclerc l'a avoué, sa Ferrari souffre avec les "medium" sans que les cerveaux de Maranello parviennent réellement à comprendre pourquoi d'ailleurs. La chance de Verstappen se trouvait donc dans ce premier relais. "En pneus 'dur', nos chronos étaient très similaires, leur rythme un peu plus rapide que le nôtre", a même reconnu le Néerlandais après la 23e victoire de sa carrière. Seulement fallait-il trouver la bonne opportunité, ne pas se jeter trop vite dans une petite ouverture au risque de tout perdre, ce qu'il a parfois fait, ce qu'on lui a aussi beaucoup reproché.
Elle est intervenue à la fin du 8e tour et au début de la boucle suivante. Dans la zone DRS de Leclerc, Verstappen a profité d'une petite erreur de son rival pour se rapprocher encore un peu devant les stands, suffisamment pour que le double avantage du DRS et d'une Red Bull réglée pour filer en ligne droite, lui permette de prendre les commandes. Cette faute de Leclerc, même si on peut demander si la dégradation excessive de ses gommes en était la cause, Verstappen, tout à sa sérénité, ne l'aurait sans doute pas commise.
Il en a d'ailleurs apporté la preuve plus tard dans le premier Grand Prix de Miami de l'histoire. Quand le crash Gasly-Norris a envoyé la voiture de sécurité en piste et effacer le matelas de sept secondes qu'il s'était assuré, l'issue de la course devenait tout de suite plus incertaine. Bien meilleur en gommes "dur", Leclerc se retrouvait dans ses échappements mais la relance de Verstappen fut parfaite. Tout comme il le fut pendant quelques tours pour repousser définitivement la menace rouge.

Comme Hamilton

Bien sûr la vitesse de pointe de sa Red Bull l'a aidé à résister mais lui n'a jamais commis la moindre petite erreur pour faire croire à un adversaire, pourtant pointé seulement à quelques dixièmes, qu'un nouveau renversement de situation était possible. Et si sa RB18 était si létale en ligne droite, c'est qu'il l'avait voulue ainsi parce qu'il avait compris que le sort de sa course se jouerait là.

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En somme, Max Verstappen a fait du Lewis Hamilton. Même embêté vendredi, même retardé dans sa préparation de la course, même trop court pour vraiment briller en qualification, il a tour à tour assuré l'essentiel pour s'élancer troisième, effacé un rival qui aurait pu se montrer gênant et profité d'un bon choix de réglages en même temps qu'il a mis en musique la stratégie de son équipe à la perfection. Charles Leclerc a beau mener le Mondial de 19 points, le patron se trouve toujours dans un box Red Bull et le faire vaciller s'annonce autrement plus difficile que de profiter du manque de fiabilité de sa voiture.
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