Grand Prix de Singapour | Oscar Piastri agacé, Max Verstappen toujours là : pour McLaren, un titre et des tracas
Par Julien Pereira
Mis à jour 07/10/2025 à 16:15 GMT+2
McLaren peut souffler... ou pas. L'écurie britannique a certes décroché le dixième titre "Constructeurs" de son histoire, dimanche, à Singapour. Mais elle l'a fait au bout d'un Grand Prix qui a encore mis en exergue ses difficultés et ses doutes du moment. Alors que ses pilotes Oscar Piastri et Lando Norris se battent pour la couronne, les "Papayes" ont encore diffusé une forme de fébrilité.
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Ce n'était qu'une question de temps mais, compte tenu du contexte et de la dynamique, il valait mieux que ça ne tarde pas trop. Deux semaines après avoir manqué une première balle de match, McLaren a décroché son deuxième titre "Constructeurs" consécutif, ce dimanche, au Grand Prix de Singapour.
Cette couronne, décrochée à six Grands Prix (et trois sprints) du baisser de rideau, illustre sa domination devant la concurrence trop solitaire menée par Max Verstappen, ou trop irrégulière, incarnée par Ferrari et Mercedes. Historiquement, elle pèse lourd puisqu'elle permet à la firme de Woking de devenir, seule, le deuxième constructeur le plus titré de l'histoire derrière Ferrari (16) mais désormais devant Williams (9).
Paradoxalement, elle arrive au cœur d'une période où l'écurie dégage moins de sérénité, moins de certitude, moins de facilité bref, moins de tout. Après avoir été laminée par Verstappen à Monza, après avoir réalisé son pire week-end de la saison à Bakou, l'écurie britannique n'a placé, à la régulière, qu'un seul homme - Lando Norris - sur le podium. Et sur la plus petite marche.
Finalement, Verstappen est encore et toujours là
C'est, en soi, une surprise. Andrea Stella, patron de l'équipe, avait justifié les deux précédents résultats avec un argument tout à fait recevable : les tracés d'Italie et d'Azerbaïdjan étaient particuliers et pas franchement favorables aux forces de la monoplace "papaye", très performante sur les circuits à fort appui aérodynamique.
Singapour devait donc à la fois permettre de refermer la parenthèse désenchantée pour McLaren mais aussi de tempérer les ardeurs de Max Verstappen et de Red Bull. Le quadruple champion du monde en titre et sa direction eux-mêmes s'attendaient à souffrir, comme ce fut le cas avant la trêve, dans la Cité-état.
Ils ont souffert. Le Néerlandais a passé une bonne partie des 62 tours de course à défendre, parfois en frôlant les murs, souvent en gérant des problèmes de passages de rapport - ce qui n'est pas une nouveauté. Mais il a résisté. Oui, la McLaren était supérieure à la Red Bull, dimanche. Mais non, l'écart n'est pas redevenu ce qu'il était il y a quelques semaines.
Piastri agacé
"C'est la meilleure nouvelle pour nous sur une piste, qui, on le sait, n'était peut-être pas la plus favorable, s'est satisfait Laurent Mekies sur Sky Sports. C'est un bon indicateur des progrès réalisés par tout le monde à Milton Keynes." Et la confirmation que le chewing-gum Verstappen pourrait coller aux Papayes encore plus longtemps que prévu.
L'écart de 63 points entre Piastri et le Néerlandais serait encore confortable si l'écurie n'avait pas autant de problèmes avec elle-même. Ses "Papaya rules", sérieusement remises en cause depuis le Grand Prix d'Italie, sont désormais discutées à chaque fait de course vécu par l'un de ses deux pilotes... ou les deux.
À chaud, Piastri n'a pas compris que les décideurs ne donnent pas suite à l'action de son coéquipier, Lando Norris, au premier virage. Le Britannique est allé au contact "pour éviter" Verstappen, posté devant lui. "S'il doit éviter une autre voiture en percutant son coéquipier, c'est que c'est une manœuvre merdique", a-t-il pesté à la radio, sur le coup.
Encore de la fébrilité
Le leader du Mondial, habituellement beaucoup moins loquace dans son cockpit, s'est montré plus mesuré à froid, répétant ici et là qu'il lui fallait "revoir le ralenti" pour juger. Dans les faits, il a sans doute eu tort de réclamer réparation à son muret. Mais comment le lui reprocher, alors qu'il avait lui-même été réprimandé, en Autriche, après une tentative de dépassement manquée sur son coéquipier... où il était toutefois parvenu à éviter le contact ?
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Comme il fallait s'y attendre, les décideurs de McLaren se retrouvent pris à leur propre jeu. "On aura des conversations, a tenté de rassurer Andrea Stella. On bâtira sur ça et on deviendra plus forts." Pas certain que cela suffise à atténuer le sentiment d'injustice que pourraient ressentir l'un ou l'autre de ses pilotes, alors que la tension s'élève et qu'elle semble affecter toutes les strates de l'écurie.
À Singapour, elle a saboté une bonne partie des (maigres) espoirs de Piastri en lui faisant perdre de précieuses secondes lors de son arrêt au stand. Cette fois, elle n'a pas eu à le dédommager, comme elle l'avait fait pour Norris à Monza, puisque le Britannique était déjà devant son coéquipier avant cela. Mais c'est tout de même une nouvelle preuve de fébrilité... que le titre "Constructeurs" n'a pas totalement occulté.
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