Dans le tour d'honneur, l'émotion étreint Lewis Hamilton. Il vient de remporter son septième titre, rejoindre Michael Schumacher dans le livre d'or de la Formule 1. Il vient de parachever sa nouvelle gloire en gagnant la course, à Istanbul. Ce qu'il n'était pas parvenu à faire ces trois dernières saisons.

Le film de la course

Grand Prix de Turquie
94e victoire pour un 7e titre historique : Hamilton un peu plus dans la légende
15/11/2020 À 11:09

Le Britannique saisit l'immensité de son accomplissement. Peter Bonnington l'appelle pour le féliciter. "Tu viens de gagner ton septième titre, tu peux être fier de ça. Quel pilotage !", s'exclame son ingénieur de toutes ses années chez Mercedes. La voix étranglée par un sanglot, l'Anglais met du temps à mettre des mots sur ses sentiments. "Mille mercis les gars. Wooh ! Wooh ! C'est pour tous les enfants qui rêvent l'impossible. Vous pouvez aussi le faire !", dit-il, la voix essoufflée. Et d'ajouter, pour son équipe : "Je crois en vous les gars, merci pour votre soutien."

Et Toto Wollf, son patron, de prendre la parole sur le canal : "Bravo Lewis pour ce septième titre, je n'aurais pu rêver plus", le congratule l'Autrichien.

"Je n'aurais pas eu cette opportunité si je n'avais pas rejoint cette équipe"

Arrivé dans le parc fermé du Grand Prix de Turquie, il reste dans sa machine, se tient le casque dans les mains. Encore ému, il profite de ces dernières secondes d'intimité avant le déferlement médiatiques, ces honneurs qui vont pleuvoir. Chacun de ses rivaux en profite pour venir lui adresser un geste respectueux, une tape amicale. Ils pourront dire plus tard : "J'y étais."

Pour Lewis Hamilton comme ses 19 collègues, la course a été compliquée, intense, harassante. Il était sixième sur la grille, il s'est fait chahuter au départ au milieu de la meute puis il a trouvé son rythme. Lentement, sûrement, irrésistiblement. Au bout de 58 tours, il a émergé en vainqueur, au bout d'un chaos, d'une course parsemée de sorties de piste, de tête-à-queue. Tenir une monoplace de Grand Prix sur ce bitume mouillé, glissant, avec des pneus "intermédiaire" qui n'arrivaient pas à monter en température, était un gigantesque défi. A la hauteur de son talent.

Précaution sanitaire ou pas, il s'est jeté dans les bras des membres de son équipe à sa descente de voiture. Puis il a repris ses esprits, avant de se livrer à Martin Brundle, ancien pilote de Formule 1.

"Les mots me manquent, vraiment… Comme toujours, je veux commencer par cet énorme remerciement à mon équipe, et tous les gens à l'usine, tous les partenaires, a-t-il dit. Je n'aurais pas eu cette opportunité si je n'avais pas rejoint cette équipe. Mon respect pour eux est immense. Je veux aussi adresser un grand merci à tous les gens qui me suivent, tous mes supporters du Team LH, et à ma famille."

"Je me suis dit : 'Quelle course ça va être pour moi ?' "

"J'ai rêvé de ça quand j'étais jeune, quand je regardais les Grands Prix. C'était bien au-delà de tous mes rêves. J'espère qu'il y a des gamins qui nous regardent, et qui rêvent de ça. Ne laissez personne vous dire que c'est impossible. Vous devez vous exprimer pour exister, ne jamais lâcher. Ne doutez jamais de vous."

"On savait que ce serait un week-end difficile. J'étais déçu en qualification, on a fait du mieux qu'on pouvait même en étant un peu en retrait. On a beaucoup appris, et c'est ce qu'on fait en tant qu'équipe. On ne se blâme pas, on travaille, on essaie toujours de s'améliorer, en communication, de faire des pas en avant. On ne fait pas toujours parfaitement bien. Il y a eu ce moment en début de course, en pneus neufs... Je n'ai pas pu dépasser Sebastian pendant un moment. J'ai même vu Albon filer. Là, je me suis dit 'Quelle course ça va être pour moi ?' J'ai gardé la tête baissée, j'ai trouvé de la ressource. Il y a eu un moment où il a repris de l'avance. Je ne comprenais pas. J'ai regardé mes température. Mes pneus étaient-ils trop chauds, trop froids ? Il y avait des zones un peu sèches, qui brûlaient un peu le pneu. J'ai réussi à améliorer mon pilotage pour retrouver du rythme. Seb s'est arrêté, et je savais que ce n'était pas le bon choix. Je suis resté en piste, mes pneus étaient de plus en plus lisses. Les pneus 'intermédiaires' n'aidaient pas mais c'était ce qu'il fallait quand même."

En fin d'épreuve, son avance lui aurait permis de rentre changer de pneus, mais il s'y est refusé. "J'ai retenu la leçon de 2007, a-t-il expliqué. J'ai perdu le titre cette année-là en rentrant." Lors de sa première saison, il avait manqué un titre tout fait en finissant dans un bac à gravier à l'entrée de la pite lane du Grand Prix de Chine. Il avait juré qu'il s'en souviendrait.

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