Grand Prix du Canada | Ferrari, Lewis Hamilton et Charles Leclerc déjà au pied du mur (des champions)

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Ferrari reste sur un Grand Prix frustrant à Miami, où Charles Leclerc a été fautif et Lewis Hamilton malchanceux. Désormais sans joker, la Scuderia doit délivrer ce week-end à Montréal, un circuit qui lui est peu favorable. Personne n'a le choix : le Monégasque doit se ressaisir et le Britannique se réveiller.

"Doublée par McLaren, Ferrari est devenue la 3e force du plateau"

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Trois semaines après Miami, Ferrari remet son métier sur l'ouvrage à Montréal. La certitude ancrée que le déballage de nouveautés floridiennes n'a pas produit ses spectaculaires effets pour de bonnes raisons, liées à des circonstances locales. Néanmoins le temps presse, poursuivi par l'ombre grandissante d'une énième saison de transition.
Les hommes de Frédéric Vasseur sont en ligne avec leur plan agressif de développement mais les faits sont têtus : McLaren est devenue la deuxième force du plateau en Floride en mettant elle aussi en service une série de pièces, et Mercedes reste inaccessible. Pire : Maranello angoisse à l'idée de découvrir les nouveautés déclarées par Mercedes auprès de la FIA pour ce Grand Prix du Canada. La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre : les nouveaux ailerons et pontons de F1 W17 représenteraient un gain de 0"3 par tour. Une double peine en perspective puisque le week-end sera encore au format sprint.
Que faire dans ce cas-là ? Serrer les dents et poursuivre la course au développement, tête baissée. Espérer que les problèmes de démarrage des flèches d'argent perdurent, histoire de ne pas rentrer dans le rang de suite. Les SF-26 rouges ont en effet mené 38 tours en 2026, uniquement en première partie de course, ce qui reste faible pour nourrir les plus grandes ambitions. Charles Leclerc a challengé George Russell en Australie, Lewis Hamilton a surpris Andrea Kimi Antonelli lors du premier tour en Chine, certes. Et le Monégasque a entretenu l'illusion 12 tours à Miami, mais l'histoire s'est terminée de la même façon : la SF-26 n'était pas compétitive avec deux types de pneus et la Mercedes a filé vers la victoire. Pire, il n'y avait aucune rossa sur le podium aux Etats-Unis d'Amérique, barrée par McLaren.
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Weekend sprint, pole cruciale, jardin d'Hamilton : Tout savoir sur Montréal

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"Stop and go" et fraîcheur à Montréal

Sur le tour chrono, Leclerc (3e) s'est rapproché à 0"3 de Kimi Antonelli à Miami mais la SF-26 risque de faire du yoyo dans la hiérarchie. Les carences sont connues. "Ce serait bien de pouvoir réduire la traînée car on n'est pas rapides en lignes droites", a plaidé Lewis Hamilton. Le message est clair : il reste du travail sur l'aileron arrière "Macarena" que Red Bull a lancé de façon plus convaincante à Miami. Sachant que Zak Brown, PDG de McLaren, a sans doute dévoilé les plans de Woking en expliquant que ce dispositif irait bien à la MCL40 papaye...
Qu'attendre ou redouter de ce Grand Prix du Canada pour Ferrari ? Une première victoire depuis 2018 ? Le circuit de l'île Notre Dame, c'est du "stop and go", ce qui n'arrange pas les affaires des Rouges, dans l'attente d'une compensation de son retard de puissance, à travers le fameux ADUO. Ni la fraicheur ambiante prévisible, à l'occasion de ce week-end qui n'a jamais été positionné aussi précocement au calendrier. Grosse cote pour les Rouges chez les bookmakers, donc, mais qui aurait parié sur une victoire de la Mercedes de George Russell l'an dernier ?
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Antonelli, façon Schumacher : "Il aime exercer une pression psychologique"

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Hamilton barré par la FIA

Si une surprise transalpine doit arriver, viendra-t-elle de Charles Leclerc ? Le Monégasque ne s'est glissé que deux fois en Q3 sur les six dernières éditions de l'épreuve. Un seul podium canadien (en 2019), ça ne plaide pas pour "Charlot", qui doit une revanche à son équipe après sa grosse erreur de fin de course à Miami. Dans ce contexte, Lewis Hamilton serait donc tout désigné. Sept fois auteur de la pole position, sept fois vainqueur, un autre record qu'il partage avec Michael Schumacher, le Britannique doit concrétiser ses bonnes sensations de Miami, qu'un accrochage avec Franco Colapinto (Alpine) ont réduit à néant. Avec un doigt d'honneur, un geste inhabituel de sa part.
Le septuple champion du monde aimerait certainement redorer son blason dans un contexte par ailleurs incertain.  Restaurer son autorité un peu mise à mal car il vient d'essuyer une fin de non-recevoir polie au sujet de sa demande d'une représentation officielle des pilotes dans les discussions sur l'avenir de ce moteur avec la FIA. "Nous sommes probablement déjà trop nombreux autour de la table pour en discuter, car nous tournons en rond. En ajouter cinq ne changerait rien", lui a opposé Nicolas Tombazis, directeur Monoplace à la FIA. Avant d'ajouter : "En coulisses, un formulaire permet aux pilotes de donner leur avis sur certains points."

Un crédit temps épuisé

Son propre patron, Frédéric Vasseur, avait senti le coup venir : "Ils (les pilotes) ont fait partie de la discussion sur la modification des moteurs ces dernières semaines (l'abandon de la parité thermique-électrique dès 2027), ça s'est bien passé. Ils ne sont pas du tout exclus du système." Nicolas Tombazis a fermé le banc en avouant sa crainte d'argumentaires préparés par leurs motoristes.
Et puis, dans les médias, le recordman des victoires (105) a peut-être pu sentir un début de lassitude devant des promesses non tenues. "Il est maintenant à un âge - 41 ans - où, de mon opinion, chaque pilote atteint un point où sa performance commence à décliner un peu, a avancé Aldo Costa, ingénieur de Ferrari de 1995 à 2011, puis directeur de l'ingénierie et designer chez Mercedes (2011-2019). Dire s’il traverse cette phase ou non, ce n’est pas à moi d’en juger ; ce sont ses ingénieurs de course et son équipe qui doivent l’évaluer. Mais ce moment arrive inévitablement pour tout le monde, on n’y peut pas grand-chose. Il se retrouve d’ailleurs aux côtés d’un coéquipier extrêmement performant."

Problème de corrélation simulateur - piste

Pour ne citer que lui parmi les voix qui se sont élevée, David Coulthard pense que Ferrari devrait commencer à activer la piste de l'espoir maison, Oliver Bearman (Haas). "Ils ne veulent pas laisser passer cette opportunité, suppose le vice-champion du monde 2001. C'est l'une des pressions qu'ils subissent avec Lewis. J'imagine que Lewis sera celui qui finira par prendre sa retraite. Car lorsqu'une étoile montante apparaît, il faut saisir sa chance."
Lewis Hamilton n'est pas resté les bras croisés. "Je vais avoir une approche différente pour la prochaine course, avait-il prévenu à Miami, au sujet de Montréal, car la façon dont nous le faisons n'aide pas. Nous allons au simulateur, et une fois en piste la voiture est différente. Ce que je veux dire par là, c'est que je passe beaucoup de temps au simulateur. En général, je n'aime pas ça. J'y étais toutes les semaines avant cette course, à travailler sur la corrélation des réglages. Nous réglons la voiture selon certains paramètres, et une fois en piste ces réglages ne fonctionnent pas." Le message est clair pour la Scuderia : le champion va faire plus confiance à son instinct pour retrouver ses sensations dans son jardin.
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