Grand Prix du Canada | 235 millions investis, un casting de rêve mais pas encore les bonnes vibes pour Aston Martin

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Si le Grand Prix de Miami a été moins catastrophique que les précédents, le défi technique reste immense pour Aston Martin et son partenaire Honda. Fernando Alonso et Lance Stroll devraient avoir une machine plus confortable à Montréal. Sans espoir réel de sortir du fond de la grille à court terme. Malgré un potentiel énorme sur le papier.

Aston Martin - Honda : les dessous d'une descente aux enfers

Video credit: Eurosport

Aston Martin, équipe propriété du businessman local Lawrence Stroll, va attaquer le Grand Prix du Canada, vendredi, avec l'espoir de rouler dans des conditions enfin à peu près normales. Depuis les premiers tours de l'AMR26, retardés cet hiver, Fernando Alonso et Lance Stroll, le fils du patron, ont vécu un enfer au volant d'une machine prise de vibrations incontrôlables, qui mettaient en danger leur santé au-delà de toute considération de fiabilité. Mal conçu, peut-être aussi mal accouplé à la toute nouvelle boîte de vitesse dessinée par les techniciens de Silverstone, le V6 Honda était tenu pour responsable des roulages limités, des espoirs illusoires de voir un drapeau à damier. Saisis par cette réalité choquante, la base anglaise et son nouveau motoriste japonais ont mis à profit le report des courses de Djeddah et de Sakhir pour repérer les causes et apporter les premières solutions.
L'équipe a même laissé l'une de ses monoplaces à Sakura, la base de Honda au Japon, pour réaliser des tests. Et à Miami, Aston Martin a été la seule équipe à ne déclarer aucune évolution sur sa machine, là où d'autres en révélaient une dizaine, pendant que Honda apportait un correctif… en dégonflant quelque peu son moteur.

Aston Martin aussi en cause

Des mesures salutaires à entendre "Nando", qui a vu l'arrivée, comme son coéquipier. "La fiabilité était meilleure : nous n'avons eu aucun souci, a souligné l'Asturien. Les vibrations, c'était mieux. Mais en performance, non. C'était très similaire au Japon." Mais le double champion du monde espagnol a apporté une clarification importante à la situation en admettant une part de responsabilité d'Aston Martin.
Les concepteurs placés sous la responsabilité d'Adrian Newey, sans doute l'ingénieur le plus brillant que la Formule ait connu, auraient bien défini une transmission au dessin trop agressif. "Honnêtement, c'était plus la boîte de vitesse que le moteur sur tout le weekend, a-t-il dit. Je ne sais pas : c'était peut-être l'électronique ; quelque chose était très étrange dans les montées et descentes de rapport. Ce n'était pas très bien contrôlé. C'est le problème numéro 1 à résoudre pour le Canada. Dans les zones de gros freinages, nous aurons besoin d'un comportement amélioré."

D'abord une question de confiance

En Floride, les problèmes n'ont évidemment pas disparu et Honda a annoncé un "objectif important ce weekend." "A Montréal, la course à domicile de Lance, nous allons nous concentrer sur la facilité d'utilisation du moteur et la stratégie de gestion de l'énergie, a relaté Shintaro Orihara, directeur des Opérations Piste et ingénieur en chef de Honda. C'est un objectif important de notre weekend : donner plus de confiance aux pilotes en entrée de virages rapides et garder de la vitesse pour débloquer du temps au tour."
De quoi voir enfin une AMR26 en Q2 ? Aston Martin n'a prudemment fixé aucun objectif de performance, même si le milliardaire Lawrence Stroll, qui a de grandes ambitions pour sa marque, apprécierait un petit frémissement, avec l'aide de la pluie, le seul paramètre capable de cacher la misère actuelle. Pour sa part, Fernando Alonso n'en est même pas à scruter ces petits pas. Habitué à communiquer à coup de punchlines, mettre les problèmes sur la place publique, il gesticule dans son cockpit et garde son agacement pour quelques communications radio franches, loin de l'incendiaire et mémorable "GP2 engine, GP2... Arghhh !" du temps de McLaren.
Loin aussi de son rêve de troisième titre, il se déclare "en paix" face à cette triste réalité, et n'escompte pas de solution miraculeuse à court terme. "Nous devons rencontrer les médias tous les jeudis, vendredis, samedis et dimanches. Le message, c’est que nous n’amènerons pas de modifications avant la pause estivale, a-t-il averti, à Miami. Donc à quoi devons-nous nous attendre au Canada ? À la même chose. En Autriche ? À la même chose."

"Ils savent que le meilleur reste à venir"

À bientôt 45 ans, il comptait voir les pièces du plus beaux des puzzles s'assembler devant lui : un châssis dessiné par le génial Adrian Newey, servi par un campus technique de 37 000 m² d'un coût de 235 millions d'euros, une soufflerie dernier cri, la puissance du moteur Honda qui avait fait des merveilles chez Red Bull, un statut de pilote n°1, le leadership de Lawrence Stroll… Tout reste en suspens et continue de nourrir les frustrations. À l'image du débrief de 68 secondes accordées aux journalistes par son coéquipier Lance Stroll à Miami, pour solde de tout compte. Devant cet état de fait, le directeur des opérations, Mike Krack a ressorti la méthode Coué en assurant : "Ils savent que le meilleur reste à venir".
Fernando Alonso était sûr de son destin, certain de rempiler pour une dernière année en 2027 en cas de déception en 2026. Il est probablement au-delà de ce sentiment en ce moment et il sous-entend étrangement depuis quelques semaines qu'il n'est plus le seul décideur de son avenir. S'il ne peut se prononcer, la "silly season" précipitera peut-être sa décision, dans un sens ou un autre. Mais la vie continuera pour Lawrence Stroll, qui répète à l'envi avoir une vision et "un projet à long terme". Heureusement.
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