Grand Prix de Singapour 2025 | Oscar Piastri (McLaren), la moue et le coup de mou

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Le leader du Mondial traverse une période délicate. Et c'est peu de le dire. Secoué par son coéquipier Lando Norris en début de course, Oscar Piastri a longtemps subi, dimanche, au Grand Prix de Singapour, au point de laisser filtrer sa frustration. Preuve que l'Australien n'a pas évacué l'accident de Bakou. Et que le doute peut l'affecter beaucoup plus qu'on ne l'imaginait.

Verstappen "doit rentrer dans la tête de Piastri" pour croire encore au titre

Video credit: Eurosport

Jeudi, Oscar Piastri avait rappelé qu'il était "humain". Il l'a démontré dimanche, à Singapour, sans doute encore plus qu'il ne l'avait fait il y a quinze jours, en Azerbaïdjan, lorsqu'il avait manqué son départ avant de crasher sa McLaren quelques virages plus loin. Cette fois, l'Australien, habituellement flegmatique en toutes circonstances, a laissé transparaître ses émotions.
Aux premiers virages, d'abord, lorsqu'il a été légèrement percuté et emmené au large par son coéquipier Lando Norris. "On est d'accord pour laisser Lando me percuter ainsi ?, a-t-il d'abord interrogé, passablement agacé. Ce n'est pas juste. Je suis désolé, ce n'est pas juste." Puis, lorsque le muret l'a informé qu'il n'obtiendrait pas réparation, après que les décideurs de McLaren ont rangé cet épisode parmi les faits de course, il s'est énervé : "Si on doit éviter quelqu'un [Verstappen, NDLR] en percutant son coéquipier, c'est que c'est vraiment une manœuvre merdique."

Piastri a interrompu Zak Brown

Puis, lorsqu'il a rangé sa monoplace dans le parc fermé, le leader du Championnat n'a pas daigné répondre au grand patron Zak Brown, qui avait pourtant pris la peine de le féliciter pour le titre "Constructeurs" auquel il a contribué. Le pilote de 24 ans a même coupé sa radio avant même que le dirigeant termine son message.
Il a préféré ne pas ajouter de l'huile sur le feu, après coup, en se contentant de préciser, face à la presse, qu'il devait revoir le début de course pour donner son avis, à froid, sur la manœuvre de son coéquipier. "Deux voitures qui se touchent, ce n'est pas ce que l'on veut, a-t-il confié à Canal+. Je vais regarder plus en détail et j'en tirerai mes conclusions. Sur le moment, naturellement, la tension est élevée. On nous encourage à partager notre avis sur ce qui se passe et je l'ai fait."
Peut-être aurait-il dû s'abstenir, sur ce coup, puisqu'il n'a sans doute pas été très clairvoyant sur une action que ni la FIA ni McLaren n'ont jugée illicite. "N'importe qui sur la grille aurait fait exactement la même chose que moi, s'est défendu Lando Norris en conférence de presse. Je pense que si vous me reprochez de simplement choisir l'intérieur et mettre ma voiture où il y a de la place, alors que je pense que vous ne devriez pas être en Formule 1." À bon entendeur...

L'étau se resserre

Plus que son manque de lucidité, cette passe d'armes a surtout illustré ses failles du moment. Nulle part à Bakou, Piastri ne s'est pas remis d'aplomb sur le plan de l'agressivité à Singapour. Et il semble avoir ruminé cet épisode durant tout le Grand Prix. En l'espace des quinze premiers tours, il a concédé près de cinq secondes à son coéquipier, peinant aussi à prendre ses distances avec Charles Leclerc derrière lui.
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"Apparemment, Horner appelle tous les propriétaires d'équipe"

Video credit: Eurosport

À plusieurs reprises, il a dû être remobilisé par son ingénieur, Tom Stallard, et a eu toutes les peines du monde à combler son retard sur Norris, en fin de course, alors qu'un Verstappen en difficulté faisait bouchon. Inhabituel voire inquiétant pour sa quête de titre. En l'espace de trois courses, le pilote de Melbourne a perdu 12 points sur Norris, et 41 sur Verstappen.
L'étau s'est considérablement resserré et les doutes qui ont un temps envahi le casque du Britannique semblent être passés dans le camp voisin, à six Grands Prix (et trois sprints) du terme de la saison. C'est peut-être la raison pour laquelle Piastri a préféré expédier les affaires courantes avec la presse, plutôt que de prendre part à la première partie des festivités du titre "Constructeurs" décroché par McLaren, sur le podium. Tous étaient là, sauf lui. Et même s'il a rattrapé le coup ensuite, en se montrant souriant face aux caméras et photographes, ça a fait tache. 
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