Max Verstappen l'avait confié il y a quelques années : toutes les victoires en Formule 1 ont la même importance pour lui, que ce soit au Grand Prix de Monaco ou au Grand Prix de Hongrie. Il avait peut-être forcé le trait, car il a particulièrement savouré celle qu'il a signée au terme d'un cavalier seul en Principauté, dimanche. Et qui a fait de lui un n°1 mondial pour la première fois de sa carrière. Le premier Néerlandais leader dans l'histoire du Championnat du monde de Formule 1, aussi. En effet, les déboires de Lewis Hamilton (Mercedes), sixième au départ et passé septième derrière son coéquipier Sergio Pérez, ont propulsé le pilote de la RB16B n°33 quatre longueurs devant le Britannique.
Le film de la course
"C'est si spécial de gagner ici, et, pour moi, c'est ma première fois sur le podium ici !", a-t-il lâché au micro de David Coulthard, à sa descente de voiture. "On veut toujours gagner ce Grand Prix. Je suis très fier d'être là, mais la saison va être encore longue. C'est une bonne base à partir de laquelle avancer."
Grand Prix de Monaco
La totale pour Verstappen
23/05/2021 À 14:42
"Ce fut une super course, a-t-il poursuivi. C'est une course sensationnelle et il faut faire beaucoup de tours ici. Il faut vraiment rester concentré. On ne sait jamais ce qui peut se passer. La clé était de garder les pneus sous contrôle. Les autres sont rentrés plus tôt, cela a donc rendu les choses plus faciles pour moi. J'avais à peu près tout sous contrôle."
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"Je ne me suis jamais senti sous pression"

Promu en pole position virtuelle suite au renoncement de Charles Leclerc (Ferrari) avant le départ, Max Verstappen s'est parfaitement élancé de la partie "sale" de la piste, où les bolides ne passent pas à longueur de temps. Ça n'avait rien d'évident car Valtteri Bottas (Mercedes), situé huit mètres dans son dos, les pneus posés sur la bonne trajectoire, où la gomme s'accumule au fil du week-end, était une vraie menace. Avec seulement 260 mètres à parcourir pour arriver au premier virage, le risque était faible, et il a fini de réduire le risque en positionnant sa machine en biais sur la grille. Au coup d'envoi, il a foncé sur sa droite, barrant la route du Finlandais pourtant excellement parti.
Décidé à déployer la panoplie du parfait prédateur, Max Verstappen a attaqué les 78 tours avec une piste dégagée, un véritable privilège dans les rues de la Principauté où suivre une auto engendre immanquablement une surchauffe du moteur et des pneus. "J'étais en mesure de gérer les pneus et tous ceux qui voulaient se rapprocher de moi tuaient leurs pneus, a-t-il confirmé à son media national, Ziggo Sport. Ça voulait dire qu'on avait de la marge. Je ne me suis jamais senti sous pression."

Leclerc ? "C'est de la chance et de la malchance"

En revanche, il a pu la percevoir au sein de son propre camp. Malgré la pole position virtuelle en poche, rien était acquis avec Valtteri Bottas en probable chasseur, et inspiré par les stratèges de Mercedes qui l'avaient déjà mis en échec à Sakhir et à Montmelo. Avec tout ça en tête, ses mécaniciens, pourtant les meilleurs du plateau en terme de rapidité d'intervention au stand, n'en menaient pas large...
"Ils étaient un peu nerveux avant la course, a confié Max Verstappen. Je leur ai dit : 'Du calme, vous savez que vous êtes bons. Vous savez quoi faire lors des pit stops et tout ira bien." Au 31e tour, l'abandon de Valtteri Bottas au stand, à cause d'une roue avant impossible à ôter, a fait retomber la pression, mais tout pouvait encore arriver, comme il y a cinq ans lorsque le pitcrew bleu marine avait envoyé Daniel Ricciardo du paradis en enfer. Mais au 34e des 78 tours, le ballet des lève-vite et pistolets pneumatiques a été réglé en 2"0 top chrono pour troquer les "tendre" contre les "dur" de Pirelli. Et après l'intermède assuré en tête par son coéquipier Sergio Pérez (Red Bull), il a retrouvé sa première place.
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A l'arrivée, il a insisté sur le fait que cette victoire n'avait rien du hasard, et qu'il n'avait pas volé sa première place sur la grille. "C'est de la chance et de la malchance", a-t-il estimé à propos du renoncement de Charles Leclerc avant le départ à cause d'un arbre de transmission cassé sur sa Ferrari. Un dommage indirect lié à l'accident en Q3 que le Monégasque a complètement assumé. "Il a provoqué un drapeau rouge samedi, autrement j'aurais été en pole position", a martelé Max Verstappen. Qui avait estimé samedi soir qu'à la place de Ferrari, Red Bull n'aurait pas transigé en changeant tout, par précaution. Quitte à prendre des places de pénalité, une situation qu'il avait bien connue du temps du moteur Renault.

Le vrai retour de Red Bull

Dimanche après-midi, Lewis Hamilton avait le visage fermé en zone mixte, peu enclin à s'exprimer sur la perte de son statut de leader du championnat. Sur la même longueur d'onde que son rival anglais, Max Verstappen a rappelé qu'il restait 18 courses au calendrier. Et qu'il avait profité d'une parenthèse en Principauté. "Nous devons nous assurer d'être compétitifs chaque week-end, a-t-il prévenu. Monaco peut livrer une image déformée de la réalité. Quand on va revenir sur des circuits normaux, Mercedes sera très rapide à nouveau. Nous devons continuer de travailler."
Il va aussi devoir gérer son nouveau statut, mais Red Bull va être là pour partager ce poids. Dimanche, le fils de Jos est devenu le quatrième pilote de la marque de boisson énergisante à l'emporter à Monaco après Mark Webber (2010, 2012), Sebastian Vettel (2011) et Daniel Ricciardo (2018), soit autant que Mercedes depuis 2010 mine de rien. Et il a aussi fait de RBR le leader du Mondial des constructeurs, une première depuis le dernier Grand Prix de 2013.
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