Jean Alesi : "Vasseur est la bonne personne pour Ferrari"

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FORMULE 1 - Invité spécial de notre VODcast "Les Fous du Volant", lundi, Jean Alesi nous a livré son point de vue sur Ferrari, une écurie qu'il connaît très bien. Pour l'ancien pilote, aujourd'hui président du Circuit Paul-Ricard, la Scuderia a bien fait de faire appel au Français Fred Vasseur pour redresser la barre. Et la priorité n'est pas d'offrir un statut de n°1 à Charles Leclerc.

Alesi : "Vasseur est la bonne personne pour Ferrari"

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Jean Alesi a disputé 201 Grands Prix de 1989 à 2001, pour cinq écuries en Formule 1, mais il reste indéfectiblement lié à la Scuderia Ferrari, pour laquelle il a remporté le Grand Prix du Canada en 1995. Mais pas seulement : l'Avignonnais y a passé cinq années passionnelles, d'une rare intensité, suscitant un enthousiasme rarement vu chez les tifosi. Il a aussi vécu presque au quotidien les espoirs souvent déçus en piste et les soubresauts en coulisses d'une écurie par-dessus tout latine, qui cherchait à se réinventer un avenir dans une trop longue période d'insuccès.
Entré à Maranello en 1991, il a en particulier assisté mi-1993 à l'arrivée de Jean Todt au poste de directeur de la Gestion sportive, en provenance de Peugeot Sport, où il avait fait gagner le Lion sur les pistes du WRC et du Dakar, et des 24 Heures du Mans.
Associé à Gerhard Berger, l'espoir français a participé au redressement des Rouges en 1994 et en 1995, avant de devoir céder sa place à Michael Schumacher, franchement titré avec Benetton. Le début d'une nouvelle ère, marquée par une politique sportive construite autour d'un pilote roi, flanqué d'un n°2 nommé Eddie Irvine (1996-1999), et plus tard de Rubens Barrichello (2000-2005) puis Felipe Massa (2006). Par la suite, et sous les ordres d'autres patrons, Ferrari a encore tout misé sur un pilote-star : Fernando Alonso puis Sebastian Vettel.
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Nommer Leclerc n°1 n'aiderait en rien

En 2019, Charles Leclerc a ouvert une nouvelle époque, sans avoir l'aura de ces champions du monde, sans clairement bénéficier d'un statut de pilote n°1 malgré une supériorité évidente en piste. Aux côtés de Carlos Sainz, le Monégasque a même perdu gros en quelques occasions l'an passé, à cause d'un management hésitant voire incohérent de la part de Mattia Binotto.
Le pilote de la Principauté a mal démarré le Mondial 2023 (6 points en 3 GP), mais il n'y a pas lieu d'en faire un pilote privilégié dans l'espoir de contrer Max Verstappen (Red Bull), leader déjà incontesté du championnat du monde, selon Jean Alesi.
"Ce n'est pas le problème, a coupé le président du Circuit Paul-Ricard, invité spécial du VODcast d'Eurosport "Les Fous du Volant". Si au prochain Grand Prix on annonce la couleur, qu'on dit 'Charles, tu es le premier pilote, et Carlos deuxième', ça n'aiderait en rien dans le process pour faire évoluer la voiture, mais surtout le manque de performance et de fiabilité de la Scuderia. Ce n'est pas le sujet, franchement."
Avec son expérience de la vie au Reparto Corse et tout ce qui fait qu'une écurie peut être compétitive, Jean Alesi ne se trompe pas sur les priorités du management des Rouges. Mattia Binotto remercié, Frédéric Vasseur l'a remplacé à bon escient selon lui le 9 janvier à Maranello, dans le rôle de patron de toute l'activité sportive. Et il pense que le temps donnera raison à l'ex-directeur de Sauber / Alfa Romeo Racing.

"Fiabilité, performance, stabilité"

"Ça va prendre du temps, mais Fred Vasseur c'est le bon choix, assure Jean Alesi, qui se souvient de que Jean Todt avait recruté massivement chez Benetton - Ross Brawn, Rory Byrne, Michael Schumacher, le chef mécanicien - pour reproduire la success story. "Ils ont pris tout le monde et ils sont allés chez Ferrari ; ça, ce n'est plus possible en Formule 1, note-t-il. Aujourd'hui, Adrien Newey (le directeur technique de Red Bull) déciderait d'aller chez Ferrari, on verrait sa voiture en 2025, parce qu'il y a des clauses dans les contrats. Donc ça va prendre du temps. Mais Fred Vasseur est la bonne personne pour ce poste-là."
Comme en 1993, les chantiers paraissent immenses. La "rossa" et l'équipe manquent un peu de tout pour monter sur la plus haute marche du podium mais les compétences sont là. Il faut juste prioriser les chose. "Dans l'ordre : fiabilité, performance, stabilité, liste Jean Alesi. Il faut qu'il (Fred Vasseur) mette ces trois choses dans l'ordre qu'il veut, mais c'est ce qu'il faut faire."
Et pour cela, Ferrari a peut-être un avantage par rapport à ses neuf rivales. Un supplément d'âme. "Il (Vasseur) est le n°1. C'est un gros chantier. Il y a tellement de passionnés dans cette usine, de magie aussi, que ça peut l'aider beaucoup aussi."
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