GP de Miami - Rossé par Kimi Antonelli, en difficulté à Miami, préoccupé par les progrès des rivaux : George Russell s'est-il embourbé dans la crise ?
Mis à jour 03/05/2026 à 17:21 GMT+2
Dominé trois fois en quatre qualifications par Kimi Antonelli cette saison, George Russell est en train de sombrer face à la nouvelle star de Mercedes. Censé incarner le leadership chez les Flèches d'argent, le Britannique subit actuellement la situation, tant sur la piste qu'au classement des pilotes. Mais il peut encore s'inspirer du retournement de situation de Lando Norris en 2025 et espérer.
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Video credit: Eurosport
La coupure forcée n'aura pas eu raison de sa remarquable dynamique. Pilote le plus rapide de la séance de qualifications du Grand Prix de Miami, samedi soir, Kimi Antonelli (Mercedes) continue d'impressionner son monde. A 19 ans, le plus jeune leader du Mondial marche ni plus ni moins sur les traces d'Ayrton Senna et de Michael Schumacher : à l'instar des deux légendes de la F1, il a décroché les trois premières poles de sa carrière lors de trois courses consécutives. En Floride, l'Italien a relégué George Russell à la cinquième place, à près de neuf dixièmes de seconde, soit le plus grand écart de la saison entre les deux Flèches d'argent.
C'est la première fois de l'année que le Britannique se fait battre à la régulière par son coéquipier en qualifications, sans circonstance particulière qui vienne brouiller la lecture comme ce fut le cas à Shanghai (aileron cassé en Q2 puis panne de boîte en début de Q3) et à Suzuka (erreur de Mercedes dans les changements de réglages de la monoplace #63). À sa décharge, Russell a été assez transparent depuis le début du week-end sur ses difficultés à Miami. "C'est un circuit que je n'ai jamais vraiment aimé, pour être honnête, surtout avec ces conditions plus chaudes", a-t-il déclaré vendredi soir après des qualifications Sprint achevées au sixième rang, déjà à quatre dixièmes de son voisin de garage.
Préoccupé par le resserrement de la hiérachie...
GR63 a développé sa pensée le lendemain, en réaction à la pole position d'Antonelli : "Je suis un pilote assez fluide et précis, ça a toujours été mon style. Sur ces circuits, il faut accepter que la voiture glisse. J’aime être à la limite, mais ici, vous êtes constamment en survirage, en sous-virage. C'est comme si vous aviez des pneus usés de 200 tours sur votre voiture et que vous tourniez en glissant et avec du sous-virage." Des conditions de faible adhérence qui conviennent bien mieux à son jeune coéquipier, plus instinctif et audacieux.
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George Russell durante la Sprint del GP Miami - Mondiali 2026
Crédit: Getty Images
Un diagnostic aussitôt confirmé par Toto Wolff, qui a utilisé une métaphore assez parlante en comparant ses deux pilotes à des joueurs de tennis dont les surfaces de prédilection diffèrent. Le patron de Mercedes a ajouté que Russell "avait rattrapé son retard tout au long des qualifications". Une manière polie de dire que l'Anglais - censé incarner l'expérience et le leadership chez les Flèches d'argent qu'il a rejoints en 2022 - n'était pas au niveau en Q1 (huitième temps) ni en Q2 (sixième temps).
Décevant en piste, Russell semble surtout préoccupé par la dynamique de développement de ce début de saison et les évolutions apportées en Floride par la concurrence. Alors que Ferrari, McLaren et Red Bull ont repris la piste avec de grosses mises à jour, Mercedes n'a pas répliqué dans les mêmes proportions et attendra Montréal, dans trois semaines, pour barder sa W17 de nouvelles pièces censées lui redonner un avantage dans la course aux titres.
... et par la nouvelle dimension d'Antonelli
"L'écart est plus grand que ce à quoi nous nous attendions. Ce n'est pas non plus une énorme surprise si on prend en compte les évolutions apportées par les autres équipes. Il aurait été naïf de notre part d'imaginer gagner toutes les courses tous les week-ends", a concédé Russell, particulièrement impressionné par le bond en avant de McLaren et Ferrari. Les progrès de ses adversaires n'ont pas tardé à se faire ressentir en piste : cinquième puis finalement quatrième du Sprint après la pénalité reçue par Antonelli, le Britannique a terminé à 13 secondes du vainqueur Lando Norris, avant d'être devancé sur la grille, quelques heures plus tard, par le champion en titre ainsi que par Max Verstappen et Charles Leclerc.
Même s'il estimait qu'une erreur dans le dernier virage de son ultime tentative lui a coûté trois dixièmes, Russell est bloqué dans l'ombre d'Antonelli depuis le début du week-end. Au coude-à-coude au classement général, les pilotes de la presque-invincible Mercedes se tiennent en sept points. Un écart insignifiant après trois courses dans une saison qui en compte 22, et qui ne permet nullement de tirer des conclusions sur les chances de titre de l'un au détriment de l'autre.
Russell est bien placé pour le savoir : vainqueur de la manche inaugurale en Australie, il avait été très vite désigné comme le grandissime favori à la succession de Norris, eu égard à son expérience. Depuis, le rapide et insouciant Antonelli a tout emporté sur son passage, et le rapport de force au sein de l'écurie allemande s'est inversé, s'éloignant totalement de ce qu'on avait imaginé il y a seulement deux mois. Le natif de King's Lynn peut toujours se rassurer en se rappelant la trajectoire de Norris en 2025 : dominé et distancé de 34 points fin août par Oscar Piastri, son jeune second, l'Anglais, longtemps moribond, avait renversé la table dans la dernière partie de saison pour s'assurer l'immortalité en F1.
À 28 ans, et alors que son baquet est régulièrement promis à Max Verstappen, George Russell sait que ce genre d'opportunité risque de ne plus se représenter dans sa carrière. "Je ne suis pas vraiment dans un bon rythme en ce moment, mais il est tôt et j'ai hâte d'arriver sur des circuits où je sais que j'excelle", a conclu Russell, tout en insistant sur sa volonté de maximiser le résultat sur une piste qui lui est défavorable. Avec la pluie qui est bien partie pour s'inviter à Miami, il n'est pas à l'abri d'une bonne surprise en course...
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