Grand Prix de Singapour - Pour le vainqueur Lando Norris (McLaren), la gourmandise a failli être un vilan défaut
Publié 22/09/2024 à 18:09 GMT+2
Lando Norris (McLaren) a décroché un troisième succès cette saison, dimanche à Singapour. Une victoire autoritaire, obtenue avec 20 secondes d'avance sur Max Verstappen. Le Britannique était tellement facile sur le circuit de Marina Bay qu'il est allé embrasser le mur à deux reprises, risquant de briser son aileron avant. Il a plaidé des "erreurs d'inattention" plutôt qu'un excès de confiance.
Lando Norris of Great Britain and McLaren celebrates in parc ferme during the F1 Grand Prix of Singapore at Marina Bay Street Circuit
Crédit: Getty Images
Il est actuellement le pilote le plus en forme de la grille, et il l'a prouvé en cueillant très autoritairement sa troisième victoire de la saison, ce dimanche. Lando Norris a remporté le Grand Prix de Singapour avec vingt secondes d'avance sur Max Verstappen, clouant le bec à ses détracteurs qui se moquaient de l'incapacité du poleman à boucler ses premiers tours à la première place.
Mais sa démonstration de force aurait pu mal se terminer sur le circuit urbain de Marina Bay. A deux reprises, le pilote McLaren a touché le mur alors qu'il était très largement en tête et pas du tout inquiété par la concurrence. "C'était une course incroyable, mais il s'en est fallu de peu. J'ai connu quelques moments un peu tendus, mais tout était sous contrôle. La voiture était incroyable, j'ai pu attaquer toute la course", a tenté d'expliquer l'intéressé dans le parc fermé.
Goût du risque ou décompression ?
C'est peut-être son rival qui, sur le ton de l'humour, a le mieux résumé la performance du Britannique. "Je me suis dit que t'allais finir par me prendre un tour !" a plaisanté Verstappen dans la cool-down room. Avant que son visage ne se déforme en découvrant le premier contact de Norris avec la barrière du virage 14 : "Non ! C'est pas vrai ?!" Et Oscar Piastri, troisième larron, de lui demander son ressenti au moment du freinage raté, "sans utiliser de gros mots".
S'il n'a pas répondu à son camarade australien, Norris a eu très peur pour son aileron avant. Son ingénieur, Will Joseph, l'a rassuré et son passage au stand, un tour plus tard, a confirmé que tout allait bien, les mécaniciens ne remplaçant pas l'appendice. "C'est un petit problème, mais rien de grave", lui a-t-il été indiqué.
Le second impact est intervenu seize boucles plus loin, au virage 10, cette fois-ci avec son pneu arrière droit. Deux belles boulettes - et encore, on n'évoque pas le dépassement risqué sur le retardataire Franco Colapinto, en fin de course, qui l'a envoyé au large des virages 16/17 -. Ce n'est pas la première fois que Norris se montre fébrile dans les moments importants et qu'il se rend coupable d'erreurs malvenues quand on prétend au titre suprême. En Belgique, par exemple, il avait perdu trois positions en visitant le bac à graviers.
Pourquoi diable prendre autant de risques à Singapour lorsque l'on possède une avance aussi confortable, l'écart avec Verstappen se chiffrant à une vingtaine de secondes ? Norris, apparu très marqué après 62 tours dans la fournaise, a plaidé pour des fautes d'inattention plutôt qu'un excès de confiance : "Ce n'est pas qu'on attaque trop. Au contraire, vous avez tendance parfois à vous relâcher un peu trop. Peut-être que c'était les deux. C'est facile de bloquer les roues comme je l'ai fait. J'ai attaqué car je ne voulais pas avoir qu'une seule seconde d'avance. Je voulais avoir la plus grande avance possible."
La MCL38 "volait"
Il est vrai que la MCL38, formidable machine de guerre, "volait" ce week-end et que son ingénieur lui avait demandé de créer le plus rapidement possible un écart de cinq secondes avec Verstappen. Consigne entendue : Norris avait construit un gap de 12 secondes dès le 17e tour. Il a aligné les records du tour et a même conservé sa première place à l'issue de son arrêt au stand.
Face à un tel déchaînement, c'est ce même Will Joseph qui l'a enjoint à calmer le jeu pour "ramener la voiture" en un seul morceau et "à boire" pour repousser les effets de l'humidité singapourienne. Tant pis pour le point du meilleur tour, crucial dans le décompte final, qui venait d'être chipé par Kevin Magnussen. L'unité est finalement tombée dans l'escarcelle de Daniel Ricciardo. Lequel, s'il pilote pour Racing Bulls, reste un salarié de Red Bull...
Impressionnant tout au long du week-end, le pilote McLaren est revenu à 52 points de Verstappen au championnat. Il reste six Grands Prix et trois courses sprint, autant dire beaucoup de points à distribuer. "La dynamique peut changer très rapidement à nouveau, a rappelé Norris dans des propos rapportés par Autosport. Donc il faut juste continuer à essayer de renverser un peu la situation." Et si devancer le triple champion du monde implique de prendre encore plus de risques, le Britannique a montré qu'il était prêt.
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