Au passage de la ligne qui lui assurait définitivement son premier titre de champion du monde, Jean-Eric Vergne (Techeetah) n'a pas exulté. D'autres le font pourtant pour une simple victoire. Pas lui. Peut-être parce que le Français a eu besoin d'un peu de temps pour prendre conscience qu'il venait de s'offrir le sacre. Plus certainement, encore, parce qu'il a été submergé par une émotion particulière.
A la radio, il n'a donc pas explosé au moment où son équipe l'a félicité. Le pilote de Pontoise a eu quelques mots simples, d'abord : "Nous l'avons fait, mes amis". Puis il a soufflé, la gorge nouée, comme s'il venait d'évacuer quelque chose de plus profond : "Cette saison est pour mon ami, Jules". JEV était un intime de Jules Bianchi, pilote de Formule 1 qui a perdu la vie, le 17 juillet 2015, plusieurs mois après un tragique accident, au Grand Prix du Japon.
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Frustration, émotion, libération

La F1 lui a enlevé beaucoup plus que ce qu'elle lui a offert. Mais dans les rues de Brooklyn, le pilote de Pontoise a démontré que la Formule E n'était pas qu'une échappatoire. "Le moment le plus difficile de ma carrière a été de quitter la Formule 1 pour aller en Formule E. Avec le recul, je pense que c'était la meilleure chose qui pouvait m'arriver", confiait-il d'ailleurs à l'AFP en mars dernier. Avec Toro Rosso, il avait côtoyé la catégorie reine du sport automobile entre 2012 et 2014.

De la 18e place à la 5e : Vergne a encore donné la leçon pour s'offrir le titre

Il avait finalement été remercié, après 58 grands prix, notamment pour faire de la place au jeune prodige néerlandais Max Verstappen. "Dans toute situation difficile ou négative, il y a toujours du positif à retirer, assurait-il il y a plusieurs mois. La différence se joue dans le fait d'arriver à l'extraire. J'ai vite changé ma mentalité".
La F1 ? "Ce serait stupide de dire non à une offre de Mercedes ou Ferrari…"
Avec ce nouvel état d'esprit, Vergne a aussi changé de dimension. Lorsque Techeetah, novice en sport automobile, a débarqué en Formule E en 2016 pour lui proposer une nouvelle aventure, le Tricolore s'est investi dans les décisions logistiques de l'écurie. Et il l'a portée à bout de bras, cette saison, malgré "une voiture sous-développée". "On est obligé de réfléchir d'une manière différente et de travailler plus", confiait-il. Le labeur et la régularité ont payé. Après quatre pole positions, cinq podiums dont trois victoires en onze course, le Pontoisien va aborder la dernière manche, dimanche, avec 31 points d'avance sur son dauphin, Sam Bird (DS Virgin) et la couronne sur la tête.

Vergne : "Je pense que je vais avoir besoin d'un peu de temps pour réaliser"

Vergne a donc trouvé son épanouissement, dans un monde à l'opposée de la F1, dont il ne rêve plus : "Ce serait stupide de dire non à une offre de Mercedes ou Ferrari, mais je ne pense pas que ça arrive, je suis assez lucide là-dessus. Je suis extrêmement bien là où je suis", disait-il, fin mars. Et cela n'a probablement pas changé depuis.
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