Grand Prix du Japon | Mercedes | Débutant et n°5 mondial : Andrea Kimi Antonelli, sensation passée sous les radars
Publié 01/04/2025 à 23:41 GMT+2
Il a réussi des débuts remarquables en Formule 1 pour ses 18 ans, sa seule année d'expérience en Formule 2 et le poids de la succession de Lewis Hamilton chez Mercedes. Andrea Kimi Antonelli a montré l'étendue de son talent à Melbourne et à Shanghai, qui lui vaut une inattendue cinquième place au classement du championnat du monde. Sans faire de bruit.
Antonelli, prodige de 18 ans et incroyable pari de Mercedes
Video credit: Eurosport
Pour l'instant, il passe presque inaperçu et ça lui convient très bien. Car il n'aurait pas pu espérer un début de carrière en Formule 1 plus discret dans les médias - qui n'avaient d'yeux que pour Lando Norris, Oscar Piastri, Lewis Hamilton et Max Verstappen - et plus solide sur la piste. Numéro 5 mondial après deux week-ends courses en 2025, Andrea Kimi Antonelli est la sensation cachée de ce début de campagne ; sauf pour Mercedes, écurie où il dépasse les attentes de son patron Toto Wolff, qui l'a propulsé dans le baquet de la Flèche d'argent ex-Lewis Hamilton, à seulement 18 ans. Un pari risqué qui - c'est une surprise - a déjà trouvé tout son sens et sa pertinence en raison essentiellement d'un talent et d'une maturité peu communs.
C'était bien ce que l'on pensait et cela ne fait plus de doute : "AKA" est et sera le meilleur débutant du championnat du monde 2025, vu ce qu'il lui est donné de piloter par rapport à Gabriel Bortoleto (Sauber) et Isack Hadjar (Racing Bulls). Et même plus largement en considérant Liam Lawson (Red Bull), Oliver Bearman (Haas) et Mick Doohan (Alpine), qui ne sont plus des débutants au sens stricts du terme.
"Il ne s'est pas plaint tout au long de la course"
Le bilan brut, tout d'abord : le titulaire de la W16 n°12 a amassé 22 points en deux courses (4e et 6e) et un sprint (7e), et franchement peu de monde l'aurait vu à ce niveau d'entrée. Il fait même partie des cinq pilotes qui ont scoré dans ces trois épreuves, conjointement avec les McLaren boys, Max Verstappen (Red Bull) et son coéquipier George Russell. Avec en prime quelques coups d'éclat, récompensés à Shanghai par un titre de "pilote du jour".
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Toto Wolff (Mercedes) lors des tests à Sakhir le 28 février 2025
Crédit: Daimler AG
Et donc finalement pas grand-chose dans la colonne des "moins". Une éviction en Q1 (16e) à Melbourne suite à un passage musclé sur une bordure (plancher endommagé), et un tête-à-queue le lendemain sur une piste chaotique. Et des faits de course qui lui ont appris les aléas du métier à Shanghai : un plancher endommagé (oui encore) par des débris au départ et un undercut infligé par Yuki Tsunoda (Racing Bulls). Mais un constat unanime chez les Gris, bien résumé par Wolff : "La course de Kimi a malheureusement été compromise par un fond plat endommagé dès le premier tour. Il s'est battu avec acharnement pour terminer à une honorable huitième place. Il ne s'est pas plaint tout au long de la course, restant concentré sur son travail." L'Italien a tenu le coup émotionnellement. Il n'est pas sorti de sa course comme d'autres novices l'auraient fait.
De la bande à Bono
Sur ces deux meetings, l'impression est plus que positive. Sur un fil à Melbourne, il a déployé le pilotage très agressif qui fait déjà sa marque de fabrique et montré un bagage technique enviable (vs Liam Lawson chez Red Bull) en gardant ses pneus dans une bonne fenêtre de température, au gré des changements de mélanges. Tout ça, à l'entendre, grâce ou en grande partie à son ingénieur de course Peter Bonnington. "Avoir quelqu'un comme Bono, c'est sensationnel, s'est-il réjoui à Shanghai. C'est un très grand privilège car il a travaillé avec deux des meilleurs pilotes de l'histoire de la Formule 1, pendant de nombreuses années : Michael [Schumacher, 2010-2012] puis Lewis [Hamilton, 2013-2024]."
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Andrea Kimi Antonelli (Mercedes) lors de tests à Sakhir, le 28 février 2025
Crédit: Daimler AG
"Quelqu'un avec autant de connaissances et d'expérience est vraiment utile face à tant de nouveaux scénarios, de nouvelles choses à apprendre, a-t-il renchéri. Il me guide vraiment dans chaque situation. Je me sens vraiment chanceux." Cela a été spécialement manifeste en Australie, où les pièges se sont refermés sur des pilotes jeunes (Hadjar, Doohan, Lawson, Bortoleto…) comme confirmés (Alonso, Sainz).
Suzuka, Le révélateur ultime
Et là, pas d'auto-satisfaction malgré ce bilan remarquable. Il reconnaît que sortir de ce traquenard avec une machine en un morceau a été une libération : "Cela a été un week-end intense ; avoir fait une bonne course a été un bon boost de confiance mais aussi un énorme soulagement. Je me sens beaucoup plus calme et détendu. Je ne vais pas mentir : j'étais assez stressé et un peu tendu même au volant. Mais maintenant, je me sens plus détendu et plus en contrôle des situations."
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Andrea Kimi Antonelli (Mercedes) au Grand Prix de Chine 2025
Crédit: Daimler AG
L'apprentissage passe désormais par Suzuka, le circuit proposant le plus grand défi de la saison en termes de pilotage et de réglages. Difficulté supplémentaire, qui ne pourra apparaître que comme un révélateur de ses capacités, Andrea Kimi Antonelli découvrira le tracé sur lequel il aurait dû rouler en Super Formula en décembre, en guise de préparation. Malade, il n'avait pu faire le déplacement.
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