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Formule 1 2023 | Tête dure et droit dans ses bottes : Max Verstappen (Red Bull) a de quoi progresser
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Publié 25/12/2022 à 20:57 GMT+1
FORMULE 1 - Max Verstappen (Red Bull) a donné en 2022 l'image d'un pilote quasi infaillible. Mais en dehors de ses 15 victoires, le double champion du monde néerlandais est parfois retombé dans ses travers cette saison. C'est là où on peut voir pour lui quelques pistes d'amélioration pour la suite…
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Max Verstappen n'a donc pas atteint son ultime objectif de la saison 2022 : remporter 16 victoires pour mettre définitivement Michael Schumacher dans ses rétroviseurs. Avec 15 succès, il est certes devenu le nouveau détenteur du record absolu de victoires en une saison, mais il en voulait une de plus pour afficher le meilleur ratio de tous les temps, pour mettre les choses au clair dans les statistiques. Quinze succès, ça reste du jamais-vu, mais, bien sûr, il a eu la chance de disputer 22 courses pour en arriver là. Avec 68,18% de victoires, il s'incline donc face aux 72,22% de l'Allemand, auteur de 13 victoires en 18 Grands Prix en 2004.
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Hamilton avait son Bottas, Verstappen a son Pérez
Qu'importe. Le constat est sans appel : "Super Max" a écrasé le championnat du monde 2022 avec sa Red Bull. Et on sait pourquoi il n'a réussi "que" sept poles positions contre neuf à Charles Leclerc ; la Ferrari était plus une monoplace du samedi que du dimanche.
En l'espèce, la prédominance mécanique a pesé lourd dans ce sport où on aime se dire que le pilote fait la différence au bout du compte. Cependant, Max Verstappen a fait beaucoup mieux que son coéquipier Sergio Pérez à matériel identique, et on peut affirmer sans trop s'avancer que la plupart de ses 18 autres collègues n'en auraient pas fait autant avec sa RB18. A ce sujet, on ne l'a d'ailleurs pas entendu prétendre que n'importe qui aurait pu faire aussi bien que lui. Du temps de la suprématie de Lewis Hamilton, il ne se privait pourtant pas d'avancer que les 20 pilotes de la grille pouvaient gagner avec une Mercedes. Le Britannique avait son Valtteri Bottas, avant que lui-même n'ait son Sergio Pérez. Preuve qu'il se trompait bien et que son mérite est tout simplement énorme.
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Ce "pilotage à la dure" désavantageux
Max Verstappen a donc surfé la vague créée par Milton Keynes et Charles Leclerc et Ferrari n'ont rien pu y faire. Son 15/22, on l'a dit, est unique et n'avait rien d'évident. Pour autant, a-t-il été irréprochable de son côté ? Aurait-il pu faire certaines choses un peu mieux ? Le Néerlandais s'inscrit dans une réelle progression depuis 2019, année où il a eu pour la première fois un V6 Honda dans le dos ; un moteur puissant et fiable qui lui a permis d'apparaître pour la première fois sur le podium final du championnat. Et à nouveau en 2020, en finissant par contre sur les talons du second pilote de l'Etoile à trois branches, Valtteri Bottas. Et puis évidemment, on sait ce qu'il en est advenu en 2021.
Qu'aurait-il donc pu mieux réussir en 2022 ? La réponse primaire tient dans l'échec tout relatif de sa chasse aux 16 victoires. au Grand Prix de Sao Paulo il s'est montré intransigeant comme il n'aurait pas dû l'être, et y a laissé cette victoire qui lui fait aujourd'hui défaut, dans les roues de Lewis Hamilton. Au contact même, puisqu'il aime ce fameux "pilotage à la dure" dont il rêve d'être le seul dépositaire.
Tête dure plutôt, godasse de plomb et droit dans ses bottes, il a maugréé sur sa pénalité de 10 secondes entièrement justifiée. Et oublié qu'en 2018, il avait jugé Esteban Ocon (Force India) coupable dans ce même "S de Senna" d'avoir voulu passer en force à l'intérieur. Exactement comme lui avec le septuple champion du monde anglais. La saison 2023 dira si il a appris de ça, changé de logiciel. Mais s'il s'est permis d'être aussi raide d'attitude, c'est peut-être parce qu'il était déjà couronné. Rien à voir avec la prudence affichée après ses abandons lors des Grands Prix n°1 et n°3. Là, son obsession était de finir, éviter à tout prix un abandon.
La fuite de Singapour
Cette faute brésilienne a peut-être été sa plus grossière de la saison, avec son attaque ratée sur Lando Norris (McLaren), au Grand Prix de Singapour. MV1 n'avait pas toujours encaissé le camouflet de la qualification et il n'était visiblement pas calmé au moment de sa remontée. Il s'était pourtant gardé de jouer des coudes au départ - quatre places perdues - mais on le sentait quand même borderline depuis un moment. La veille il avait été sommé de rentrer à son stand, à la fin d'un tour bon pour la pole position, à cause d'une panne d'essence imminente. Enervé, il était rentré à son hôtel, sans passer par la case debriefing.
Un coup de sang mal passé, même auprès de Helmut Marko. "Il faut composer avec ce genre de situation, s'était agacé le conseiller sportif. D'accord, c'était une faute de son ingénieur de course (Gianpiero Lambiase), une erreur stupide. Mais c'est aussi l'ingénieur qui lui a déjà permis de gagner 34 courses. Dans ce cas, on sait qu'il ne faut pas lui parler pendant un moment, le laisser s'en aller. On sait qu'on va le revoir. C'est comme ça que Jos (son père) fait encore avec lui. Mais ça va de mieux en mieux." Il ne reste pas moins que le Néerlandais a lâché son équipe, qui avait besoin de son feedback pour préparer la course.
La question de l'envergure technique
Et puis, comment ne pas revenir sur les à-côtés de ce Grand Prix de Sao Paulo qui a tant écorné l'image du double champion du monde, ce dont il ne semble pas avoir conscience. Il a pris le risque de s'aliéner son coéquipier Sergio Pérez en 2023 en refusant l'ordre du stand de lui redonner sa place en fin de course. Encore une fois droit dans ses bottes... Et l'équipe à sa botte, puisque celle-ci a servi quelques jours plus tard une version sur-mesure visant à dédouaner son champion, à laquelle il était impossible d'adhérer.
Non, la consigne n'était pas arrivée trop tard, et l'intéressé s'était chargé de dénoncer ce grossier fake de la com redbullienne. Et continuer délibérément d'alimenter la rumeur sur l'origine de sa rancune, un sentiment qui fait sa marque de fabrique comme Sebastian Vettel avant lui. "Super Max" n'aurait pas plus supporté le supposé crash volontaire du Mexicain en qualification à Monaco, que l'Allemand n'aurait apprécié le manque de soutien de Mark Webber lors de la finale tendue du Grand Prix du Brésil 2012 ; qui avait débouché sur le fameux épisode du "multi 21" début 2013. En somme, Verstappen est sûr de sa cause comme l'était le précédent "élu" chez Red Bull.
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La raison inavouable pour laquelle Verstappen n'a pas voulu aider Pérez
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Et puis, comment ne pas évoquer les propos que nous avait tenus Guillaume Rocquelin, juste avant ce même week-end à Interlagos ? L'ex-ingénieur de Sebastien Vettel 2010-2013, chef ingénieur lors du premier sacre de Max Verstappen, avait parlé d'un pilote "au niveau technique un peu faible comparé à d'autres" (pilotes) qu'il avait connus chez Red Bull Racing. Ces réserves inattendues, tant un champion est supposé être parfait, n'étaient qu'un jugement détaché, éclairé par des années d'expérience, sans volonté de dévaloriser les qualités du Néerlandais. Elles soulignaient simplement que le Max Verstappen est un pilote plus instinctif que cérébral, et qu'il a encore une énorme marge de progression. Ce dont on pourra peut-être juger en 2023.
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Rocquelin : "Quand il est arrivé chez Red Bull, Vettel était plus complet que Verstappen"
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