Handball - Euro 2022/ La France de la sérénité à un finish complètement raté : "On n'a pas reconnu l'équipe"

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CHAMPIONNAT D’EUROPE – Un week-end à oublier pour les Bleues. Déjà grandement déçue après un nouvel échec face à la Norvège, aux portes de la finale, l’équipe de France a subi une nouvelle désillusion ce dimanche lors du match pour la 3e place face au Monténégro (27-25 a.p.), où les championnes olympiques se sont retrouvées avec la médaille en chocolat. De quoi leur laisser d’immenses regrets.

Tamara Horacek, Olivier Krumbholz et Estelle Nze Minko, après le match pour la 3e place perdu par les Bleues face au Monténégro - 20 novembre 2022

Crédit: Getty Images

Elles ont tout bien fait, sauf au moment où ça comptait le plus. Parfaitement lancées dans cet Euro où elles espéraient décrocher la médaille d’or, un an après la déception d’une finale de Mondial perdu au terme d’un scénario renversant, les joueuses de l’équipe de France se sont finalement retrouvées à la pire place possible, après leur défaite face au Monténégro (27-25 a.p.) ce dimanche : au pied du podium.
"Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je suis déçue, je nous en veux", enrageait, au micro de beIN Sports, une Grace Zaadi "en colère" après cette deuxième désillusion en deux jours dans ce championnat d’Europe. Alors qu’elles avaient laissé une impression de grande sérénité lors de leurs six premiers matches de la compétition, presque tous remportés largement et avec la manière, les Bleues ont failli au moment de faire ce qu’elles font pourtant de mieux ces dernières années, à savoir collectionner les médailles.
Après le nouvel échec face aux Norvégiennes (28-20), déjà vainqueures en finale en Espagne l’an dernier, en demi-finale, les coéquipières d'Estelle Nze Minko espéraient toutefois rebondir face au Monténégro, une équipe certes embêtante mais sur laquelle elles avaient l’ascendant, pour avoir largement dominé les coéquipières de Djurdjina Jaukovic lors du tour principal (27-19).
"On a mal joué, on n’a jamais réussi à rentrer dans le match, on a perdu énormément de duels défensifs, on avait les pieds dans le béton", a regretté, toujours au micro de beIN Sports, le sélectionneur Olivier Krumbholz, qui avait martelé, avant le match, l’importance de rebondir et d’aller chercher une médaille de bronze.

Krumbholz enrage contre le public monténégrin

"On n’a pas su gérer le contexte, où on était favori. On s’est mis la pression et derrière ils ont fait ce qu’ils savent faire, en gardant la balle, jusqu’à ce qu’on face une faute en défense", a poursuivi le Messin, qui espérait décrocher une 14e médaille en tant que sélectionneur des Bleues ce dimanche. "Il y avait un stress énorme sur le banc de touche et pourtant on avait travaillé énormément sur nous. L’équipe, je ne la reconnais pas sur ce match-là", a également déploré Krumbholz.
"On s’est mis dans cette problématique toutes seules, on a fait des pertes de balles qui ne nous ressemble pas lorsqu’on remontait le terrain", a appuyé ensuite la demi-centre Zaadi, qui avait pourtant permis aux siennes d’arracher la prolongation d’un jet de 7 mètres victorieux à sirène. "Ensuite, on est tombé dans leur tempo, elles ont réussi à faire ce qu’on fait d’habitude, ça veut dire couper nos courses. On a manqué d’énergie et d'agressivité. Il y a un monde entre ce qu’on a fait à Skopje (où les Bleues ont disputé les tours préliminaire et principal) et ce qu’on a fait ici à Ljubljana (où se jouait le dernier week-end de la compétition)", a reconnu la maîtresse à jouer des championnes olympiques.
"Dans ce mano-à-mano, j’ai l’impression qu’il y avait un peu plus de caractère en face", a poursuivi Cléopâtre Darleux, gardienne infranchissable jusqu’à alors et qui n’a pas pu faire des miracles lors de ce match, commettant même cette fois, comme tout le reste de l’équipe, quelques erreurs grossières. "On loupe des immanquables, on fait des passes en touche... Il faut plus de discipline", a intimé la gardienne, qui a encore vu ses compatriotes pêcher au shoot (seulement 59% de réussite), un point de crispation récurrent ces dernières années.
"Cette incapacité par moment au tir, elle plombe aussi notre jeu. Des filles étaient fatiguées, et la fatigue plus le manque de maîtrise technique, ça provoque un stress qu’on n’est pas arrivé à gérer aujourd’hui", a regretté Krumbholz, qui n’a pas manqué de souligner l’attitude contestable du chaud public monténégrin.

Avant les Jeux de Paris, encore de gros chantiers

"Il y a des mecs dans les tribunes qui sont au bord du terrain juste pour foutre le bordel et évidemment, l’EHF ne fait rien. Ils balancent des bouts de papiers sur le terrain lorsqu’on partait en contre-attaque pour arrêter le temps. C’est dommage parce que le match devient pourri, parce qu’il n’est pas pris en charge par l’EHF et les arbitres". Cela n’explique pas tout, et les Bleues, lancées vers les JO, ont pu observer qu’elles avaient de nombreux chantiers à régler pour parvenir à conserver leur titre acquis à Tokyo.
"On va continuer à travailler, on ne va pas oublier ce qu’il s’est passé", a promis le sélectionneur, quand Grace Zaadi a elle aussi montré la voie à suivre : "On va discuter entre nous, et bosser individuellement pour faire avancer l’équipe de France, que ce soit nous ou le staff. On va apprendre de ce tournoi-là". A 20 mois des Jeux de Paris, il faut espérer que la leçon sera bien retenue.
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