"J'espère vraiment que Lewis continuera à courir, parce qu'il est le plus grand pilote de tous les temps... Je pense qu'en tant que pilote, son cœur dira qu'il doit continuer." Certains diront de Toto Wolff qu'il sait manier l'art de la dramaturgie. Alors que Mercedes venait à peine de laisser tomber son action en justice suite au très controversé ultime Grand Prix de la saison qui a offert le titre à Max Verstappen, son grand patron partageait une fois de plus son amertume. Et une pointe de crainte quant à l'avenir de Lewis Hamilton.
Le pilote britannique a vu le huitième titre mondial qu'il convoitait s'envoler dans les derniers kilomètres, et un dépassement de son rival néerlandais. De quoi semer des promesses palpitantes d'une année 2022 placée sous le signe de la revanche des deux pilotes et leur écurie. Mais Wolff a fait germer l'idée d'un doute, au détour d'une phrase, clamant ne pas avoir la certitude que Hamilton puisse se remettre d'une telle douleur et revienne se battre une saison de plus. "LH44" possède pourtant deux ans de contrat, et vient de prouver cette saison encore qu'il était loin d'être sur la phase descendante. Alors, maître de la commedia dell'arte ou chat échaudé, Toto ?
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La réponse se situe sans doute un peu entre les deux, tout en penchant probablement sur la volonté d'émouvoir son auditoire face à ce qu'il considère comme une injustice. Mais le silence total de Lewis Hamilton depuis ce fameux dimanche à Abu Dhabi et le précédent Nico Rosberg poussent à la prudence au sein de la firme allemande. Juste après son titre glané en 2016, la dernière joute qui puisse se rapprocher de l'intensité de cette saison 2021, Rosberg avait annoncé à la surprise générale son départ à la retraite. Lui qui venait de battre Lewis Hamilton à la (tout juste) loyale avait fini lessivé de son combat avec son coéquipier, en dépit d'une juteuse prolongation de contrat signée quelques mois plus tôt.
Comme son ex-voisin de stand, Hamilton a lui aussi prolongé son bail avec Mercedes jusqu'en 2023, alors qu'il avait longtemps fait traîner sa signature pour la saison 2021. Sa participation au prochain exercice n'en semble pas pour autant garantie. Et l'éventualité d'un coup de théâtre serait alors un véritable cataclysme pour les Flèches d'argent.

Russell n'a pas encore l'étoffe

Lewis Hamilton est attendu pour faire équipe avec George Russell à la reprise, un tandem aussi talentueux qu'idoine à court et moyen terme pour Mercedes. L'ancien pilote Williams a montré quelques bribes de ce qui pourrait être une carrière brillante. Après cinq saisons de cohabitation avec Valtteri Bottas, très cordiale car vite devenue rapport de dominant à dominé en faveur de Sir Lewis, cette nouvelle association pourrait maintenir un peu plus encore Hamilton sous pression si Russell venait à être performant. Et avec un Hamilton encore au sommet, Mercedes peut se montrer patient avec Russell, lui qui possède un coup de volant certain mais reste inexpérimenté dans une écurie de pointe.

George Russell (Williams)

Crédit: Getty Images

Des cendres de la brûlante saison 2016, Mercedes avait pu compter sur un phénix Hamilton autrement plus prêt à viser le titre que ne l'est aujourd'hui son nouveau voisin de box. Russell pourrait encore mûrir jusqu'en 2023 au contact du septuple champion du monde avant de s'imposer comme le patron de l'écurie. Un départ subi de Lewis Hamilton laisserait le pilote de King's Lynn orphelin de son chaperon de luxe, et promu à un rôle de cador pas si confortable pour ses débuts au sein de sa nouvelle équipe.

Un marché saturé

En pareille situation à l'aube de 2017, Mercedes avait pu se retourner suite au départ de Rosberg en débauchant Valtteri Bottas, porteur de quelques certitudes après quatre premières saisons convaincantes et déjà dans le giron de la firme chez Williams, motorisé par le constructeur allemand. Couvé alors par Toto Wolff, sa promotion tenait autant de l'opportunité que d'une forme de logique, à la manière du baquet offert à George Russell pour 2022. Qui pourrait alors endosser le costume de Bottas en 2017 et être un plan B au risque aussi mesuré ?
Si Mercedes a tenu à prolonger Lewis Hamilton jusqu'en 2023, c'est aussi pour s'assurer d'avoir un pilote de premier choix pour cette échéance tout sauf anodine. La majorité des grands noms du plateau sont verrouillés pour deux saisons encore, comme Max Verstappen - qui devrait entrer en discussions avec Red Bull pour continuer un peu plus encore l'aventure -, Daniel Ricciardo, voire Charles Leclerc (engagé chez Ferrari jusqu'en 2024) et Lando Norris (contrat longue durée avec McLaren). Et Mercedes ne semble pas avoir dans sa manche un atout aussi fort que Russell au sein de sa pouponnière pour faire le grand saut. L'option d'une volte-face sur le cas Valtteri Bottas, qui a semblé résigné depuis plusieurs mois déjà, ne serait qu'un point de suture bien temporaire.
Bien qu'hautement improbable, le scénario d'un Lewis Hamilton quittant la Formule 1 ferait forcément bouger ce jeu de domino pour le moment bien établi. Mais les perspectives pour Mercedes sont loin d'être limpides. Au contraire de ce lendemain de 2016, qui n'avait été qu'une péripétie dans son hégémonie. A Abu Dhabi, ne pas avoir été maître de son destin le temps d'un tour avait fait voler en éclats son plan rêvé. Ne pas l'être davantage en plein cœur de l'hiver serait tout aussi dévastateur.

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