Mick Schumacher voulait y retourner dès dimanche. Secoué avec force G - 35 au total - lors de son accident au virage n°1 du circuit de Djeddah samedi en Q1, le jeune Allemand avait été déclaré inapte par le médecin de la FIA. Le scanner passé à l'hôpital n'avait rien révélé de grave mais la prudence était de mise après un tel choc. Fait inhabituel, Formula 1, le promoteur du Championnat du monde, avait montré les images de la caméra embarquée.
Schumacher avait suivi la course sur le muret de commandement de Haas F1 Team. Casque sur les oreilles pour suivre les conversations entre Kevin Magnussen et son ingénieur, il n'avait rien manqué de la nouvelle chevauchée de son coéquipier. Déjà cinquième à Sakhir, le Danois avait terminé 9e. Une place méritée à coup de dépassements déconcertants sur Lewis Hamilton (Mercedes).
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Le fils de Michael Schumacher, 23 ans, voulait sûrement en savoir plus sur la façon dont "K-Mag" le domine depuis son retour de dernière minute comme titulaire, "pour plusieurs années", dans le baquet de Nikita Mazepin, prestement remercié avec père et sponsor suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
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Mazepin lui offrait de la tranquillité

Haas y a gagné au change, et Mick beaucoup perdu. "Je ne sais pas comment il fait", avouait l'an dernier Mazepin devant la caméra de Drive To Survive, pour Netflix, en parlant de l'Allemand et son utilisation des pneus et de la voiture en général. Jusqu'à en pleurer dans son garage de dépit après une énième claque le samedi après-midi.
En qualification, le champion de Formule 2 en titre avait dominé le Moscovite - lui aussi débutant - 20 fois sur 21 possibles en 2021. Mais au volant d'une VF-21 techniquement en friche au sein d'une équipe en apnée dans l'optique de 2022, ça ne valait pas le moindre point.
On le savait, Nikita Mazepin était là plus pour ses roubles que son talent pur, et Mick Schumacher avait la partie facile en tant que champion de Formule 2 en titre, couvé par la Scuderia à coups de stages et roulages, en qualité de membre de sa Ferrari Driver Academy.
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Il n'a plus de joker

Mais le 9 mars dernier, le statut du fils du septuple champion du monde a évolué avec le recrutement du Scandinave, pilote de l'écurie de 2017 à 2020 et mis sur la touche pour faire la place à des pilotes sponsorisés ou placés par une autre équipe. Mais il ne l'a pas vu venir de suite. Le supplément de temps alloué par la FIA à Haas pour des problèmes d'acheminement de fret, en bout de dernière journée de tests à Sakhir, lui a permis de signer un deuxième temps en trompe l'œil. "Maintenant, il faut être capable de transposer ça quand ça importe, c'est-à-dire la semaine prochaine", a-t-il lancé, en parlant du Grand Prix de Bahreïn. Ça s'est compliqué dès la première séance de qualification, lors de laquelle il a signé le 12e temps, à 0"5 du Danois, sensationnel septième. Le dimanche, K-Mag a explosé les compteurs avec sa cinquième place, six rangs devant lui.
Mick Schumacher était sous pression et ça s'est vu à Djeddah, où il a piloté sur un fil jusqu'à ce que celui-ci ne se rompt, à vouloir suivre le rythme effréné de son coéquipier et désormais leader.
L'an dernier, Mick avait le temps et des excuses pour tout et ce n'est plus le cas cette année. "Il était là pour apprendre et maintenant il doit obtenir des résultats", avait prévenu Günther Steiner, le patron opérationnel de l'écurie US, avant le début de la saison. Après deux courses, Magnussen a rapporté 12 points et Mick a déjà fait sortir quelques milliers d'euros de la caisse de Gene Haas, le propriétaire fondateur, qui consent à mettre la main à la poche à la place d'Uralkali, le sponsor des Mazepin.
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4,2 millions d'euros de dégâts en 2021

Mardi, le directeur d'équipe à l'accent guttural a fait les comptes, et ils ne sont pas bons. "Le châssis en lui-même ne paraît pas cassé, a expliqué l'Italien à RacingNews365.com. On peut changer la structure latérale d'impact (à droite) mais il faut vérifier. Ferrari m'a dit que le moteur est OK, et les batteries aussi. Tout le reste est cassé ! Je pense que le coût est déjà assez élevé. La suspension est fichue, sauf l'avant gauche. Le reste est de la poudre de carbone. Je ne sais pas combien ça va coûter, mais sur ces voitures, entre la boîte de vitesses, la carrosserie, le radiateur… ça va faire entre un demi-million et un million d'euros."
Malheureusement, Mick Schumacher n'en est pas à son coût d'essai. L'an dernier, il avait fini en tête d'un triste classement établi par Sky Allemagne, celui du pilote ayant occasionné le plus de dégâts pour son équipe. Avec 4.212.500 euros, il avait devancé Charles Leclerc (4.046.000) et Max Verstappen (3.889.000). Dans ce total figuraient, entre autres, les fracas de son accident au virage n°21 du premier Grand Prix d'Arabie saoudite de l'histoire, à Djeddah…
En 2021, Haas avait bien été la seule équipe - en dehors de la Scuderia qui entretient l'idée qu'il courra un jour pour elle - à voir des progrès significatifs en piste. Pour nous aider à patienter, le fils de Michael rappelait qu'il s'était révélé en Formule 3 européenne et en Formule 2 à chaque fois dans sa seconde saison dans la catégorie. Sûr de son destin, humble dans ses propos, il continuait à communiquer comme un champion. Très difficile d'accès pour les médias, répondant la plupart du temps en anglais à des questions en français, alors qu'il a suivi des études dans un lycée français en Suisse, Mick Schumacher avait toujours été protégé jusque-là - peut-être l'influence de sa manager Sabine Kehm, ex-attaché de presse puis manager de son père - et il s'est longtemps plu à entretenir une part de mystère. Qu'il est grand temps pour lui de lever.
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