Le Grand Prix de Turquie a pris un goût doux-amer pour Mercedes. Le clan allemand peut se féliciter de la dixième victoire en carrière de Valtteri Bottas, devant le duo Red Bull composé de Max Verstappen et Sergio Pérez. Mais comment passer sous silence la déception de son pilote vedette Lewis Hamilton, seulement cinquième d'une course peu animée, alors qu'il semblait en avoir sous le pneu ? Une chose est sûre : après la course, le septuple champion du monde voit son rival néerlandais le distancer de six points au classement des pilotes, à six manches du terme.
Cela ressemble fortement à un chant du cygne. Bottas (Mercedes), qui roule ses derniers kilomètres avec l'écurie à l'étoile, s'est imposé en solitaire sur une piste humide, dimanche après-midi à Istanbul. Parti en pole position après la rétrogradation de son coéquipier, le Finlandais a collé 14 secondes à Verstappen (Red Bull) et glané en prime le point du meilleur tour. Mais sa victoire, la première depuis la Russie 2020 et un an tout juste après ses six tête-à-queue sur ce même Istanbul Park, passe encore au second plan. Non pas pour la raison que l'on attendait tous, à savoir une nouvelle bataille en piste entre les deux prétendants à la couronne mondiale, mais parce que cette course va laisser un goût particulièrement amer à Mercedes et Hamilton. Ce dernier n'a jamais eu l'occasion de disputer les gros points avec Verstappen, malgré sa formidable remontée de la 11e à la 5e place.
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La piste n'a jamais séché

A-t-on assisté au tournant de la saison lorsque le clan allemand s'est fourvoyé dans une étrange stratégie consistant à faire rentrer son septuple champion du monde au 51e des 58 tours, soit bien plus tard que ses adversaires, pour l'équiper d'intermédiaires ? L'énervement à la radio d'Hamilton, qui luttait avec ses pneus neufs, se plaignait du graining et demandait à ne plus être dérangé, pourrait bien le laisser penser. Il aurait préféré aller au bout de la course avec sa gomme d'origine, comme Esteban Ocon (Alpine, 10e final). Freiné dans sa quête de podium, le champion du monde en titre n'a pu s'expliquer avec Verstappen. Le lion néerlandais s'est ainsi aisément offert six points d'avance au classement en grimpant sur la boîte en compagnie de son coéquipier Sergio Pérez. Un autre beau cadeau de Red Bull à Honda, alors que les monoplaces de l'écurie au taureau étaient blanches en hommage au motoriste japonais.
Charles Leclerc (Ferrari) peut également se mordre les doigts malgré une belle 4e place. Le Monégasque a tenté le pari soufflé par son écurie de ne pas passer par les stands, alors qu'il était en tête après les arrêts de Bottas et Verstappen. Mais le Finlandais a rapidement mis ses pneus à température et avalé le pilote de la Scuderia. Leclerc a réussi à contenir Hamilton pour échouer au pied du podium, ramenant de bons points à son écurie, comme Carlos Sainz Jr, P8 après un départ au 19e rang. Pierre Gasly (Alpha Tauri), malgré sa pénalité de cinq secondes pour avoir éperonné Fernando Alonso dans les premiers virages, a intégré le Top 6 devant Lando Norris (McLaren).
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