Formule 1 - saison 2026 : la Scuderia Ferrari déjà en tension
Publié 14/01/2026 à 07:17 GMT+1
La Scuderia Ferrari a tourné la page de sa saison blanche. Avec une certaine difficulté à en admettre l'augure pour son patron, Frédéric Vasseur, jusqu'aux exigences de sursaut qu'elle a créées. Selon un agenda qui va s'emballer avec le dossier brûlant de l'avantage de puissance de Mercedes et Red Bull…
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La Scuderia Ferrari a peut-être encore un rapport au réel compliqué à l'heure de s'attaquer à 2026. Son directeur Fred Vasseur n'a pas participé fin 2025 à l'élection du "pilote de l'année" en Formule 1, la plus reconnue parmi tant d'autres. Une défection sans explication, que l'on se gardera s'amalgamer aux refus répétés de quelques-uns de ses prédécesseurs frappés du cheval cabré - Maurizio Arrivabene et Mattia Binotto pour ne pas les nommer - au moment de reconnaître les mérites d'un pilote de la concurrence, Lewis Hamilton ou Max Verstappen. Pour se dédouaner, le manager français peut pointer l'absence de vote exprimé aussi chez Red Bull par Laurent Mekies, patron du Néerlandais déchu, qui a néanmoins survolé un suffrage embarrassant pour Lando Norris, le nouveau champion du monde de McLaren.
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Tout ceci ne serait qu'un détail si le boss français de Maranello n'avait pas non plus gentiment recadré son pilote n°1, Charles Leclerc, dans sa vision de l'urgence qui entoure à présent le Reparto Corse. Un appel au sursaut - "2026, c'est maintenant ou jamais" - pas franchement polémique soufflé devant les caméras en guise de conclusion à la saison 2025, que Fred Vasseur a du mal à reconnaître en dépit d'une réalité crue : une saison sans victoire et un vide de 18 ans au palmarès émilien depuis le dernier titre Constructeurs. "Il ne faut pas accorder trop de crédit aux déclarations formulées au terme d'un Grand Prix…", a-t-il coupé devant la presse, lors du dernier repas de Noël de Ferrari, dans des propos repris par AUTOhebdo. Le Monégasque n'est pourtant pas connu pour ses jugements à l'emporte-pièce, même à chaud, et ses sept ans passés en rouge l'autorisent certainement à exprimer ce genre d'ultimatum.
Pas de suspense : ce sera la SF-26
Tout ça pour dire que l'heure n'est pas à la remise en question pour Frédéric Vasseur, reconduit pour trois ans dans ses fonctions. Non, il n'y a pas péril en la demeure rouge. 2026 va permettre de tout oublier, remettre les compteurs à zéro grâce à un chambardement règlementaire - des machines à redessiner de fond en comble - providentiel. Nourrir de nouveaux espoirs auprès de ses tifosi, c'est ce que Ferrari sait faire de mieux.
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Pour autant, Fred Vasseur sait bouger les lignes. Il vient de renoncer à cette habitude exclusive et assez futile à Maranello consistant à garder secret - un suspense insoutenable chaque année - le nom de sa nouvelle monoplace de Grand Prix. Pas besoin d'attendre la date de la présentation commerciale de la rossa 2026 (on découvrira seulement sa livrée), le 23 janvier : elle s'appellera SF-26. Ferrari n'a pas d'énergie à gaspiller, elle est trop occupée à gérer sa course contre-la-montre.
15 chevaux de retard jusqu'en 22 janvier
"Il y a une sorte de convergence des approches désormais, avec des assemblages de monoplaces qui se terminent la veille des premiers essais, constate aussi l'officiel directeur général de la Scuderia. Nous, nous finirons le montage de notre voiture la veille du lancement prévu le 23 janvier à Maranello." Parce que "cette réglementation est de loin le plus gros changement que la F1 ait vécu depuis plusieurs décennies", ajoute-t-il, dans les colonnes d'AUTOhebdo. Qu'elle représente un défi qui a déjà mis en tension les motoristes du Reparto Corse : ces derniers n'ont pas décelé une zone grise entourant le taux de compression abaissé à 16:1, que leurs homologues de Mercedes et Red Bull ont exploité en parvenant à monter à 18:1 dans des conditions que la FIA ne peut encore mesurer. Un subterfuge à 15 chevaux que Fred Vasseur tentera de faire interdire lors de la réunion de crise des motoristes, le 22 janvier.
"Ce qu'il faut garder à l'esprit, c'est qu'il y a beaucoup d'éléments qui contribuent à la performance d'une unité de puissance, insiste le dirigeant français. Ce n'est pas une simple question de puissance pure, mais aussi d'utilisation, de poids, de récupération d'énergie. Ce n'est pas qu'une question de perfo pure."
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Pas à Montmelo pour taquiner le chrono
D'évidence, l'enjeu autour du nouveau V6 dépasse tous les autres, même si le châssis de 2026 est plus petit, doté d'une aéro active différente (1 mode en ligne droite, 1 mode en virage), sans DRS. Logiquement, l'équipe va concentrer ses premiers essais sur la validité de l'électronique gérant les propulseurs fonctionnant désormais avec de l'essence synthétique, et une part électrique presque triplée (de 160 à 350 chevaux), uniquement grâce au MGU-K (la puissance tirée de la chaleur des freins) puisque le MGU-H, pas pertinent au plan industriel, a été abandonné. Et un apport de puissance supplémentaire des batteries, selon deux modes ("boost" et "dépassement").
"Tout le monde va aller à Barcelone (ndlr : à Montmelo, du 28 au 30 janvier) avec, non pas un mulet, mais disons une "spec A", devine le patron de Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Pour tout le monde, l'essentiel va être d'accumuler les kilomètres pour valider certaines choses sur la voiture en termes de fiabilité. Pas de taquiner le chrono."
Viendront ensuite les tests à Sakhir (11-13 puis 18-20 février), en préambule au premier Grand Prix de la saison, à Melbourne (8 mars). Avec en ligne de mire la question des premiers développements, une fois le comportement de la SF-26 cerné dans ses aspects les plus fondamentaux. Vasseur parle d'une première évolution du package lors du 4e week-end de course (10-12 avril à Sakhir). Sans garantie : Ferrari n'entamera pas son budget capé sans la certitude d'emprunter un chemin de développement pertinent.
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