Eurosport
Grand Prix du Canada - Comment Alpine, la plus sanctionnée, se prive (pour l'instant) de la 4e place au championnat
Par
Publié 21/06/2022 à 09:07 GMT+2
GRAND PRIX DU CANADA - Fernando Alonso ou Esteban Ocon pénalisé de cinq secondes… Ce refrain revient régulièrement dans les chroniques d'après-course à la FIA cette saison, et il en coûte malheureusement à Alpine. Pour une somme d'infractions mineures, l'écurie tricolore n'est pas à la hauteur de McLaren, alors qu'elle pourrait facilement l'être…
"J'espère que vous avez du Doliprane parce que les chiffres de Verstappen donnent mal à la tête"
Video credit: Eurosport
Fernando Alonso a perdu deux places et quatre points après l'arrivée du Grand Prix du Canada, dimanche. Un point sur sa superlicence, aussi. Les commissaires de la FIA n'ont pas supporté ses zigzags défensifs devant Valtteri Bottas (Alfa Romeo) entre les virages n°10 et 12, dans l'avant dernier tour de la neuvième manche du Mondial disputée sur le Circuit Gilles-Villeneuve. Ils ajouté cinq secondes à son temps de course, ce qui l'a fait rétrograder derrière Valtteri Bottas et Guanyu Zhou, les sociétaires d'Alfa Romeo qui sont - c'est un peu fâcheux - les adversaires pressants de la marque au A fléché au championnat du monde Constructeurs.
C'est la première fois que le vétéran du plateau se fait pincer cette année en course, et il a simplement été soumis au même régime que Lance Stroll (Aston Martin) à Melbourne. On peut quand même noter qu'il ne lui reste plus que six des 12 points figurant sur son permis de pilote de Formule 1. Lorsqu'il n'en aura plus, il sera suspendu pour une course. Cependant, chaque point perdu est récupéré au bout d'un an, ce qui l'éloigne de ce spectre ; au contraire du champion toutes catégories canadien mentionné plus haut.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/06/20/3396247-69405108-2560-1440.jpg)
"Ferrari se paye avec des mots, leur plan c'est l'improvisation en permanence"
Video credit: Eurosport
Double peine à Miami
Malheureusement, ce n'est pas une première pour son équipe, Alpine, loin de là. L'équipe française est même en tête des plus sanctionnées depuis le début de la saison ; pas moins de cinq fois en tout. Et elle ne reverra pas les points qu'elle a lâchés en cours de Grands Prix cette saison.
Si Fernando Alonso a fait parler de lui dimanche dans la Belle province, Esteban Ocon a aussi été rattrapé par la patrouille fédérale. Le feuilleton a commencé à Imola. Lors de la quatrième manche 2022, le natif d'Evreux a été pénalisé de 5 secondes pour être sorti de son stand de façon dangereuse. Un "unsafe release" qui est un peu la spécialité des Bleus cette saison, et qui a été suivi de conséquences : la pénalité de 5 secondes infligée au pilote de l'A522 n°31 l'a fait dégringoler de la 11e à la 14e place finale.
En revanche, lors de l'épreuve suivante à Miami, Fernando Alonso a subi la double peine pour sa double faute : une attaque lancée de nulle part sur Pierre Gasly (AlphaTauri) et un gain de temps sur une chicane coupée. Résultat : un malus de dix secondes, deux places (de P9 à P11) et 2 points envolés.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/06/20/3396228-69404728-2560-1440.jpg)
"Verstappen n'arrête pas de cogner, c'est la marque d'une hégémonie"
Video credit: Eurosport
Savoir restituer un avantage indu
"C'est mon erreur et ça m'arrive parfois. J'ai freiné trop tard et j'ai détruit la course de Pierre", a platement reconnu le quadra "Nando". Quant à la seconde faute, il aurait pu la réparer lui-même, s'il l'avait franchement voulu ou si l'équipe l'y avait incité. Mais, c'est là le problème, ni l'un ni l'autre n'ont vraiment voulu reconnaître l'erreur dans son ampleur. Après son tout-droit, l'Asturien n'a pas vraiment ralenti afin d'effacer son "gain durable", comme le lui a reproché la FIA. Assez bizarrement comme dimanche à Montréal d'ailleurs, Fernando Alonso a commis son impair dans les derniers tours. Pensait-il naïvement échapper à une enquête ? Avec un débutant on aurait compris, mais lui moins.
A Miami, l'infraction était suffisamment évidente pour dispenser la direction de course de le convoquer, lui ou un représentant de l'équipe. Alpine piégée, Otmar Szafnauer n'a pu que dire son étonnement et réclamer une règle plus claire de la part de la FIA. Qui l'est suffisamment apparemment, puisque la FIA n'a procédé à aucune mise à jour depuis. La haute instance juge encore qu'il est facile d'évaluer un gain de temps indu en piste et continue de punir les réparations minimalistes.
Il faut bien le dire, Alpine et ses pilotes ont souvent joué comme les autres équipes avec les limites cette saison, et les ont parfois trouvées. Mais la rétrogradation de la neuvième place à la douzième place d'Esteban Ocon (encore 5 secondes de pénalité) en Principauté reste une aberration et le témoin des approximations dont la FIA n'est pas guérie.
Des points qui valent des millions d'euros
Au freinage du virage n°1, au 18e tour du Grand Prix de Monaco, le Français était dans son bon droit. Il avait presque une longueur d'avance sur la Mercedes de Lewis Hamilton, quand celle-ci l'a percuté et déstabilisé. "Je suis allé voir les commissaires, car cette pénalité est illogique et ne fait aucun sens, a pesté Esteban Ocon après coup. Ils m'ont expliqué qu'il y avait une nouvelle règle stipulant que lorsqu'il y a une voiture à l'intérieur, c'est celui que se fait attaquer qui se fait pénaliser. Ils m'ont confirmé que l'an passé, cela aurait été un simple fait de course, et qu'eux-mêmes ne comprenaient pas la règle."
"Avec dix points marqués, l'équipe conserve sa cinquième place au championnat Constructeurs, à huit longueurs de McLaren", a écrit Alpine, dimanche soir. Mais quand on fait le bilan, le total des pénalités infligées s'élève à huit points. Des erreurs ou des malentendus qui coûtent cher puisqu'elles privent l'équipe d'apparaître à la quatrième place du Mondial, son objectif précis cette saison, et potentiellement de quelques dizaines de millions d'euros de la répartition des gains du sport, en fin de saison.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité