Getty Images

Nze Minko, l'heure de la consécration

Nze Minko, l'heure de la consécration

Le 15/12/2018 à 19:00Mis à jour Le 16/12/2018 à 14:32

EURO HAND FEMININ - Irrésistible depuis le début du tournoi, Estelle Nze Minko a été essentielle dans le parcours de l'équipe de France jusqu'à la finale, dimanche à Paris-Bercy (17h30), face à la Russie. Les retrouvailles face aux Russes constituent l'occasion idéale pour l'arrière tricolore de boucler son récital en beauté.

Elle a donné le ton dès le début. En faisant tomber la foudre de son bras droit pour inscrire le premier but des Bleues face aux Pays-Bas (27-21), Estelle Nze Minko a idéalement lancé une partition sans fausse note. Six tentatives, six buts et le titre de meilleure joueuse d'une rencontre qu'elle éclaboussé a de tout son talent. Ce n'est pas la première fois. C'est même une constante depuis le début d'un championnat d'Europe que l'arrière tricolore a d'ores et déjà marqué de son empreinte.

Cet Euro, c'est son tournoi. Après une entrée en matière franchement discrète face à la Russie (23-26), Nze Minko a enclenché la vitesse supérieure. Quatre buts face à la Slovénie (30-21), sept face au Monténégro (25-20), six face au Danemark (29-23)… Et quand l'enjeu est monté d'un cran, la joueuse de 27 ans a suivi le mouvement. Avant d'écoeurer les Pays-Bas, elle avait déjà mis la Serbie (38-28) au supplice avec neuf buts. Au total, elle en est à 34 réalisations, ce qui place la Française à la septième place du classement des buteurs.

85% de réussite au tir !

Mais le plus fou, c'est d'atteindre ce total en… 40 tentatives. Soit un pourcentage de réussite au tir de 85%. C'est de loin le meilleur du tournoi. Tellement ahurissant, surtout par rapport à son poste, que cela masquerait presque tout ce qu'elle apporte dans les autres domaines : 16 passes décisives, ce qui la place aux portes du Top 20 des meilleures passeuses de l'Euro, et surtout 8 interceptions. Personne ne fait mieux dans ce championnat d'Europe. Et cela pose encore davantage Nze Minko comme l'une des principales prétendantes au titre de meilleure joueuse de l'épreuve.

Estelle Nze Minko face aux Pays-Bas

Estelle Nze Minko face aux Pays-BasGetty Images

Son talent appelle cette consécration. Nze Minko n'en était pas passée si loin en 2016, l'année où elle s'était révélée sous le maillot tricolore avec 35 buts et 20 passes décisives lors du précédent championnat d'Europe. La France avait échoué à la troisième place de l'épreuve. Paradoxalement, elle n'avait pas confirmé en 2017. Moins utilisée par Olivier Krumbholz, Nze Minko n'avait pas eu le même impact sur le sacre mondial des Bleues.

Les étoiles sont alignées

Cette fois-ci, les étoiles semblent alignées pour que le triomphe collectif s'accompagne de la gloire individuelle. "Elle marche sur l'eau, lance Olivier Krumbholz. Elle est tout à fait incroyable et extraordinaire. Elle apporte énormément sur un poste où l'on a beaucoup de polyvalence. C'est un vrai plaisir de la voir à ce niveau-là. Comme l'ensemble de l'équipe, elle gère particulièrement bien le rythme de ses actions."

Olivier Krumbholz lors de France-Russie / Euro 2018

Olivier Krumbholz lors de France-Russie / Euro 2018Getty Images

C'est le sens de son histoire. Après Toulouse, Mios-Biganos, Nîmes, Nantes et Fleury, la native de Saint-Sébastien-sur-Loire, dans la région nantaise, n'a pas forcément choisi la facilité en rejoignant Siofok en 2016. Ou en poursuivant son aventure au sein du club hongrois l'été dernier. Mais c'est finalement ce qui lui a permis de prendre conscience de son talent et de franchir un cap. "C'est l'une des cinq meilleures joueuses du championnat, qui est sans doute le plus relevé du monde", expliquait l'ancien joueur Attila Borsos dans L'Equipe vendredi.

Les vertus du leadership

Promue capitaine à Siofok, Nze Minko a su assumer ce nouveau rôle qui a contribué à sa progression "J'ai un vrai leadership dans mon club, explique-t-elle. C'est certain, ça m'a aidé à prendre des responsabilités. Tu es là pour performer, parce qu'on t'a pris pour cela. Je suis plus confiante, et un peu plus habituée à jouer des matches devant du monde, des matches à enjeu. Ça s'appelle l'expérience, donc je suis un peu plus relâchée", glisse-t-elle.

Cela se voit dans ses performances avec les Bleues. Il lui reste maintenant ce dernier pas à franchir. Le plus grand. Et comme un symbole, ce sera face à la Russie. Cette nation qui avait privé les Bleus de l'or olympique en 2016. Et qui lui a infligé sa seule défaite durant ce championnat d'Europe, en match d'ouverture. Faire tomber cette bête noire pour offrir à la France son premier titre de championne d'Europe, c'est le défi idéal pour boucler son récital. Et aller chercher ce titre de meilleure joueuse qui lui tend les bras.

Vidéo - France-Russie : L'heure de la revanche pour les Bleues

01:19
0
0