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"Vivre à un tel moment, c'est un privilège, même si vous terminez 2e"

"Vivre à un tel moment, c'est un privilège, même si vous terminez 2e"

Le 15/04/2019 à 12:18Mis à jour Le 15/04/2019 à 16:50

MASTERS 2019 - La victoire de Tiger Woods dimanche à Augusta a réjoui jusqu'à ses adversaires, qui lui vouent une admiration tout particulière et ont conscience de la place spéciale occupée par le champion américain. C'est aussi ça, l'effet Woods.

C'est le principe du golf : un seul vainqueur et des perdants. Dimanche, pour la première fois depuis onze ans en Grand Chelem, ce vainqueur se nomme Tiger Woods. Mais rarement les autres, tous les autres, sont apparus à ce point heureux de l'identité du lauréat. C'est aussi à cela que l'on mesure la place spéciale du Tigre sur le circuit.

En Géorgie, ses pairs ont unanimement salué sa performance. Sa joie était aussi un peu la leur. Surtout dans les rangs américains. Mais même l'Italien Francesco Molinari, très déçu d'avoir coincé dans le "back nine" alors qu'il avait abordé cette dernière journée en tête, a lâché un "c'est bon de voir Tiger à nouveau à ce niveau-là".

Au fond, Justin Thomas a sans doute résumé la pensée de beaucoup à travers sa réaction sur Twitter : "je pense que je parle pour beaucoup de personnes du monde du golf quand je dis 'nous sommes tellement heureux pour toi TW'". Un avis partagé par Tony Finau, qui a disputé ce dernier tour dans la même partie que Woods et a pu profiter de l'ambiance. "Pour moi, c'était sympa d'être au cœur de l'action, même si le résultat n'est pas celui que j'aurais souhaité, concède-t-il. Mais évoluer dans une atmosphère comme celle-là, c'est exactement ce pour quoi je m'entraîne, ce pourquoi je joue, alors il faut remercier Tiger pour ça."

Tiger Woods

Quand vous pensez à tout ce qu'il a traversé ces cinq dernières années

Brooks Koepka, lui aussi, aurait pu afficher sa frustration. En août dernier, l'Américain avait remporté l'USPGA… devant Tiger Woods. Les rôles ont été inversés à Augusta, Kopeka se retrouvant à la pire place, celle du dauphin. Le premier de tous ceux qui n'ont pas gagné. Pour un peu, il semblait pourtant presque aussi heureux du résultat que s'il avait gagné lui-même. "Je pense que c'est génial de le voir à nouveau gagner, a-t-il témoigné. Revoir l'ancien Tiger, en tant que fan, j'adore ça. Quand vous pensez à tout ce qu'il a traversé ces cinq dernières années, être capable de revenir au sommet, c'est remarquable."

En Géorgie, Koepka est venu mourir à un coup du vainqueur. Il était le dernier à pouvoir contrarier Woods et s'il avait rentré son putt pour le birdie au 18, il aurait même pu pousser le Tigre à un playoff. Mais il n'a aucun regret. Au contraire. "Je n'aurais pas voulu que ça se termine autrement, reprend-il. J'ai tout donné, je n'ai aucun regret et rivaliser avec le meilleur joueur de tous les temps, c'est formidable. Vivre à un tel moment, c'est un privilège, même si vous terminez 2e. C'est probablement les neuf derniers trous les plus cools auxquels j'ai pu prendre part."

Brooks Koepka n'est pourtant pas sidéré du dénouement de ce Masters 2019. Comme tout le monde, il a pu mesurer à quel point son illustre collègue était de retour aux affaires ces derniers mois. Mais il y a un monde entre jouer placé dans un tournoi comme le Masters et le fait de le gagner. "Nous savions qu'il était à nouveau là, mais en gagnant, il a mis un point d'exclamation sur son retour, dit-il encore. Ce qu'il a accompli ce week-end est vraiment impressionnant."

Brooks Koepka au Masters 2019 à Augusta

Schauffele de retour en enfance

Tous ont conscience d'avoir assisté à un moment particulier. Une page d'histoire. Cela atténue leurs propres regrets, quand ça ne les efface pas. Xander Schauffele, pour son deuxième Masters, a partagé la deuxième place avec Koepka et Dustin Johnson. "Mon heure viendra, jure le Californien. Mais j'ai du mal à ne pas être content parce que j'ai été témoin d'un truc historique. C'était vraiment cool de vivre l'Amen Corner, les derniers trous et de voir Tiger déchainer la foule."

Xander Schauffele avait trois ans et demi quand Tiger Woods a remporté son premier Masters, en 1997. Comme beaucoup de membres de la jeune génération américaine, il est un enfant, ou un petit frère de Woods. Dimanche, une fois son 72e trou bouclé, il n'en a pas perdu une miette : "Voir Tiger arriver sur le green du 18, en rouge, c'était comme revenir en enfance. C'est ce que je voyais à la télé quand j'étais gamin. C'est chouette de le connaitre un peu aujourd'hui en vrai, et d'avoir pu le féliciter quand il est sorti du 18 en vainqueur." Tous rivaux, tous fans, et tous bluffés.

Xander Schauffele au Masters 2019 à Augusta
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