Max Verstappen peut prendre des notes : une petite histoire des folles remontées de fin de saison en Formule 1

Eurosport sur Google

Alors qu’il reste six Grands Prix à disputer, le suspense reste entier quant à l’identité du champion du monde 2025 de Formule 1. Max Verstappen, à 63 points d'Oscar Piastri, vient bousculer les certitudes de McLaren. Mais il faudrait un exploit inédit pour qu'il conserve son titre. Pourtant, s’il se plonge dans l’histoire de son sport, Verstappen trouvera quelques sources d'inspiration.

Dénivelés, chicanes, triple droit… : Austin, circuit complexe décrypté par Pagenaud

Video credit: Eurosport

Sebastian Vettel 2010

L’écart : Webber leader à six Grands Prix de la fin, 28 points devant Vettel.
Le contexte : Le 29 août, à Spa-Francorchamps, Sebastian Vettel termine 15e après avoir causé l’abandon de Jenson Button. À la fin de la course, le pilote Red Bull compte 31 points de retard sur Lewis Hamilton et 28 sur l’Australien Mark Webber, son coéquipier, candidat plus crédible que lui au titre. Deux semaines plus tard, à Monza, Fernando Alonso et Button l’ont doublé au championnat pilotes. L’Allemand est cinquième.
Le moment de bascule : C’est à la fin septembre que Vettel se réveille. Deuxième à Singapour, puis vainqueur à Suzuka et Sao Paulo, il parachève une saison folle à Abu Dhabi, où quatre pilotes pouvaient prétendre au titre au départ de la course. Parti en pole position, mais toujours troisième au championnat, Vettel doit espérer un coup du sort pour être titré. Au sixième tour, Alonso, quatrième, est virtuellement champion du monde. Bloqué derrière la Renault de Vitaly Petrov après s’être arrêté aux stands, l'Asturien ne parviendra jamais à remonter au-delà de la septième place, offrant à Vettel, solide vainqueur, son premier titre. "Du bist Weltmeister !" ("Tu es champion du monde !"), s’exclamera à la radio son ingénieur, pour la postérité.
Ce qu'il en disait : Avant les quatre derniers Grands Prix, dans une interview à Bild : "Il n’y a pas de pression, je ne panique pas. Je continue à faire mon travail silencieusement. Je crois au titre, c’est la chose la plus importante. Ça sera un dur combat jusqu’à la fin, mais je reste optimiste." Prémonitoire.

Kimi Raikkonen 2007

L’écart : Hamilton leader à quatre Grands Prix de la fin, 28 points devant Raikkonen.*
Le contexte : En 2007, Kimi Raikkonen n’a été en tête du championnat du monde qu’après deux courses : la première, à Melbourne, et la dernière, à Sao Paulo. Pour sa première saison chez Ferrari, il se mêle à une lutte à quatre pour le titre avec les McLaren d’Alonso et Hamilton et son coéquipier, Felipe Massa. Hamilton mènera la danse du troisième à l’avant-dernier Grand Prix de la saison.
La bascule : Après une casse hydraulique au Nürburgring, fin juillet, Kimi Raikkonen brille par sa régularité. Troisième roue du carrosse derrière Hamilton et Alonso depuis le début de l’année, il achèvera chacune des sept dernières courses sur le podium, pour trois victoires. À Interlagos, l’inespérée contre-performance du rookie Hamilton, septième, permet à Raikkonen, vainqueur, d’arracher le plus serré des titres pilotes, d’un seul petit point (110 à 109).
Ce qu’il en disait : après la course, au Brésil, un (léger) sourire aux lèvres : "Je pense que celui qui a le plus de points mérite le titre, je suis heureux d’être champion avec Ferrari pour ma première année. (…) Beaucoup de gens ont pensé que nous ne gagnerons pas mais nous avons continué à y croire, et c’était finalement une belle saison." Lucide, comme toujours.

picture

Kimi Raikkonen après le Grand Prix du Brésil 2007 où il a remporté son titre de champion du monde

Crédit: Getty Images

*En 2007, une victoire valait 10 points. Avant 1991, une victoire rapportait 9 points. Le système actuel, qui offre 25 points au vainqueur, a été instauré en 2010.

Keke Rosberg 1982

L’écart : Didier Pironi leader à cinq Grands Prix de la fin, 16 points devant Keke Rosberg
Le contexte : Alors que treize des seize courses de la saison 1982 ont été disputées, le Finlandais Keke Rosberg ne compte pas la moindre victoire. Le championnat est d’abord mené par Prost, puis John Watson et le Français Didier Pironi. Ce dernier, lourdement accidenté en essais en Allemagne, manque les dernières manches. Mais Watson, Prost et Lauda devancent toujours Rosberg au classement.
La bascule : Troisième en Allemagne, puis deuxième en Autriche, la Williams de Keke Rosberg s’impose enfin à Dijon-Prenois, l’antépénultième manche de l’année. Parti huitième, Rosberg triomphe devant Prost, Lauda et Piquet. Cette première victoire officielle en Formule 1, à 33 ans, lui suffira pour prendre définitivement la tête du championnat : les succès d’Arnoux, à Monza, et Alboreto, à Las Vegas, protègeront Rosberg du retour de Prost et Watson. Inattendu, voire inespéré.

James Hunt 1976

L’écart : Niki Lauda leader à sept Grands Prix de la fin, 23 points devant James Hunt
Le contexte : Les Ferrari de Niki Lauda et Clay Regazzoni surdominent le début de saison 1976. En embuscade, James Hunt ne compte que deux victoires quand Niki Lauda en a déjà engrangé cinq à la mi-saison. Mais au Nürburgring, Lauda perd le contrôle de sa Ferrari. Il ressort gravement brûlé au visage, des vapeurs toxiques plein les poumons. Il ne manquera que deux courses, dont une remportée par James Hunt, aux Pays-Bas.  
La bascule : De retour en course à Monza, Lauda ne peut faire mieux que quatrième, alors qu’Hunt abandonne. Il ne le sait pas encore, mais la dernière chance de l’Autrichien est passée : impérial, James Hunt remporte les Grands Prix du Canada et des États-Unis. Au Mont Fuji, pour la dernière manche de la saison, l’abandon de Lauda dès le deuxième tour offre à l’Anglais son seul titre individuel, malgré une crevaison en toute fin de course.
Ce qu’il en disait : à la télévision britannique, en juillet 1976, sans vraiment croire au titre : "Je regretterais de ne pas avoir été champion du monde, c’est sûr. D’autant plus que je sens que j’en suis très proche aujourd’hui. Je ne veux pas dire pour cette année, mais dans ma carrière, d’un point de vue plus global."
picture

James Hunt, célébrant son titre de champion du monde de Formule 1 1976 après le Grand Prix du Japon

Crédit: Getty Images

Emerson Fittipaldi 1974

L’écart : Clay Regazzoni leader avant les trois derniers Grands Prix, 9 points devant Emerson Fittipaldi
Le contexte : à trois courses de la fin, Emerson Fittipaldi est quatrième du championnat du monde. Le moteur de sa McLaren a lâché en Autriche. Les Ferrari de Clay Regazzoni (1er) et Niki Lauda (3e) et la Tyrrell de Jody Scheckter (2e) le précèdent au classement.
La bascule : À Monza, juste après l'Autriche, Fittipaldi accroche le podium. Parmi ses poursuivants, seul Regazzoni termine dans les points. Au Canada, le Brésilien remporte sa troisième victoire de la saison et revient à hauteur de Regazzoni. Pour la première fois de l’histoire, deux pilotes sont à égalité de points (52) avant la dernière manche. En qualifications, Fittipaldi décroche la huitième place, juste devant Regazzoni. Le pilote McLaren achèvera la course quatrième, suffisant pour décrocher son deuxième titre, devant un Regazzoni trahi par sa machine et relégué à quatre tours.
Ce qu’il en disait : en 2024, à propos du dernier Grand Prix : "J’étais incroyablement nerveux, la pression était immense. (…) Regazzoni a pris le meilleur départ, il m’avait dépassé au premier virage. Dans la montée suivante, j'ai réussi à me glisser dans son sillage. L'occasion d'attaquer s'est présentée au freinage du virage 2, (…) Clay (Regazzoni) m’a envoyé dans l'herbe avec deux roues, mais il avait dû se déplacer légèrement pour éviter le contact, ce qui m’a permis de le passer. Dans les deux virages suivants, l’écart s’est creusé entre nous. J'ai pensé que sauf problèmes techniques, je serais à nouveau champion du monde". 


picture

Verstappen "doit rentrer dans la tête de Piastri" pour croire encore au titre

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité