Saison 2026 | "De la Formule E sous stéroïdes" : Max Verstappen déteste les F1 2026... mais épate déjà lors des premiers roulages de tests de Bahreïn
Par Loris Belin
Mis à jour 13/02/2026 à 11:03 GMT+1
Après l'interrogation, les premières impressions tombent au sujet des monoplaces 2026 de Formule 1. Et Max Verstappen n'en est pas un adepte, c'est le moins que l'on puisse dire. Très critique, notamment envers la nouvelle réglementation moteur et l'importance accrue de la gestion de la batterie, le Néerlandais et Red Bull avec lui ont déjà fait très belle impression lors des tests de Bahreïn.
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Max Verstappen avait beau être passé proche d'un come-back retentissant pour chiper le titre pilotes 2025 à Lando Norris, le quadruple champion du monde n'avait jamais caché ne pas être vraiment fan de sa RB21. Moins stable, parfois capricieuse voire presque inconduisible pour tout autre style de pilote que celui du Néerlandais, Red Bull avait pour une fois raté en partie sa copie, avant de se reprendre. La firme autrichienne avait-elle mis tous ses œufs dans le même panier avant la grande révolution annoncée de 2026 ? Ce n'est pas ce que laisse à penser les premiers tours de roues lors des tests d'avant-saison à Bahreïn, réalisés mercredi et jeudi. De quoi satisfaire ou au moins contenter Max Verstappen ? Pas le moins du monde !
Jamais frileux au moment de donner son avis quand on lui tend un micro, le quadruple champion du monde avait bien des choses à dire sur cette nouvelle mouture que pilotes et constructeurs commencent à peine à apprivoiser en piste. Max Verstappen a exprimé tout le bien qu'il pensait de sa monoplace et de cette nouvelle réglementation.
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"Ce n'est pas très 'Formule 1', a-t-il déploré dans des propos rapportés par Motorsport jeudi. Cela ressemble plus à de la Formule E sous stéroïdes. Mais le règlement est le même pour tout le monde, donc il faut faire avec. Et ça, ce n'est pas mon problème, parce que je suis favorable à des chances équitables. Mais en tant que pilote, j'aime rouler à fond. Et en ce moment, on ne peut pas rouler comme ça. Il se passe beaucoup de choses."
En termes de pilotage, ce n'est pas très fun
Les deux premiers jours d'essais ont ainsi vu tous les acteurs expérimenter ces nouveaux moteurs, à la propulsion à moitié générée par la partie électrique du bloc moteur. Ce qui a conduit à quelques scènes plutôt improbables comme des rétrogradages en pleine ligne droite pour pouvoir recharger la batterie et ne pas tomber en rade en plein tour. "Beaucoup de ce que vous faites en tant que pilote a un effet énorme sur l'aspect énergétique, se lamente Verstappen. Pour moi, ce n'est tout simplement pas de la Formule 1. Peut-être qu'il vaut alors mieux piloter en Formule E, non ? Parce que là-bas, tout tourne autour de l'énergie, de l'efficacité et de la gestion. Donc oui, en termes de pilotage, ce n'est pas très fun."
Quand on sait l'importance de la dimension de plaisir dans la motivation de Max Verstappen et l'ombre qu'il a laissé planer sur son avenir en Formule 1 en fonction de cette nouvelle réglementation, la perspective n'a pas de quoi être très rassurante. "Pour moi, une voiture qui gagne, ça ne suffit pas", a-t-il averti. "Elle doit aussi être amusante à piloter. Je pense qu'à ce stade de ma carrière… J'explore aussi d'autres choses en dehors de la Formule 1 pour m'amuser. Je sais que nous sommes coincés avec cette réglementation pour un bon moment. Donc on verra."
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Max Verstappen (Red Bull) lors de la première journée d'essais de pré-saison à Bahreïn, le 11 février 2026
Crédit: Getty Images
Rétrograder plus pour emmagasiner plus
Max Verstappen ne s'amuse peut-être pas encore, et n'y parviendra peut-être pas du tout de la saison. "S'il veut prendre sa retraite, il peut la prendre, la Formule 1 change tout le temps", a préféré ironiser son rival Lando Norris au terme de la journée de jeudi. Mais ce nouveau défi technique a le mérite de mettre à l'épreuve les qualités de "SuperMax" au volant pour trouver de quoi se démarquer de la concurrence. Et sa maestria a frappé dès le premier jour avec une technique en apparence peu conventionnelle. Dans le virage 10 du circuit de Sakhir, le Néerlandais a été vu et entendu descendre jusqu'au premier rapport de sa boîte de vitesse, un traitement d'ordinaire réservé aux virages les plus serrés de la saison.
Les F1 ont beau être des trésors d’ingénierie, leurs fondamentaux restent proches de ceux de la voiture de Madame et Monsieur-Tout-Le-Monde. Tentez de prendre un virage à 50 km/h après avoir brusquement rétrogradé en première, vous entendrez votre moteur monter dans les tours et sentirez votre véhicule être moins maniable. Ainsi, le moteur Red Bull reste à régime très élevé en première, et génère donc davantage d'énergie pour recharger la batterie qu'en deuxième avec un régime moteur moindre.
Cette astuce semble bien plus qu'un artifice, mais bien un choix conscient, puisqu'il implique des contraintes pour le pilote que pour la mécanique. Le pic de régime peut faire perdre en stabilité, ce dont Verstappen s'est très bien accoutumé, bien plus que les Audi de Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto ou la Williams d'Alex Albon qui ont tenté de l'imiter au fil de la journée. Red Bull a également brillé par sa fiabilité avec le record de tours bouclés lors du 1er jour avec 136 boucles. La performance est dans la droite lignée des quelque 2 900 kilomètres parcourus à Barcelone lors des premiers essais, sans avarie majeure à déplorer.
Red Bull et son moteur "sont actuellement la référence"
Alors que Mercedes était anticipé comme le grand bénéficiaire de ce nouveau règlement moteur, avec l'exploitation d'une faille qui fait toujours grincer le paddock, Red Bull a marqué les esprits d'entrée. Une sacrée prouesse, alors que l'écurie étrenne son premier moteur "maison", produit avec Ford. "Eh bien, j'espérais qu'ils soient moins bons qu'ils ne le sont, car ils ont fait un très bon travail", a concédé Toto Wolff. Sincères félicitations ou manière de détourner l'attention et renvoyer la pression sur la concurrence ? "La voiture et le moteur sont actuellement la référence, selon moi, a appuyé le patron de l'écurie Mercedes. Et puis, bien sûr, il y a Max au volant, ce qui rend cette combinaison très forte. Voyez comment ils déploient l'énergie aujourd'hui. Ils sont capables de déployer beaucoup plus d'énergie dans les lignes droites que tous les autres. Nous l'avons déjà vu sur un seul tour, mais là, nous l'avons vu sur dix tours d'affilée avec le même type de déploiement en ligne droite."
"Il est encore extrêmement tôt, mais si je devais me baser sur les données GPS d'hier (mercredi), il est vrai qu'à l'heure actuelle, ce que les groupes propulseurs Red Bull Ford ont montré représentait un net avantage sur tout le monde. Un avantage clair, pas simplement un petit pas en avant, mais un vrai écart, et c'était très impressionnant" a abondé Carlos Sainz, dont la Williams est elle aussi motorisée par Mercedes.
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Hadjar chez Red Bull, cadeau empoisonné ? "Isack a déjà montré pas mal de choses…"
Video credit: Eurosport
Les deux premiers jours de tests à Bahreïn ne suffisent pas encore à dégager une hiérarchie prématurée. Mais ils affichent des premières tendances. Celle de moteurs Mercedes en proie à des soucis de fiabilité, limitant leurs écuries en nombre de tours et en précieuses données à analyser. Ou encore celle de Red Bull Ford, pourtant motoriste néophyte en plein cœur d'un immense chambardement, qui enchaîne les tours à l'image des 87 d'Isack Hadjar jeudi après avoir réglé un problème de fuite sur la boîte de vitesses, et signe la meilleure vitesse de pointe du premier jour (336,4 km/h). Pas si mal pour de la Formule E non ?
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