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Beaucoup d'atouts, une seule réserve : McLaren, le choix évident de Pierre Gasly pour 2023
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Publié 31/05/2022 à 00:05 GMT+2
FORMULE 1 - Zak Brown a beaucoup parlé dans les médias ce week-end à Monaco pour expliquer que Daniel Ricciardo était dans une position fragile au sein de son écurie McLaren en vue de l'an prochain. Tout proche de la sortie, même. De là à penser qu'un baquet est libre à Woking, il n'y a qu'un pas. Et Pierre Gasly (AlphaTauri) aurait le profil parfait pour l'occuper.
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Video credit: Eurosport
Pierre Gasly n'aura pas l'opportunité d'une nouvelle chance chez Red Bull. On aimerait émettre une réserve, employer le conditionnel à ce sujet, mais en gagnant le Grand Prix de Monaco, Sergio Pérez l'a enfermé pour de bon chez AlphaTauri l'an prochain. A moins qu'il n'aille voir ailleurs.
Le Français espérait poursuivre sur la lancée de ses saisons 2020 et 2021 à Faenza pour retourner à Milton Keynes, une écurie pour laquelle il n'a couru que douze fois en 2019 avant de faire rétrograder chez Toro Rosso. Il espérait mettre "Checo" Pérez en ballottage cette année mais le lieutenant mexicain est plus que jamais l'homme de la situation chez Red Bull. Il était même inimaginable de le voir en troisième position en championnat du monde après sept courses, à seulement 15 longueurs du leader, son coéquipier Max Verstappen.
Dans l'euphorie de son triomphe princier, il s'est laissé aller à une confidence : "J'ai resigné trop tôt", a-t-il dit, à l'adresse de Christian Horner. Il pensait que son propos ne serait entendu que par son patron, et il n'a pas jugé utile d'y apporter un démenti autrement que sous la forme d'une pirouette devant les journalistes. Et mardi, on a eu la réponse à ce faux-fuyant amusé : Red Bull l'a resigné pour 2023 et 2024.
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Sergio Pérez (Red Bull) a remporté le Grand Prix de Monaco 2022.
Crédit: Getty Images
Le sort de Ricciardo fixé cet été
Bref, Sergio Pérez sera dans la RB19 l'an prochain, Pierre Gasly s'accomplira ailleurs et c'est le secret le moins gardé du paddock. Mais le Normand ne sera peut-être pas chez AlphaTauri, où il lui reste une année de contrat, mais chez McLaren. En effet, Zak Brown, le directeur de l'écurie de Woking, en a remis une couche dimanche au sujet du possible départ de son pilote Daniel Ricciardo. "Je ne veux pas entrer dans les détails du contrat, mais il y a des mécanismes dans lesquels nous sommes mutuellement impliqués, et des mécanismes dans lesquels nous ne le sommes pas", a expliqué le patron étasunien, cité par le site The Race. Dans ces "mécanismes", on comprend des clauses de résultats.
"J'en ai parlé à Daniel, a-t-il ajouté. Nous n'avons pas les résultats espérés mais nous continuons de pousser. Il a montré à Monza (en 2021) qu'il peut gagner des courses. Nous devons continuer de développer notre voiture, qui n'est pas capable de gagner des courses, mais nous aimerions le voir plus haut sur la grille." "Plus haut" signifiant plus proche de Lando Norris, qui l'a battu six fois en sept qualifications et encore laminé en course dimanche. "Je ne veux pas dire 'une course à la fois' car nous ne faisons pas ça, mais nous allons voir comment les choses se développent, ce qu'il veut", a-t-il précisé.
L'Australien, treizième à Monaco, a fait un lapsus ce week-end en parlant d'une négociation avec McLaren "cet été". Avant de se corriger en expliquant qu'il parlait de "l'été 2023". La réalité telle que l'a décrite Zak Brown est qu'il est en fin de contrat, et que 2023 est seulement une hypothèse. Et que tout reste possible : quand bien même "Dan The Man" satisferait les conditions de son contrat, Zak Brown pourrait le remercier, contre dédommagement. Pour faire place nette, repartir avec un nouvel arrivant.
Une cohabitation facile avec Norris
Pierre Gasly ? C'est le nom qui revient le plus souvent dans le paddock depuis les mises en garde du boss américain. En faisant le tour des pilotes les plus attrayants, le Français est en tête de liste. Et même le seul. Oscar Piastri ? L'espoir d'Alpine est officiellement réserviste de McLaren cette année mais quel serait l'intérêt pour Zak Brown de l'avoir seulement un an ? Rien n'est fait, mais Alpine pourrait titulariser son prodige australien en cas de retraite de Sebastian Vettel, qui laisserait son baquet chez Aston Martin à Fernando Alonso. Pato O'Ward ? Il a resigné en Indycar jusqu'en 2025 chez… McLaren. Colton Herta ? McLaren va faire rouler le pilote Indycar cette année à la demande d'Andretti Autosport, en vue de son entrée en Formule 1 en 2024.
Avec McLaren, Pierre Gasly pourrait enfin faire décoller sa carrière. Mais dans quel environnement, et avec quel package, c'est toute la question. Tout d'abord, il serait associé à Lando Norris, formé, choyé et résigné par McLaren jusqu'en 2025. Un sacré challenge en soi, mais la concurrence du jeune Anglais lui serait autrement plus profitable. Ignoré par le staff pro-Max Verstappen en 2019, le vainqueur du Grand Prix d'Italie 2020 n'aurait rien à craindre d'un garçon qui cohabité sans histoire avec Carlos Sainz - ils ont même parlé de bromance - et Daniel Ricciardo jusque-là.
Côté technique, Pierre Gasly retouverait aussi chez McLaren des personnes avec lesquelles il a collaboré par le passé, à commencer par James Key, son directeur chez Toro Rosso en 2018 et 2019, avant la promotion du Britannique à Woking. En revanche, le package ne serait peut-être pas celui d'aujourd'hui. McLaren roule avec Mercedes et ça va peut-être changer. Non pas à l'initiative d'Andreas Seidl, qui a choisi de remplacer le V6 Renault par le V6 allemand en 2021, mais de Toto Wolff. Dans une interview accordée au Financial Times, lundi, le directeur de Mercedes Motorsport et actionnaire de l'écurie F1 se déclare décidé à se séparer de l'une de ses trois écuries clientes.
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Lando Norris (McLaren) en tests à Sakhir le 11 mars 2022
Crédit: Getty Images
Une McLaren-Mercedes ? Pas sûr
"Malheureusement, l'activité de location de moteurs n'est pas convaincante ni intéressante car la FIA a mis une certaine limite au montant à la charge des clients afin de protéger les petites équipes, expose le manager autrichien. Je préférerais avoir six voitures (quatre clientes plus les deux officielles), pousser le développement à la limite et faire deux moteurs de moins."
Qui passerait à la trappe, et à quelle échéance ? On peut d'emblée exclure Aston Martin, dont la branche automobile est détenue à 20% par Daimler, maison mère de Mercedes-Benz. Restent donc Williams, qui possèdent un contrat jusqu'à fin 2025, et McLaren, liée à la firme à l'Etoile jusqu'en 2024. De ces deux, Williams est certainement la plus exposée à une rupture, Toto Wolff n'ayant jamais digéré que l'écurie de Grove signer Alexander Albon, le protégé de Red Bull, plutôt que Nyck de Vries, pilote Mercedes. Mais une chose est sûre, l'équipe abandonnée par Mercedes devra se tourner vers Renault, le motoriste qui fournit le moins d'équipes (elle-même en fait) comme le veut le règlement.
Quoiqu'il arrive, la décision de Mercedes de "couper" une de ses écurie cliente n'entrera pas dans les faits avant 2024 et ce paramètre ne fera pas partie de l'équation en cas de négociation entre McLaren et Pierre Gasly.
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