Jeux Olympiques de Paris 2024 | Simone Biles, le centre du monde
Par Julien Pereira
Mis à jour 05/08/2024 à 11:21 GMT+2
Elle est l'une des superstars de ces JO de Paris 2024. Revenue, depuis quelques mois, à son meilleur niveau après une longue période de doute, Simone Biles a déjà décroché trois médailles d'or en moins d'une semaine. Elle en vise deux de plus ce lundi. L'Américaine, brillante et hypnotisante, génère toujours une atmosphère particulière, par sa simple présence et surtout par ses performances.
Une erreur puis un passage au sol en apothéose : Comment Biles a décroché son 6e titre olympique
Video credit: Eurosport
Vous aurez beau ne rien voir, vous saurez tout. Car c'est ainsi, avec Simone Biles : elle peut tenter de se faire discrète, garder le visage fermé pour ne pas abîmer sa concentration, l'atmosphère bascule toujours, quasi instantanément, lorsqu'elle se présente à un nouvel agrès ou qu'elle apparaît sur les écrans géants de la superbe Arena de Bercy. Il y a du bruit. Des cris. Parfois même une forme d'hystérie, capable d'étouffer les très entraînants encouragements des supporters brésiliens, massivement présents à Paris pour soutenir la rivale Rebeca Andrade.
L'Américaine s'en passerait bien, elle qui avait croulé sous le poids de ce qu'elle a vécu et de ce qu'elle représente, il y a trois ans, lors des Jeux Olympiques de Tokyo. Mais avec l'âge et les décisions qu'elle a prises pour ne plus se laisser hanter par ses démons - s'entourer d'un thérapeute qu'elle voit régulièrement pour préparer ses compétitions, notamment - la Texane a appris à ne plus subir les tornades qu'elle génère.
Biles déplace les foules
Au concours général individuel qu'elle a remporté avec brio jeudi dernier, plus de 600 journalistes se sont présentés à l'Arena - pour moitié moins de places réservées à la presse - et beaucoup ont dû se résoudre à travailler depuis le centre de presse installé à l'écart et sans aucune vue sur l'épreuve. Ceux de la chaine américaine NBC, qui avait fait de Biles sa figure de proue à Tokyo en dépensant des sommes considérables, sont arrivés en grappes, avec beaucoup d'avance et un impressionnant attirail.
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Yurchenko double salto carpé et un 7e titre olympique : Biles fait résonner l’hymne américain
Video credit: Eurosport
Le staff américain (kinés, nutritionnistes, etc) n'ayant pas accès à l'aire de compétition est également fourni. L'arrivée de l'athlète remplit la salle à ras bord. Son départ, après le podium, la vide de moitié, même si les hommes y disputent une finale dans la foulée, comme ce fut le cas samedi après son titre sur le saut. Biles, 1,42m, déplace des foules immenses et tous ceux qui l'entourent sont aux petits soins. À commencer, bien sûr, par ses entraîneurs français, Laurent et Cécile Landi.
Au saut de cheval, Laurent replace le tremplin au millimètre, jauge l'adhérence de la table. À la poutre, Cécile s'affaire à l'avance pour marquer des repères à la craie. L'ancienne gymnaste a une vue d'ensemble sur tout ce qui pourrait interférer avec la routine de l'Américaine. Laurent Landi est l'appui technique, qui voit tout, corrige tout, et distribue les marques de soutien lorsque Biles en a besoin, comme ce fut le cas après la pénalité qu'elle a reçue aux barres asymétriques, jeudi.
Elle est unique
Lorsque les écrans l'invitent à se présenter sur un agrès, le temps s'arrête. L'instant est court mais le contraste est saisissant : avec sa rivale Rebeca Andrade, par exemple, les applaudissements s'invitent, le passage est rythmé.
Avec Biles, c'est tout autre chose. Les spectateurs retiennent leur souffle. Peut-être est-ce lié au traumatisme de Tokyo, que tout le monde a encore en mémoire. Ou, plus sûrement, à l'impatience d'assister à une performance unique que "The Queen" est la seule à pouvoir livrer avec un tel niveau de puissance, de technique et de hauteur.
Biles atterrit. Les tribunes se lèvent pour ovationner celle qui, à chaque fois qu'elle s'est présentée à l'Arena Bercy depuis le début de ces Jeux Olympiques, a décroché une médaille d'or. Pour elle, il n'y a plus de lassitude. Chez ceux qui l'admirent, il n'y en a jamais eu. Avec les épreuves terminales de la poutre et du sol, où la reine vise deux nouvelles médailles d'or, le bouquet final se profile, ce lundi.
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Simone Biles et sa médaille d'or au saut de cheval aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Crédit: Getty Images
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