Sortie de "F1", le film avec Brad Pitt | Pour le blockbuster, réussir là où il est si facile d'échouer au cinéma

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Jamais un film lié à la Formule 1 n'avait suscité autant d'attente. "F1", diffusé au cinéma dès ce mercredi en France, va donc devoir réussir là où tous les précédents projets cinématographiques, à l'exception de "Rush", ont échoué. Celui-ci part avec un avantage certain puisque des moyens colossaux, ainsi que des accès inédits, ont été utilisés pour le rendre le plus réaliste possible.

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On ne peut pas plaire à tout le monde. C'est un peu moins vrai au cinéma, puisque certains chefs-d’œuvre ont fait l'unanimité. Mais ça l'est particulièrement pour les longs-métrages de course automobile. De tout temps, les films qui se sont attaqués à cet univers ont souvent échoué à plaire aux amateurs de sports mécaniques, au grand public... ou au deux.
Les quelques exceptions se comptent sur les doigts d'une seule main ; "Rush", qui retrace assez fidèlement la rivalité entre Niki Lauda et James Hunt, "Le Mans", porté par Steve McQueen et modèle d'immersion dans les 24 Heures, ou beaucoup plus récemment "Le Mans '66", qui relate l'affrontement entre Ford et Ferrari dans la plus grande course du monde.
Le film "F1", coproduit par Lewis Hamilton, incarné par Brad Pitt et largement soutenu par les promoteurs du championnat du monde, s'attaque donc à un défi beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît. La recette pour faire un bon film de course est assez complexe et diffère selon la cible. Les initiés veulent du réalisme et cherchent à revivre les sensations qu'ils peuvent éprouver devant un Grand Prix. Les autres attendent plutôt le drame, l'émotion, le suspense.

Hamilton, bien plus qu'un producteur

Parmi tous ceux qui ont tenté le pari, beaucoup ont échoué à trouver l'équilibre. On a (trop) souvent vu des scènes absolument irréalistes - et parfois pas aidées par des effets spéciaux ratés - ,des dialogues ringards, qui ont d'ailleurs participé à rendre les clichés tenaces, ou une vraie négligence autour des histoires fortes qui ont construit la popularité du sport automobile.
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Et puis il y a la difficulté technique : rien n'est plus délicat que de retranscrire visuellement l'intensité d'une course. Car elle n'est tout simplement pas cinégénique : la sensation de vitesse doit souvent être exagérée afin de ne pas paraître trop ennuyeuse.
Sur ce plan, le film "F1", en salles dès ce mercredi 25 juin, relève plutôt (très) bien le défi. L'accès à la piste et les scènes tournées aux côtés des vraies monoplaces rendent les images extrêmement réalistes. La technologie utilisée, aussi. "Les images tournées en conditions réelles, en marge des Grands Prix, ont été intégrées au film et augmentées par des techniques numériques afin d'insérer les voitures de l'équipe fictive dans les images de courses réelles, expliquait Lewis Hamilton. Ça renvoie des scènes fidèles au réel pour les fans de ce sport."

Brown, Vasseur et Wolff ont des répliques

Le septuple champion du monde a également été consulté sur des "détails sonores", ainsi que sur les différents accidents (spoiler alert : ils sont assez nombreux) et la "manière dont ils pouvaient se produire." De nouveaux angles de caméras, impossibles à exploiter pendant les Grands Prix, ont également participé à rendre le film plus immersif. Tout comme les appareils de très haute technologie, déjà utilisés sur le film Top Gun : Maverick (également réalisé par Joseph Kosinski), qui ont aussi fait grimper le budget de ce long-métrage pour en faire, sans nul doute, le film de course automobile le plus cher de l'histoire.
La figuration d'une bonne partie des vingt pilotes de Formule 1, ainsi que les mini-rôles joués par les directeurs d'écurie Zak Brown, Fred Vasseur et Toto Wolff ont fini d'ancrer le film dans le réel. Reste à savoir si l'intrigue fera mouche, elle aussi. Mais au moins, le contre-pied a été pris.
Alors que l'on avait plutôt l'habitude de voir des jeunes talents aux dents longues se faire une place parmi les loups, Brad Pitt incarne, lui, un pilote quinquagénaire faisant son retour en F1. Ce qui n'arrivera jamais dans la réalité. Mais tous les pilotes (les vrais) ont prévenu après la projection du film : pour l'apprécier, il faudra bien se souvenir qu'Hollywood est passé par là.
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