GP du Canada - "Si on doit faire la course comme ça…" : George Russell vs Kimi Antonelli, premier accroc chez Mercedes

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La victoire de George Russell lors de la course sprint du Grand Prix du Canada est quasiment passée au second plan ce samedi après-midi à Montréal. Le Britannique s'est livré à une bataille toute proche de la limite face à son coéquipier Kimi Antonelli, qui a enragé à quatre reprises à la radio. Comme pour McLaren en 2025, le circuit Gilles-Villeneuve est le théâtre du premier accroc des favoris.

Antonelli, façon Schumacher : "Il aime exercer une pression psychologique"

Video credit: Eurosport

George Russell a repris deux petits points au classement général du championnat du monde sur son coéquipier Kimi Antonelli ce samedi, mais les conséquences risquent d'être bien plus importantes dans le garage Mercedes. Et tout, ou presque, s'est passé en l'espace de quelques virages lors du 6e tour de la course sprint du Grand Prix du Canada. Partis premier et deuxième, les deux pilotes de l'écurie allemande avaient (enfin) réussi à conserver la tête de la course dans les premiers tours et bataillaient.
Quand Kimi Antonelli a porté son attaque dans le premier virage, George Russell l'a emmené au large jusqu'à le forcer à tirer dans l'herbe dans le deuxième virage. Pas découragé, l'Italien est revenu dans sa roue quelques virages plus tard. Mais il a bloqué une roue avant au freinage et a – une deuxième fois – été contraint de passer dans l'herbe pour éviter l'accrochage avec son coéquipier. Ce qui ne l'a pas calmé pour autant : le leader du championnat du monde s'est empressé de décrocher sa radio pour toucher un mot à chaud des incidents.
"C'était vraiment méchant" a-t-il commencé, lapidaire, à propos du premier évènement entre les deux hommes. Avant d'enchaîner : "Ça devrait lui valoir une pénalité, j'étais au niveau de son rétroviseur !" Selon l'Italien, son coéquipier avait le devoir de lui laisser suffisamment d'espace eu égard à leurs positions respectives au moment d'entrer dans le virage. "Restons calme", a alors essayé de le canaliser son ingénieur de course Peter Bonnington. "Je m'en fous, il m'a poussé en dehors de la piste", a-t-il alors enchaîné en tentant de reprendre sa 2e position à Lando Norris, qui en avait profité.

Antonelli et les quatre radios

Un énervement qui a poussé Toto Wolff, le directeur de l'écurie, à prendre le micro en personne pour lui intimer de se calmer : "Reprenons le contrôle sur la situation Kimi, lui a-t-il dit. Concentre-toi sur Norris, concentre-toi sur le pilotage." De quoi faire comprendre à l'Italien d'arrêter de vociférer dans son casque plutôt qu'à la radio. Du moins, jusqu'au drapeau à damier. Nouvel appel de l'Italien : "Si on a besoin de faire la course comme ça, c'est bon à savoir", a fulminé Kimi Antonelli, visiblement toujours pas passé à autre chose. "Kimi, c'est la quatrième fois, l'a rappelé à l'ordre Toto Wolff. On parle de cela en interne et pas à la radio."
Sacré feu d'artifice, donc, pour le premier vrai épisode conflictuel de la saison entre les deux favoris pour le titre. "Ces moments sont très bons parce qu'on peut tellement apprendre d'eux, s'est ainsi réjoui Toto Wolff après la course au micro de la F1. On va pouvoir prendre les pilotes à part et leur demander comment ils voient tout cela, comment ils veulent que ce soit géré la prochaine fois." L'Allemand a beau arborer son flegme habituel, ce sixième tour de la course sprint du Grand Prix du Canada risque fortement de laisser des traces dans la saison.
Et ce même si les deux hommes l'ont joué sans rancune en conférence de presse d'après-course. "Respect à lui d'avoir tenté, a salué George Russell. Les émotions sont toujours hautes dans le cockpit, mais je suis sûr qu'on va en discuter ensemble ensuite." Fidèle à lui-même, le très diplomatique président du syndicat des pilotes avait la magnanimité facile, en bon vainqueur. Grâce à sa victoire, combinée à la troisième place de l'Italien, il a donc repris deux points au classement du championnat du monde. Mais avec 18 points de retard, il a toujours un écart à rattraper et ce genre de frustration de son jeune rival peut forcément jouer en sa faveur.
Respect à lui d'avoir tenté
Et cette scène rappelle étrangement celle vécue au même endroit l'année passée, quand les coéquipiers McLaren Lando Norris et Oscar Piastri s'étaient accrochés sur ce même circuit Gilles-Villeneuve. Comme en 2025, les équipiers de l'écurie outrageusement dominatrice, devenu de fait les deux favoris pour le titre, ont connu leur première escarmouche à Montréal. La fin, en quelques sorte, des illusions concernant une bonne entente fantasmée entre deux hommes se battant pour atteindre l'objectif qui a défini leur vie depuis leur adolescence.
Cela n'est pas sûrement pas dû au hasard si tout cela s'est reproduit à Montréal. Il n'y a pourtant ni quelque chose de spécial dans l'air du circuit Gilles-Villeneuve, ni un tracé particulièrement propice aux accrochages. Juste une place dans le calendrier de la Formule 1 qui tombe à point pour favoriser ce genre de situation. Deux mois et demi après le premier Grand Prix, les coéquipiers ont fait ce qu'ils ont pu pour renier leur nature un temps, mais le naturel finit forcément par revenir au galop chez des athlètes de cette trempe confrontés à des enjeux de cette taille. On ne va pas aller jusqu'à dire que la saison est désormais réellement lancée. En revanche, chez Mercedes, on risque dès ce dimanche de s'épargner un peu moins le tir ami.
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